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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 22:55

Sortie : septembre 2011

Label : Hymen Records

Genre : Dubstep viril

Note : 8/10

 

Est-il encore possible que les lecteurs de nos lignes ne sachent pas qui est Hecq ? Baptisé Ben Lukas Boysen par ses glorieux géniteurs, il est probablement l'artiste électronique le plus talentueux et le plus génial depuis la retraite anticipée d'un certain Aphex Twin. Des albums tels que Scatterheart ou Night Falls doivent aujourd'hui encore figurer dans toute discothèque électronique intelligente qui se respecte. Il demeure fidéle à Hymen depuis ses débuts, même si sa proximité avec le dirigeant d'Ad Noiseam l'a logiquement poussé à y sortir ses premiers essais dubstep. On se souvient forcément de Sura, qui attribua couilles et pilosité fournie à un genre qui en manque cruellement. Ce monsieur sait diversifier ses activités, j'ai entendu dire que lui aussi (encore un) était architecte de formation. Sa probable passion pour les édifices l'a logiquement conduit à s'intéresser au sound design. Il a donc bâti les enrobages sonores de pléthore de publicités et de courts métrages. La récente intégration de Sura à la B.O du nouveau Assassin's Creed va probablement le propulser vers d'autres sphères. On entendra bientôt dans certains cercles (qu'il n'est pas nécessaire de désigner ici) des conversations comme celle-ci : "Tu connais Hecq mec ? C'est dubstep et c'est nouveau". On préférera nier d'un hochement de la tête et sourire, à la manière des derniers aigris, solitaires et magnifiques.

 

Il y a quelque part à la pointe du menton un point d'acupuncture que la corporation des gladiateurs du noble art connaît bien. L'uppercut est l'arme la plus adaptée pour approcher cette infime surface et jeter son adversaire au tapis en un instant, lui offrant une sorte de déflagration cérébrale qui lui conférera par la suite béatitude puis inconscience. Voilà ce que propose Hecq avec Avenger. En maître incontestable des cuts, il fait convulser le beat comme un boxeur sonné, ordonnant à l'auditeur de garder une certaine distance de sécurité pour ne pas se heurter à ses basses vicieuses et ondulées. Le combattant revêt son masque et prend des allures de héros, anonyme mais épique. Refusant de se réfugier sur ses seuls muscles saillants et affûtés, il use d'une technique implacable, presque irrespectueuse vis à vis de concurrents pourtant aguerris. Pour être plus concret, Hecq terrasse le dubstep en refusant d'incarner les poncifs. Définitivement épique, on peut même trouver une certaine mystique sur certains titres, semblables aux cérémoniels qui précèdent certains combats en Amérique du Sud. Tourne toi vers ton créateur avant de pourfendre ton ennemi ou de succomber sous ses coups. Voilà ce que semblent dire certaines voix et certains claviers profonds, entendables sur le costaud With Angels ou le plus atmosphérique Reprise. Ce n'est probablement pas des voix d'anges qui apparaissent sur l'interlude scarymooviesque Lynn And Nicolas Call. Même trafiquées, on peut supposer que ce sont celles de Nicolas Chevreux et d'Enduser. Voilà pour ma petite spéculation anecdotique, qui apportera au moins autant à l'oeuvre que les remixes qui ferment l'opus. Si je faisais une petite pause dans mes diatribes anti-remixes, je dirais que ceux de Architect, Trifonic ou Deadfader sortent un peu de l'ornière de la convention. L'érudit (ou l'aigri chiant et puriste) préfèrera les coups de butoirs agrémentés de réacteurs d'avions hurlant et de voix hybrides haranguant l'auditeur vers le ring d'un dancefloor définitivement musclé. Si Pulverized, Shutter et Nihilum, de par leurs vertus anihilantes, ont ma préférence, d'autres auront également du plaisir à retrouver Matta sur une Suture bien cousue.

 

Quand un maître de l'IDM et du sound design fait du dubstep, ça a tout de suite une autre gueule. Voilà qui ne me fera pas changer d'avis à propos de ce genre surestimé et plus que soluble sur la durée. Hecq est un génie et ça, ça ne souffre d'aucune contestation possible. Il est encore temps de se jeter sur toute sa discographie. C'est un investissement dans la pierre de taille. Sinon, quitte à écouter du dubstep, autant que ce soit du Hecq.

PS : Ceux qui souhaiteraient acquérir la version limitée se verront offerts un masque de catcheur. De quoi faire le beau sur le dancefloor...

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2011-09/1315577076_cover.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

MateoSuperKiwi 22/06/2012 16:51

La chair de poule ... à écouter cet album et à lire cette chronique.
Je conseille à tous les lecteurs de se procurer le mix sur ElectronicExplorations.org, les 10 premières minutes sont juste orgasmique.

Paranoiak 16/03/2012 04:16

J'ajoute, pour ceux qui ne connaissaient pas Hecq, l'album "Steeltongued" est vraiment très bon ! http://www.discogs.com/Hecq-Steeltongued/release/1645619

Paranoiak 16/03/2012 04:14

L'un des trop rares albums Dubstep que je suis capable de supporter même si ce style est loin d'être ma tasse de thé ! :)

Owl 09/10/2011 19:24


J'ai découvert Hecq il y a moins d'une semaine. J'écoute la dubstep depuis plusieurs années maintenant et, sans pour autant descendre tous les autres, je considère qu'il sort vraiment du lot,
faisant presque figure de révolution. Ca quitte même l'espace auditif. J'adore.


Chroniques électroniques 10/10/2011 02:37



Alors écoute l'album de Matta qui date de l'année dernière.



Ju 22/09/2011 15:45


A vous lire ce type a l'air d'une sacrée légende. Jamais entendu parler ! Il fait partie de ces types hyper connus, surtout des gens qui le connaissent... Je vais corriger le tir et l'écouter
d'urgence.


Chroniques électroniques 22/09/2011 16:28



Il est connu par les gens qui suivent ce qui mérite de l'être à mon avis. En fait, ça dépend juste du niveau de curiosité et d'exigence que tu as vis à vis de la musique. Mais écouter, c'est
l'adopter, surtout en ce qui concerne les albums passés.