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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 18:39

Sortie : janvier 2011

Label : Harthouse Manheim

Genre : Techno datée

Note : 2,5/10

 

Hans Bouffmyhre est Ecossais. Il paraît que ça arrive à des gens très bien. Il a fait parler de lui tout d'abord en 2006 avec sa soirée Sleaze, où il a réussi à convier des pointures comme Chloé, Four Tet, Len Faki ou  Radio Slave. Surprenant et plein de culot, ce très jeune homme va ensuite se mettre à lâcher quantité industrielle de maxis sur des labels à la crédibilité relative. Comble de l'originalité dans ce genre de musiques, l'Ecossais décide ensuite de créer son propre label : Sleaze Records. Pléthore de ses tracks ont été playlistées par des maîtres comme Richie Hawtin, Troy Pierce ou Chris Liebing. Le gamin en veut et souhaite prouver au gentil monde de la techno qu'il n'est pas seulement "un coup d'un soir". Harthouse Manheim (qui a déjà sorti des pièces intéressantes de Miro Pajic, Joel Mull ou le désormais trop gai Gui Boratto) lui ouvre donc en grand ses portes pour réaliser son premier long format, baptisé Goodbye Anxiety

 

Puissante, lourde, sombre et hermétique, la techno de l'Ecossais ne peut être pleinement qualifiée de minimale. Pourtant, malgré une utilisation intéressante et intelligente des synthétiseurs et une insertion d'éléments parasitaires assommants qui contribuent à rendre l'ensemble un peu plus irradié, sa musique n'évite pas les travers kilométriques de cette dernière. On pourrait d'ailleurs se demander si les producteurs de techno ne souffriraient pas d'un quelconque complexe d'infériorité vis à vis des musiques moins axées sur le dancefloor. Je m'explique. Cet album est cohérent, ça il n'y rien à dire. Mais pourquoi donc réaliser des albums si ce n'est que pour retenir deux ou trois tracks qui auront leurs huit (probablement anonymes) minutes de gloire en club ? Même les DJ les plus chevronnés tombent souvent dans ce piège. Un album de techno réussi doit savoir s'émanciper des schémas prévisibles et surexploités. Alors oui, le puissant Voltage, l'oppressant Dirty Faces, l'ascensionnel Release Me et le subtilement dark As You Were Sir ont plus que le potentiel pour renverser un club exigeant. Les nostalgiques de l'old school aimeront aussi probablement Second Generation. Les autres se demanderont pourquoi un si jeune homme ne s'émancipe pas des gloires passées. Parce que voilà, l'écoute entière de cet album (que ce soit en club ou à la maison) a de quoi rendre hypocondriaque, puis neurasthénique. Tout cela est si plombant et prévisible, même caché derrière des velléités faussement cérébrales et underground. On reconnaît là un petit Ecossais qui devrait laisser sa musique bronzer à l'ombre d'un Villalobos ou d'un Luciano s'il ne veut pas que ses sets rassemblent uniquement des amateurs d'opiacés en pleine descente. Pourtant Dieu sait que je ne suis pas un féru des textures solaires et des ambiances tropicales. 

 

Bien que cohérent dans ce qu'il a probablement voulu faire, Hans Bouffmyhre demeure avant tout un DJ et un maximaker. Qu'il en reste donc là, son avenir est assuré. L'album techno est un exercice difficile où un sillon artistique clair doit émerger. Même si il n'est pas comparable au four de Marco Carola (ici), cet album est à oublier très rapidement.

 

http://www.deeptechhouse.com/images/postimgs/de0703da6156dbb1526f7cfd6883f4f408ffd2aa.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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