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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:40

Sortie : juillet 2010

Label : Ninja Tune

Genre : Rêverie électronique

Note : 8

 

Il est enfin l'heure de prendre la route que Grasscut nous promet depuis maintenant un an. Le duo, qui s'est rencontré en août 2008, a pris le temps de tourner avec une partie de la famille Ninja Tune et même au delà, puis de nous appâter avec trois maxis dont nous chroniquions le premier en juillet 2009. Nous aurions pu nous lasser, mais finalement le long format arrive, et le voyage qu'il propose nous intéresse toujours autant. Andrew Phillips, compositeur pour le cinéma et la télé, et Marcus O'Dair, bassiste et claviériste, ont fixé l'échelle (1 inch / 1/2 Mile) de la carte qu'ils nous proposent d'arpenter. Une ballade dans l'espace, l'ouest de l'Angleterre, et dans le temps, des années 1920 à aujourd'hui.

 

Un vent de fraîcheur expérimentale bat la campagne britannique. Pop électronique bizarroïde (The Door In The Wall), électronica soignée (Old Machines) ou bidouillage surprenant (Passing), Grasscut a décidé de nous plonger dans un univers où les repères n'ont plus d'importance. Le continuum espace-temps est rompu : personnages et sonorités de tout le XXe siècle se donnent rendez-vous dans un pub où le gramophone déraille, où la guerre a marqué le power trio qui joue à la cave. Ainsi Muppet démarre sur un collage intriguant, puis part en rock survolté avant de finir dans la sérénité d'une église baignée de prières apaisantes.

Les Anglais de Brighton font beaucoup appel aux voix. Certaines chantées donnent une forte tonalité pop à une poignée de titres, d'autres sont plus parlées et font apparaître les fantômes du passé et du présent. Un homme au téléphone, une femme au timbre étouffé raconte le rationnement sur 1946, un poète victorien se croisent alors dans ce grenier où traîne un vieux gramophone, des souvenirs heureux (Meltawater) et de veilles bandes magnétiques qui relie l'hier à l'aujourd'hui. Grasscut fouille dans cet ensemble et le met en son avec les techniques actuelles, construit des chansons avec des mélodies de claviers mélancoliques ou redonne vie à leurs ancêtres en leur recréant un univers imaginaire.

Les deux hommes se complètent à merveille. L'un bricole des atmosphères entraînant l'auditeur d'une époque à une autre et donnant un aspect expérimental qui tranche avec les passages un peu trop pop. L'autre s'occupe de donner une dimension musicale à leur voyage documentaire par quelques lignes mélodiques doucereuses. L'homme du parc de Brighton qu'ils nous donnent à entendre sur The Tin Man est une bonne synthèse de la rencontre de ces deux esprits. Une voix lointaine et des vagues de poussières recouvrent de leur filet les sons plus actuels. Parmi tous ces mystères se glissent de grandes envolées et de calmes confidences formant un ensemble unique et captivant.

 

Nous reprochons parfois à Ninja Tune de se reposer un peu trop sur ses membres historiques aujoud'hui plus toujours à la hauteur (voir l'interview de Matt Black sur les 20 ans de Ninja), le label nous offre un magnifique contre exemple avec cet album de deux nouveaux venus qui viennent réconcilier les sons du passé avec ceux d'aujourd'hui... tiens donc ? Une volonté d'expérimentation à saluer, surtout quand elle est de cette qualité.

 

http://i50.tinypic.com/dmfr0k.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

mmarsupilami 23/06/2010 17:13


Je viens de le découvrir et c'est remarquable. J'aime aussi beaucoup l'utilisation de l'harmonium propre à Robert Wyatt. Je rapproche aussi volontiers Grasscut de King Creosote (pas toujours aussi
pop et plus folk, le King, mais les ambiances sont très proches!).