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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 22:09

Sortie : février 2011

Label : Brownswood

Genre : Rap brumeux

Note : 7

 

Gilles Peterson a plus d'un tour dans son sac. Il est par exemple capable de nous sortir un rappeur au flow proche de Roots Manuva et dont l'univers rappelle celui d'un Gonjasufi, en un peu moins barré quand même. Ce MC rafraîchissant s'appelle Ghostpoet et n'avait sorti qu'un maxi avant ce Peanut Butter Blues & Melancholy Jam qui conduit à des comparaisons plus flatteuses qu'encombrantes.

 

Ce débit, ce ton parfois presque chanté, c'est celui de l'Angleterre urbaine de Roots Manuva. Ce trip débridé avec des productions sous forte perfusion électronique fait penser au voyage astronomique de Gonjasufi. Des influences dont il s'émancipe plutôt qu'elles ne lui pèsent. Ghostpoet n'entre pas vraiment dans ces cases et cela lui va bien. Qu'il plane complètement sur des mélodies confortables (One Twos Run Run Run) ou plus abstraite (Us Against Whatever Ever) ou qu'il soit - rarement - un peu plus conscient (Survive It), le rappeur ne perd pas son fil conducteur imaginaire. Il semble souvent sur une autre planète ou bourré au micro, son texte ne s'en faisant que plus imagé. L'homme est tourmenté, il paraît même parfois fiévreux (Finished I Ain't), et sa langueur pèse sur sa musique, ralentie par son débit nonchalant.

Pourtant, quelques rares sursauts sont possibles comme sur I Just Don't Know où les claviers donnent une impression de rave vue de loin, image par image, dans un épais brouillard qui maintient en apesanteur. Avec Gaaasp persiste ce sentiment d'ivresse - complètement affirmé sur Cash And Carry Me Home - qui distord la perception. Le soin avec lequel sont élaborées les rythmiques permet de porter ces gimmicks utilement répétitifs pour appuyer ce sentiment général de perte de contrôle. La voix ne devient alors qu'un envoûtant guide dans ce flou environnant. Les sons, parfois au bord du dubstep (Garden Path) exceptionnellement rock (Liiines), accompagnent à point le poète sous influence.

 

Pur produit de la musique indépendante anglaise, Ghostpoet apporte une fumée nouvelle qui vous embrume subtilement et vous colle un drôle de sourire malgré le côté sombre du personnage. A consommer sans modération.

 

http://www.cmj.com/wp-content/uploads/2011/02/ghostpoet-300x300.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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Alex 27/06/2011 22:24


Un mélange entre Roots Manuva et Gonjasufi, c'est exactement ce que je me suis dis lorsque j'ai commencé à l'écouter :)
En tous cas très bon album, comme un vent de fraicheur sur le hip hop anglais, parce que ce Ghostpoet a beau avoir un côté destructeur et trash, il dégage également une facette résolument
sentimentale et sensible de sa personnalité. Un paradoxe extrêmement envoutant et charismatique.
Je suis conquis !


Benk2000 15/03/2011 16:29


En écoute en boucle depuis ce matin, vraiment très bon ...
Merci pour la découverte.