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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 19:25

Sortie : avril 2010

Label : Tympanik Audio

 

Cela fait trois fois, en une semaine, que nous consacrons une chronique à un disque sorti chez Tympanik Audio. Après ceux de Geomatic (ici) et de SE (ici), l’illustre écurie américaine signe en effet le quatrième album du Belge Fractional. Celui qui se nomme en réalité Pierre Rémy se dérobe derrière un étrange alter ego féminin, du nom d'Eugénie, et se manifeste au travers d’une IDM empoisonnée, martelée de violents breakbeats et secouée de sursauts industriels. Après Come Mierda sorti en 2008 chez Brume Records, il livre Blood, annoncé par la sanguinolente vidéo du titre éponyme brillant, véritable ode à l’infection dont la pochette de l'album est le parfait condensé.

 

Artwork qui contraste de façon spectaculaire avec le contenu. Fractional se serait-il adoucit ? Blood délaisse relativement l’aspect breakcore coutumier chez les productions de l’artiste – aux regrets d’un confrère que vous identifierez certainement – pour proposer un bain dans une électronica aussi obscure que mélodieuse, telle une immersion en apnée dans une cuve remplie de formol. Autant être claire immédiatement, à mon modeste avis, ce disque est éblouissant. Chaque note semble imbibée d’une dimension tragique, qui donne au chant des synthétiseurs des timbres haletants et suffoqués, aux accents irrémédiables de non retour. Sous le travail minutieux de découpage et de ciselure du beat, se propagent des brouillards de nappes, ondoyant comme des spectres autour des mélodies hallucinées, et vérolés de râles métalliques et industriels. L’enchaînement des quatre premiers titres est d’une puissance à vous faire disjoncter les synapses. Le passage de Water à Blood se fait par l’injection d’une seringue mortellement vénéneuse : le beat mute et se fait entraîner dans une course folle, sous une pluie de breaks acides. Difficile cependant de ne pas chavirer lorsque s’écoulent des gouttes de piano, lors des brèves accalmies. Sie achève de vous faire chanceler, distillant ardente mélancolie et fausse innocence, tandis que Wo se ressaisit et entame une montée vers les astres, porté par des arpèges épiques. Néanmoins Blood n’est pas sans défauts. Certains titres flottants entre dark ambient et électronica cristalline n’apportent rien de consistant à l’ensemble (Niv, Hu Wei, Mel), et la fin du disque s’avère assez faible. On appréciera par ailleurs le très bon Elephant’s Dance, Thear, qui effleure l’ambient dubstep ou le naïf Lows.

 

Malgré de légères irrégularités, Blood se révèle être un album ahurissant, déchiré de flammes malsaines, auxquelles on prend un goût coupable. Fractional agit tel un chimiste malade et jette l’auditeur en pâture à ses propres démons. Prenez seulement garde aux boyaux, ils tâchent.

 

                                   Blood_cover_web_s.jpg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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