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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 13:08

Sortie : 5 mai 2010

Label : Warp

 

Y a-t-il encore quelqu'un qui ne connaisse pas Flying Lotus ? De son vrai nom Steven Ellison, l'Américain est le fer de lance de la scène abstract hip-hop californienne (baptisée beat & bass par certains). Ses magistraux premiers essais, 1983 et Los Angeles, ont hissé ce jeune homme au panthéon des artistes majeurs du début du 21e siècle. Ceux qui doutaient que Warp puisse encore faire émerger des génies peuvent se foutre un compas dans l'oeil. Cosmogramma est donc plus que jamais attendu au tournant, par un éventail d'aficionados plus que large, allant du mélomane jazz, aux headbangers dubstep en passant par les puristes hip-hop de la première heure.

 

Autant le dire tout de suite, Cosmogramma est au hip-hop ce que Ben Hur est au peplum. Précisons que la production est néanmoins minorée de la mégalomanie d'un Robert Hossein sous béta-bloquants.

Ellison a ici repoussé les clivages de la scène qui l'avait couronné roi, et cela même si son style si inimitable demeure intact.

Celui que tous reconnaissent comme un technicien hors pair a choisi de s'entourer de musiciens plus que confirmés. Le résultat est pharaonique, même si cet album ne peut absolument pas être affublé de la mention "& friends" tant chaque collaboration intervient humblement, au service du chef d'orchestre pour qu'il ait les mains libres afin de communiquer sa vision psychédélique du hip-hop de demain. Futuriste, surréaliste, psychédélique... autant de qualificatifs qui sied parfaitement à cet opus. Il doit y en avoir tellement d'autres.

Le bassiste Thundercat (Young Jazz Giants) est présent tout au long du disque, ce qui évidemment renforce encore un peu plus l'ouverture jazz déjà entamée depuis longtemps par le lotus volant.

Celui qui a du sang Coltrane invite également son cousin saxophoniste Ravi, le trompettiste Todd Simon et la harpiste Rebekah Raff pour rendre hommage à ses illustres aïeuls et re-baptire des ponts (depuis trop longtemps effondrés) entre jazz des sources et hip-hop avant-gardiste.

On croise aussi des chanteuses, comme Niki Randa ou l'hypnotisante Laura Darlington.

Ceux qui se souviennent du Rabbit in the Headlights du désormais errant projet Unkle, savent que Thom Yorke ne posent pas son timbre plaintif sur n'importe quelle production. Même si son l'intervention est assez succincte sur ...And The WorldLaughs With You, Ellison a su poser un terrain plus que propice pour que le chanteur de Radiohead se sente dans son jardin.

Pour se faciliter la tâche face à ce projet dantesque, Ellison a choisi de demander à un de ces illustres concurrents de la scène underground de lui concocter des sonorités 8-bit. C'est sur Satellllliiiiiiteee que l'intervention de l'Autrichien génial Dorian Concept se fait le plus sentir.

Même si cet album est quasi-uniquement constitué de formats courts, on ne peut pas parler ici d'interludes tant la production est fourmillante et la dimension expérimentale omniprésente. Du côté des morceaux plus longs, on remarque plus particulièrement le titre Mmmhmm, qui s'élève comme un murmure d'ouverture pop futuriste du meilleur cru. Mais le meilleur intervient sur Do The Astral Plane, véritable invitation house moodymanienne imprégnée d'une dimension soul blaxploitation où la trompette de Simon intervient comme une piqûre de rappel.

 

Flying Lotus réalise ici l'album qui permet de confirmer sa probable influence dans la musique électronique des années à venir. Il fait péter toutes les frontières avec ce projet ambitieux, qui n'a pour seul garde fou que de transmettre un témoignage musical dont les racines naissent bien avant les premiers balbutiement du hip-hop de la côte ouest. Reste à savoir si ce joyeux bordel saura résister au temps. Pas si sûr...

http://www.melophobe.com/images/fifty/flying-lotus-300x300.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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SPQR 06/05/2010 23:11


Un album bien au-dessus de la moyenne, qui ne fait certes pas dans le minimalisme mais promet beaucoup pour ce jeune prodige. Et vive le maximalisme !


Dave 28/04/2010 18:34


Très bonne chronique!
Je n'ai sérieusement commencé à l'écouter qu'aujourd'hui, mais je dois dire que je suis estomaqué, c'est vraiment au-dessus de ce que j'attendais. J'ai toujours été un fanatique des mélanges
hip-hop jazz, mais les Pharcyde, De La Soul ou même ATCQ et J Dilla ont toujours usé de la même recette - schématiquement, ils greffaient des samples jazz-funk sur des beats hip-hop.
Ce que je trouve fantastique avec Flying Lotus, c'est qu'il incorpore vraiment les structures jazz à sa mixture. Pourtant, aussi inexplicable que ça puisse paraître, ça reste du hip-hop. A ce
titre, Fly Lo est sûrement celui qui incarne le mieux l'avenir de cette musique.
Et puis il y a quand même une autre (putain de) satisfaction, c'est cette offrande house démente, "Do the astral plane". J'osais même pas l'espérer!
En tout cas continuez le bon taf! Je sais pas comment vous arrivez à être aussi productifs (z'êtes à plein temps ou quoi?), mais j'aimerais bien arriver à en faire autant!
A+
Dave


Astro 26/04/2010 15:24


Oh Mensch! gieb acht!
Was spricht die tiefe mitternacht?
Ich schlief, ich schlief,
Aus tiefem traum:) bin ich erwacht:
Die welt ist tief.
Und tiefer als der tag gedacht.
Tief ist hier weh,
Lust tiefer noch als herzeleid :
Weh spricht : vergeh!
Doch alle lust will ewigket,
will tiefe, tiefe ewigkeit !

Bonus

http://www.youtube.com/watch?v=2MfHUYPQOms

+

Astro


YyrkoOn 26/04/2010 12:39


Astro, pourquoi tout rapporter a la minimale/techno allemande ?

Ce n'est clairement pas la référence qui me vient a l'esprit a l'écoute de ce disque foisonnant et inventif et je l'imagine mal passer dans en club. J'ais plutot aprecié cet album vautré sur mon
canapé un spliff au bec, comme avec un bon vieux J.Dilla. Du hip hop d'avant-garde sans etre chiant qui ne se contente pas d'empiler des sons "flashy" pour sonner electro.

J'aime beaucoup, mais je garderais plutot dans mon bac des titres de ses derniers maxis plus simples, plus directs, moins instrumentés et peut etre plus orienté "bass music" (en tete de playlist "I
feel like dying" avec Lil'Wayne ou "The Makings" qui ressuscite avec bonheur Curtis Mayfield)

En fait, avec cette galette, flying Lotus a peut etre inventé l'anti-minimale, la ou l'on développe une idée en sept minutes lui en développe dix en moins d'une minute trente ^^


Astro 26/04/2010 05:29


ortsA

+

…tiun ettec sérpa erueh ettec a tiafrap >-- skiIKgAGFyI /4/u/p#ebuTUmuarT/resu/moc.ebutuoy.www//:ptth

! essunuaeB

…étâg sap sius'j rialc tse'C