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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 21:18

Sortie : 1 février 2010

Label : Alrealon 

Genre : Dub, Noise, Industrial, Abstract hip-hop

 

L'artiste se nomme FluiD aka Christophe G. aka The Post-Human Cyborg: subduxtion, et l'album prend le nom de Envisioning Abstraction : The Duality of Fluid. Voilà qui donne le ton. Activiste sonore et guérillero de l'expérimentation, FluiD est un compositeur de Chicago, auteur de plusieurs formats courts et de nébuleuses collaborations. Il sort un premier album rocailleux, encrassé et jubilatoire sur le label suisse Alrealon. Volontairement, la question de l'artwork ne sera pas soulevée.

 

Dub industriel, rock oppressant, hip-hop et noise, l'Américain malaxe le tout, l'étire et le saccage consciencieusement. Des moments d'apaisement aèrent cet ensemble tendu, et permettent aux atmosphères angoissantes de pénétrer proprement l'auditeur. Terrifiantes et criblées d'interférences, les nappes planent telles des nuages insalubres, et la batterie a l'imperturbabilité d'une marche militaire. Si Scorn en est l'influence majeure, vous pouvez également imaginer Ez3kiel et Lucidstatic autour d'un fût houblonné, puis visitant, complètement déchirés, des usines désaffectées. Malgré la variété des inspirations et l'aspect célébration orgiaque de fin du monde, FluiD est loin de se perdre en bordel inutile. De l'alchimie entre les basses visqueuses, la guitare noisy et les triturations industrielles, ressort un flux rythmique collant, régulier et entêtant. On traîne dans des caves poisseuses de rouille, le manque de lumière exagère les ombres, et les vibrations répétées décrochent par secousses la poussière des bas-fonds.

Des voix interviennent parcimonieusement. Le flow oscillant entre rap vengeur et vociférations métal de Black Saturn électrise le déjà brûlant Iron Communique, et un sample de chant arabe hulule sur Disrupting The Ghost. Sublimation In The Zero Hour illustre à la perfection la charge de tension prégnante à tout l'album. Au long de cette montée irrépressible, guidée par un synthé annonciateur, les nappes se tapissent sournoisement. Puis claquent des basses colossales, et on nage en plein dub sombre et sale. Et lorsque sur des bourdonnements psychés, la guitare achève sa course par un fond de noise aigu, la fin a des goûts de post-rock d'apocalypse. On ressort lavé. Notons également Dread Futures, seul vrai morceau dub, et une pépite comme on n'en fait plus, le cataclysmique AIC, et le final Parallel States.

 

Une bonne bouffée d'air vicié que cet album. Derrière le climat dérangé de Duality, la maîtrise technique et la cohérence dont FluiD fait preuve sautent aux yeux. Le dub industriel peut compter sur du sang neuf, vigoureux et névrosé.

 

qdkyt

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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