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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 15:06

Sortie : mars 2012

Label : Raumklang Music

Genre : IDM, Ambient, Clic'n cuts

Note : 8,5/10

 

L'un est Suisse, l'autre Suédois, tous deux sont exilés en Antarctique. Une fois au pôle Sud, ces deux astronomes ont délaissé à l'occasion leurs observatoires pour se mettre à composer ensemble. Il y a presque deux ans de cela, le premier Ep d'Exosphere50thkm (chronique ici) m'avait laissé une vive impression. L'annonce de leur repérage par Dirk Geiger et de leur signature sur Raumklang Music fut donc un plaisir. Le duo n'en est pas moins mystérieux, mais c'est d'un premier et riche album dont ils accouchent aujourd'hui.

 

Where Nobody Goes, référence explicite à leur contrée polaire, est un disque à la finesse arachnéenne et aux contours nébuleux. Infiniment craquelée, leur IDM choisit l'introspection, les cliquetis et les battement de velours qui, d'un souffle dévastent le coeur. Point de fractures rugueuses ni même de brève sauvagerie chez Exosphere, l'heure, même sombre, est à la contemplation et au vagabondage downtempo. L'album reprend les six titres du discret Ep qui le précéda, pour l'enrichir de six nouveaux et de deux remixes. Le duo offre le temps d'une heure, les épures d'une chorégraphie lente entre le froid et ce que la mélancolie a de charnel. Lorsque Exosphere use de lyrisme, c'est avec nuance, en allégeant les trames de tout excédent, n'éclairant que les pulsations et échos. Where Nobody Goes pourrait n'être qu'un énième disque d'électronica éthérée et joliment sinistre, mais il représente plus que ça. Sa persistance pondérée et son enveloppe émotionnelle pourraient l'approcher d'oeuvres parues chez des maisons telles que Halbsicht Records. Mais ce qui détonne particulièrement réside dans la mise en avant des rythmiques et de leur squelette graciles, dans la prévalence du glitch et d'une douceur mécanique. La violence est suggérée mais bien réelle. Si l'introduction de 1st Movement plonge dans des abysses sourds et miroitants, la mise en branle du beat en un roulis implacable s'accompagne de dramatiques présages. Ces voiles grondants assombrissent en une seconde la calme tristesse des cordes.

Chez Exosphere, les nappes ont la texture de souffles concrets. Rares sont les incursions d'ambient si venteuses. Nombres de morceaux par ailleurs, s'avèrent marqués de notes floues, oscillant avec régularité, comme si leur immensité blanche et noire se trouvait embaumée de lueurs tremblotantes (l'étonnant Spacefeel, Tears Of An Unknow World). En exilés connaisseurs du ciel et de sa voûte, le duo nous dresse un panorama vide de rouille et de crassure urbaine. Le vide y règne en despote, solitude et sentiments contenus n'ont d'autres choix que de se voir exacerbés. Where Nobody Goes touche parfois au sublime. Once de critique, on pourra questionner la pertinence de l'apport des remixes, au niveau du tracklisting notamment. La relecture de Mind Reflection par VNDL ferme l'album avec harmonie. Mais bien que d'excellente facture, le T-Y par Access To Arasaka, fidèle à son genre, tranche brutalement avec les songes immaculés qui le précèdent. Il a beau mal se prêter au découpage, cet ensemble de comptines polaires pour âmes (un peu) sensibles trouve ses pics d'éclat dans des pistes telles que Azure - déchirant -, Sublunar, Lonely Tree ainsi que toutes celles sus-citées. Certains n'y verront peut-être qu'une lisse cohérence, la grâce est pourtant toute proche, vivace. 

 

Exosphere comble toutes les attentes que 50thkm avait suscité. A ceux qui conservaient ce dernier en tête, Where Nobody Goes n'est qu'une demi découverte - une intuition me souffle qu'ils sont rares. Mais l'enchantement n'a point terni et l'expérience gagne inconditionnellement en matière. Aux autres, la recommandation est sans appel.  

 

696196987-1

par Manolito

 

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

joyce 30/04/2012 14:08

Shiny kingdom ma préféré ! une atmosphère émouvante. Cet album est un petit bijoux, je suis déjà impatiente d'entendre la suite.

TechNono 16/04/2012 21:51

Par contre je viens de recevoir la version CD et le digipack est de très mauvaise qualité.

Raumklang Music fait peut être le gros de ces ventes par téléchargement mais quand on propose une version matérielle, un minimum serait quand même le bienvenu.

TechNono 01/04/2012 01:40

Rarement l'électronica aura été aussi poignante et mélancolique.

Acm Sirius, Teams Of An Unknown World, Azure, Lonely Tree et Sublunar sont juste parfaites.

Tout à fait d'accord avec toi au sujet des remixes. A noter que l' album est intégralement en écoute gratuite sur le site du label. Bien sur c' est juste question de se faire une idée...

bob 25/03/2012 15:21

Par ailleurs, polymath de Cycler sur le même label est tout aussi bon

bob 25/03/2012 12:58

Un bon album, plein d'émotions. Ca me rappelle pas mal ce que fait aArial. L'album manque peut-être un peu de dynamisme sur les dernières pistes.
Le remix d'AtA est, comme d'habitude, monstrueux. A ce sujet j'aimerai bien savoir ou en est la collab entre AtA, Erode et Dirk Geiger...