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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:49

Sortie : Avril 2012

Label : Already Dead

Genre : Abstract Hip-hop, Breakbeat, Glitch, Ambient, Experimental

Note : 7,5/10

 

Mario Gonzales sort son second album sur le label de Chigaco, Already Dead. Le projet se nomme Ewphoria, une sorte de Noise-hop bordélique, psychédélique et érotique autour duquel tournoie notamment plusieurs artistes dont la création est nourrie par la pornographie. Il suffit de faire un tour sur leur Tumblr pour mieux comprendre leurs sources de création les soirs d'ivresses ou d’érections. L'album sort sur cassette pour les férus de bizarreries musicales mais est également disponible, à droite, à gauche, sur le net.

 

Les premières minutes de l'album sont les plus déroutantes. Les bruits fusent en stéréo accompagnés de rythmiques propres et simplistes. Les premières évasions mélodiques aériennes prennent place. On ressent l'utilisation des samples foutraques, déstructurés et retravaillés. Le morceau d'ouverture se veut peu concluant mais l'intérêt s’amplifie à l'écoute de B a Lie, qui traîne un Breakbeat plus euphorisant. Ewphoria n'hésite pas à marier un hippie et une sataniste pour donner un nouveau-né coincé dans l'éternel dilemme manichéen d'amour et de haine. Il y a des passages contemplatifs, d'autre plus dansants. On se sent noyé dans un festival, passant d'une scène à une autre. Si Alejandro Jodorowsky et Terence Fisher avaient voulu réaliser un film ensemble, ils l'auraient baptisé Ewphoria. La véritable perle de l'album, celle qui chahute et égaye les têtes, est Weed Hoez, qui de part sa mélodie simple mais astucieuse, prend n'importe qui au défi de ne pas sympathiser.

Les morceaux se composent souvent en plusieurs parties et Sexy Digusting se revitalise sur la fin avec une mélodie enfantine et un beat rêche convaincant. Les quelques excursions vers l'électro ou le breakcore sont les moments les plus jouissifs de l'album. La deuxième partie de Queen propose une alternance entre downtempo apaisant et éléctro virulent. Pray élève le BPM, son bazar glitché emmène la mélodie vers l'au-delà. Le voyage se termine sur l'Orient avec Trillwave, sonnant la fin du rituel de défloraison, où tous les spectateurs habillés en punjabis indiens, rentrent chez eux le sourire aux lèvres.

 

Ewphoria est une expérience racoleuse, un souk vendant diverses épices musicales, rafistolant plusieurs genres les uns aux autres, laissant une drôle de saveur en bouche. Il n'y a pas besoin de substances particulières pour apprécier un tel psychédélisme, approchant le délire spirituel d'un dévot confronté à l'érotisme barbare. C'est un peu le mythe du bon sauvage retranscrit par l'audio, l'ingénu face à l'outil éléctronique. La faible durée de l'album fait d'Ewphoria une œuvre dont on peut largement se dispenser, mais il est vivement recommandé d'aller jeter un coup d’œil aux productions cocasses de l'artiste.  

 

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par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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