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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 10:37

Date : 1er au 4 avril 2010

Lieu : Genève

 

Depuis sept ans, au retour du printemps, Genève accueille son festival des cultures électroniques, le réputé Electron festival. Originaire de Genève, pas question pour moi de louper cette nouvelle édition. Les concerts étant répartis dans différentes salles de la ville, ces quatre jours donnent habituellement lieu à des rues pleines de festivaliers, des allers-retours joyeux entre l’Usine et le Palladium, qui donnent l’impression que le cœur de Genève pulse frénétiquement au rythme des bpm.  Mais cette année plus question d’errer librement : l’enceinte du festival est délimitée par des couloirs de bâches noires. Une mesure certainement nécessaire pour la tranquillité des citadins, mais forcément moins drôle lorsqu’on se retrouve à devoir en faire le tour complet pour se rendre compte qu’il n’y a qu'une entrée.

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Jeudi 1er avril

Tout débute au Kab, au rez-de-chaussée de l’Usine, qui se dédie ce soir largement au dubstep. C’est Subsound qui prend la main, dans une salle encore très clairsemée. Les beats denses et pénétrants de cet habitué des soirées Dubstep Upfront de l’Usine constituent une excellente mise en bouche. On poursuit avec un rapide tour au Palladium, où l’emplumée Solange La Frange se prête à un live d’électro rock criarde et plus qu’insupportable. Bizarrement cette grande salle est toujours le point de repère d’un public plus "hipsters", peut-être rebuté par l’underground crade de l’Usine ou par le son moins évident. Grand bien leur fasse, pour nous c’est retour au Kab, pour l’une des prestations les plus saisissante de la soirée : celle de la jeune ghanéenne Oy. Entourée d’un clavier, d’un sampleur et de quatre poupées vaudou, Oy livra une prestation littéralement habitée. Malgré son sweat à capuche, elle avait tout d’une sorcière cabalistique, et psalmodiait des chants empreints de mystique et d’évocations de l’enfance, sur des beats oscillant entre électronica et hip-hop abstrait. Puis c’est Bulldogs qui prend le relais. Le dubstep live de ces deux Allemands fut l’une des meilleures surprises du festival. Tous deux encagoulés et surexcités, ils se partageaient des platines, un synthé et une batterie (une batterie !! Du dubstep avec une vraie batterie !). Ah cela faisait plaisir à voir, et le rendu en était transformé. Leur son, dark et puissant, était d’un excellent niveau, et la présence de l’instrument électrifiait les beats comme l’auditoire. 

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Un détour fut fait par le Zoo - à l’étage - où l’électro putassière était à l’honneur (The Toxic Avenger, Partyharders)… pour en redescendre illico. En bas King Cannibal balançait du dubstep marqué de sonorités fortement industrielles et de traces dancehall. Plaisant, mais je n’en ai pas assez vu pour émettre un réel avis. Au Palladium c’était au tour de Sebastian, qui fût accueilli par un public hystérique. Son set, et on ne peut s’en étonner, fut d’une médiocrité désolante. Il jetait en pâture des turbines mugissantes ou des vieux Daft Punk à des fans qui pogotaient à qui mieux mieux. Difficile de tenir plus de 10 minutes. Mieux vaut se rentrer.

 

Vendredi 2 avril

Un sentiment un peu amer flotte sur ce début de soirée du vendredi. A cette heure-ci aurait dû se produire Stendeck, suisse d’origine qui œuvre sur Tympanik. Mais à la veille de l’ouverture des festivités, on apprit que tous les concerts du Moloko (un bar de l’Usine) seront annulés, les artistes déprogrammés. Des explications du département de la culture de la ville de Genève devaient être fournies... on les attend toujours. Pas de Stendeck donc, et ni les autres. Mais il y a ce soir de quoi se consoler : au Kab c’est Reverse Engineering qui ouvrent la marche. Les écrans sont multiples et le VJing du Mapping festival impressionnant, avec un matraquage d’images industrielles en noir et blanc. Les trois compères débarquent en combinaison blanche et masque à oxygène, et chauffent la salle d’une introduction vicieuse. Ils joueront beaucoup leur dernier album, le superbe Highly Complex Machinery (choniqué ici), démarrant notamment sur le génial Instant Art, suivi de Romeo Echo. Puis soudain, sur les beats de World In Reverse, une petite chose furieuse déboule sur la scène, la danseuse de ballet Yu Otagaki, qui se cambre, tournoie et virevolte au son des breaks apocalyptiques de RE. La jeune asiatique refit une ou deux apparitions durant le live, dont une où, vêtue d’une simple robe de papier blanc et les cheveux détachés, elle dansa telle une possédée, son corps s’arquant brutalement sous la morsure des beats. La performance de Reverse Engineering fut donc ébouriffante, le genre de spectacle où tous les sens sont stimulés, et les yeux comme les oreilles, n’en reviennent pas.

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 La suite, en revanche, alla en déclinant. RE laisse la main à Hudson Mohawke, qui me surprit d’abord agréablement. Auréolé de fusées et de flashs en tous genres, il était accompagné d’un MC aussi ridicule qu’inutile. Mais son hip-hop électronique épais et frénétique se révéla plutôt efficace. Certaines tracks me laissèrent même assez abasourdie. Son set fut tout de même entaché de notables fautes de goût, et peu résistant sur la longueur. Mais bon, on se dit que ce gars là n’est pas non plus sur Warp pour rien. Le temps d’une transition et Apparat fait son entrée, accompagné de Skate. Très rapidement je sens monter la grosse déception. Ce qu’Apparat nous fait là avec son pote, ça n’est pas du tout du Apparat. Les deux diffusent une techno salement bouncy, qui pourrait s’apparenter à du Mad Decent. C’était très mauvais. A un instant cependant ils récoltèrent ma plus complète adhésion (et un bondissement), lorsqu’ils lâchèrent comme une bombe le monumental Seamonkey de Moderat, qui fit crier la foule, aux anges. Mais passée celle-ci, c’était reparti dans le « do Brasil », soit une invitation à regagner ses pénates.

 

Samedi 3 avril

Après deux jours de beau temps, Genève et l’Electron se retrouvent sous une pluie battante en ce samedi soir - ce qui ne découragea pas votre valeureuse chroniqueuse. Le Kab s’adonnant à de l’électro rock (Flairs, Jamaica), je n’y mettrai prudemment pas les pieds. C’est donc au Palladium qu’une moitié de Chroniques électroniques se réunit pour assister à la première du nouveau live de The Hacker, en vue de son prochain album. Après que These New Puritans - à peine aperçus - ont cédé la place, Michel Amato s’installe aux platines. Sa prestation est puissante, résolument techno, The Hacker ne laisse jamais retomber la sauce. On pourra cependant lui reprocher un aspect assez linéaire, et peut-être un manque d’originalité. Mais il aura malgré tout très bien rempli sa mission, c’est-à-dire nous chauffer à point pour le live tant attendu de Pantha Du Prince.

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Il est donc temps de réintégrer l’Usine et de grimper au Zoo, où les nombreux écrans se marient à la véranda qui sert de plafond. Entouré de magnifiques visuels qui alternent entre des paysages en sépia et d’inquiétants ossements d’animaux, Pantha Du Prince offre un set de très haute volée. Les basses se font largement (trop ?) entendre, tandis que les strates et les délicates modulations se déploient et imprègnent la salle entière. Il y eu plusieurs points d’orgue : lorsqu’il nous gratifia d’un incomparable enchaînement de Bohemian Forest et Saturn Strobe, ou à l’instant de l’irrésistible Satellite Sniper. Les images se brouillent presque, on voit la scène pleine de fumée, des branches d’arbres qui scintillent un peu partout, et l’air saturé de carillons. Classe, très classe, on n’a plus qu’à s’incliner, et à aller se coucher.

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Dimanche 4 avril

Dernier jour du festival, en début de soirée, le site est à moitié vide. Nombreux sont ceux qui en ont déjà assez pris dans les pattes. Alors lorsque je gagne la place des Volontaires, c’est surtout pour voir à quoi ressemble un live de Daedelus. Après un verre au Zoo en patientant sur la house enthousiaste de Born Bjorg, je rejoins le Kab pour l’arrivée du dandy américain de l’électronica. Et en effet l’image vaut le détour. Avec redingote blanche, cravate et rouflaquettes, Daedelus s’escrime sur son sampleur comme un savant fou furieux. Il déstructure ses beats avec une espèce de malin plaisir, et tend aussi bien vers le dubstep que vers une techno azimutée. On retrouve dans son univers des clins d’œil aux sons tapageurs de la côte ouest, les breaks claquent joyeusement, Los Angeles n’est pas loin. Le public, restreint au début, gonfle peu à peu ses rangs, et semble rapidement tout acquis à sa cause. De mon côté, je frémis de ravissement. La fin du set arrive trop vite, et tout le monde parut d’accord, car Daedelus reçut une spectaculaire ovation. J’avais, pour ma part, rarement vu le public genevois aussi expressif.

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Je quitte Genève finalement plutôt comblée, malgré le regret de l’annulation des concerts du Moloko - et le manque de justifications -, L’Electron a bien tenu ses promesses. Dans des festivals comme celui-ci, dédiés exclusivement à l’électronique, le vrai problème est presque de faire des choix, il y a souvent plus de choses à voir que de temps pour le faire. L’ambiance, et le bon esprit aidant, cela suffit à être convaincu d’y retourner l’année prochaine. 

 

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

Emmanuel 13/04/2010 17:36


Il est normal que les avis divergent mais le set de Sebastian, a pris la foule d'un vent de folie (les 7 minutes de motor en intro n'y étant pas pour rien), qui personnellement m'as beaucoup plus.
Ce n'est clairement pas une musique qu'on ne fait qu'écouter. C'est aussi important de se libérer et danser (voir pogoter :)) !
C'était malgré tout difficilement supportable vers la fin...

Vraiment énorme Seamonkey de Apparat. Woow ...

Dommage que je n'aie pas put assister a Daedelus et ses lives transcendant.


Cynosargos 06/04/2010 13:20


L'annulation des concerts du Moloko était prévisible, car cette salle de l'Usine ne satisfait pas aux normes exigées d'une salle de concert (insonorisation). Et on le sait depuis longtemps, mais
les organisateurs n'ont pas fait le nécessaire, pensant sans doute que les autorités n'oseraient pas interdire les concerts...