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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 15:47

Sortie : 24 mai 2010

Label : Dial

 

Depuis les débuts du label Dial, l'Allemand Phillip Sollmann officie dans l'ombre en tant qu'Efdemin. Une ombre relative pour l'oreille de bon goût car, en 2007, sortait son fabuleux disque éponyme et premier long format. De quoi l'élever au rang de figure de proue de la maison, à l'instar de ses amis : les illustres Sten (aka Lawrence) et Pantha du Prince. Même si la récente sortie de Pawel avait quelque chose d'un peu trop ensoleillé pour nos exigeantes esgourdes, Dial est bien une des références absolues en matière de techno d'esthètes, agissant aussi bien sur l'esprit que sur les guiboles. Ceux qui souhaitent s'introduire dans leur univers si particulier n'ont qu'à se jeter littéralement sur la compilation 2010 (ici)  sortie il y a quelques semaines.

 

Revenons à nos moutons, c'est d'Efdemin dont il s'agit. En voilà un qu'on ne peut qualifier de mouton de Panurge tant ce type n'a que faire des courants et des modes. En baptisant cet album Chicago, l'Allemand rappelle que tout comme sa grande soeur Detroit, la ville de l'Illinois est le berceau de la sacro-sainte house music. Et cela bien avant que la première pierre du Berghain ne soit taillée.

Loin d'être un hommage convenu à ses glorieux contemporains, Efdemin redore le blason de la house en lui ré-injectant l'âme de ses débuts. A l'époque où elle se nourrissait aussi bien de la soul que du jazz.

Avec la minutie et le sens du du détail qu'on lui connaît, Sollmann déploie ses mélodies progressives où l'ostentatoire dimension répétitive fait émerger des thèmes toujours inattendus. Dès le sublime Cowbell d'ouverture, on est déjà sûr d'avoir à faire à un grand disque. Clavinets, percussions tribales, flûte, cithare et micro-éléments sont les fibres du canevas que tissent l'Allemand. Sans jamais perdre le fil d'Ariane, sa techno se montre hypnotique et scintillante. Rappelant que la house est aussi une musique hédoniste, il allie mécanisme sensuel aux amples basslines qui ont fait le renom de Dial sur l'irrésistible Shoeshine. Avec l'art du crescendo qui est le sien, Efdemin signe avec Night Train un morceau fleuve calibré pour les dancefloor d'érudits. Là où la texture des trames principales évolue au gré des ondulations et du tempo. Inutile d'attendre de messianique montée frénétique, tout n'est ici que subtilité et transe mentale. Les cliquetis propres à la micro-house s'imbriquent et introduisent une nappe gorgée de soul sur le murmuré Oh my God, où les ambiances bucoliques cachent un génie rythmique déconcertant. Les sublimes There Will Be Singing et Nothing is Everything se digèrent comme un miel onctueux, capables de faire pâlir respectivement des pointures comme Carl Craig et Ricardo Villalobos.

La dimension tribale prend de plus en plus d'ampleur en amont de l'opus, sans jamais que cela ne devienne rébarbatif comme sur la bombe pleine de reflux Round Here, où des régurgitations analogiques font presque penser à des scratchs. Wonderland agit alors comme un voyage vers des sonorités aux courbes amples et au son cristallin, à peine perturbé par un croassement métronomique. Oh, my fucking Godness peuvent se dire les yankees à l'écho d'un album pourtant bien germanique. Un seul morceau laissera sans doute quelques regrets. On attendait forcément bien plus d'un track nommé Le Grand Voyage. Un peu lisse et linéaire.

 

Le deuxième album est toujours un exercice difficile. Pendant que Pantha du Prince fait de vénielles et sublimes infidélités à Dial avec son Black Noise (ici), Efdemin signe avec Chicago un petit bijou. Soulful et jazzy, il confirme l'ascendante influence des rythmiques afro-américaines sur la techno allemande de qualité. On n'attend plus que d'aussi bons efforts venant de Pigon, Carsten Jost ou Isolée pour faire de 2010 un millésime où le cépage dominant se nomme Dial.

http://www.raveline.de/wp-content/uploads/2010/03/Efdemin_Chicago_Cover-400x397.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

johnnyjohn 06/07/2010 13:47


On dirait que c'est moi qui vais jouer le trouble fête.
J'ai donc écouté cet album. Certes, la production est nickel. les sons léchés. Les structures des morceaux carrées. Un travail bien germanique. Mais il m'a laissé totalement de glace et je m'y suis
ennuyé ferme. Je n'ai rien reconnu de la "vibe" chicago (Exubérance, efficacité, gimmick...). ca manque singulièrement de gaieté tout ca, trop réfléchi, pas assez "sur le vif".
Ce sera sans moi.


jp 16/06/2010 15:44


avant que la premiere pierre du berghain ne soit taillée..
à voir la gueule de la centrale électrique, je dirais que cette phrase est assez fausse


Chroniques électroniques 17/06/2010 10:38



C'est une image... fait travailler ta capacité d'abstraction.



Benjamin F 25/05/2010 21:53


Je suis entrain de l'écouter, il est génial...


damien 21/05/2010 02:34


Merci Ed. Je m'y inviterai volontiers et tacherai avec un accent circonflexe sur le a que je ne peux pas taper pour des raisons trop longues à expliquer de ne plus faire de fautes aux noms
d'artistes. (Efdemin/Edfemin - c'est mon obsession depuis toujours les gonzesses).


damien 20/05/2010 13:07


Cher Ed,
Je suis rarement d'accord avec vous et ne partage presque jamais votre enthousiasme quant aux albums qui sont critiqués sur ce (très bon) site, mais là j'avoue que je ne connaissais pas Edfemin, et
que ses deux albums, que j'ai d'abord téléchargés et écoutés, comme à mon habitude, ont été commandés et payés hier soir et sont sur la route de chez moi, tellement ils sont classes. Merci donc.
Petite anecdote: je me trouvais à Hamburg il y a trois ans, dans un kebab, et le patron, un jeune turc, avait mis un putain de morceau dans son restaurant (il y avait des platines à coté de la
viande); je n'avais pas demandé et me suis toujours demandé ce que c'était, bah devinez de qui.


Chroniques électroniques 20/05/2010 23:31



Cher Damien, tu as raison, cet album ainsi que son illustre prédecesseur sont passionnants. Dommage que tu ne t'invites pas dans nos lignes quand tu n'es pas d'accord avec notre enthousiasme pour
nous exposer tes arguments.


A bon entendeur...


Ed Loxapac.