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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 07:20

Sortie : mai / juin 2011

Labels : Error Broadcast / Just Like Music Records-Project: Mooncircle

Genre : Rap instrumental électronique

Note : 6 / 6

 

DZA avait l'année passée bousculé l'ordre établi avec une mixtape sortie chez Error Broadcast qui allait placer les beatmakers russes sur la carte du rap instrumental électronique déglingué cher à la scène californienne. Five-Finger Discount (chroniqué ici) a aussi lancé le moscovite comme tête de file du mouvement. Après avoir participé à de multiples compilations, il revient doublement : sur le label qui l'a vu éclore, Error Broadcast, pour un abondant disque de remixs de Five-Finger Discount et sur conjointement Just Like Music Records et Project: Moocircle pour un nouveau maxi. Son style revient toujours à l'abondance comme art de composer. 

 

Sur Five-Finger remixs ont été conviés un certain nombre de producteurs russes qui se sont fait récemment remarquer (Pixelord, Demokracy), des sympathisants de diverses contrées (AEED pour la Suisse, Montgomery Clunk pour la Roumanie) et bien d'autres contributeurs moins connus mais qui ont su se fondre dans la masse. La série des 19 remixs débute avec l'énergique Dabl Trabl revu par Mujuice qui lui donne une tonalité east coast avec ce sample de voix pitchée pour dérouler ensuite de manière assez groovy. Ce choix d'éviter la surenchère de bleeps et de partir dans des versions plus sobres (le Softgram de Ichiro) ou plus sombres (Eskimo par Montgomery Clunk) permet d'éviter les relectures trop proches de l'original et d'avoir des résultats plus variés. Utile quand le disque compte six remixs du même Softgram, seulement sept des dix-sept extraits de Five-Finger Discount ayant été revisités. Ce côté profond et parfois noir est d'ailleurs largement exploité, donnant une tonalité générale qui tient la route. Le résultat est peut-être moins accrocheur que la mixtape de départ, mais il est tout aussi intéressant par sa cohérence d'ensemble, rare sur ce type de sortie.

L'inspiration des producteurs invités se remarque aussi par le fait que la plupart des morceaux, à l'origine assez courts, ont gloablement été allongés pour développer le propos. La bonne idée étant d'avoir souvent choisi un seul élément pour construire le remix. Parmi ceux qui sortent du lot, Demokracy se fait encore remarquer avec un Eskimo épique tout en puissance contenue tandis que heRobust offre une vision ensoleillée de Softgram. Il faut bien avouer que d'autres extraits passent plus inaperçus, notamment le Shifty de Miracle Libido, mais ils ont dans ce cas le bon goût de ne pas détonner et ne sont jamais vraiment faibles.

 

Encore une fois, c'est l'unité de ce disque de remixs qui ressort et qui donne un aperçu des capacités d'adaptation des producteurs invités dans une voie dans laquelle ils n'étaient pas forcément attendus. C'est un bel hommage qui est ainsi rendu à DZA... Six titres sont téléchargeables gratuitement (ici) et peut-être que la cassette tirée à 100 exemplaires n'est pas encore épuisée !

 

http://error-broadcast.com/img/releases/300_ebctp004_front.jpg

 

Venons en maintenant au nouveau matériau avec ce Supershark EP dont la bête qui l'habite est bourrée d'électronique et le regard de leds clignotantes effraie. DZA n'a de son côté pas perdu de son énergie et les bleeps côtoient toujours de massives nappes synthétiques sur des rythmiques bancales et fouillées. Chaque titre foisonne de sons, explorent diverses directions n'hésitant pas à multiplier les ruptures. Les morceaux défilent donc sans donner de repère, les virages en épingle pouvant intervenir au milieu d'une piste alors qu'il y aura une continuité entre deux titres. C'est donc à un joyeux bordel que le Russe nous convie. Mais ce désordre est intelligemment orchestré, les bruissements numériques continus offrant un fil rouge au maxi. Et pourtant les voies explorées sont multiples avec de l'introspection dépressive sur Easy Go ou au contraire une énergie presque club lumineuse sur Twat. Le producteur a la ressource d'imbriquer des éléments différents et de se créer son propre monde fait de larges influences qu'il unit avec ses machines. Miami Cocktail est assez représentatif de ce dont il est capable, avec ses breaks improbables et une montée à la fois prenante et déstabilisante. Le EP se termine toutefois avec une ébauche mal taillée, I'll Never Shirk The School, et des sons à scratcher...

 

Malgré cette fin en queue de poisson (attention humour), ce super requin atteint sa proie grâce à cinq titres velus et aboutis. De quoi déjà se mettre sous la dent (de la mer) en attendant un autre EP déjà prévu pour juin...

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc080_cover_1200.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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