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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:24

Sortie : avril 2012

Label : Kvitnu

Genre : IDM, Indus, Noise

Note : 8,5/10

 

Il y a à boire et à manger sur le netlabel Section 27. Parmi les éternels disciples de Autechre, un tri est toujours nécessaire. Même si je suis un très grand fan de Altered:Carbon (beaucoup moins de Mitoma), j'ai toujours eu beaucoup de mal à me satisfaire de cette offre certes gratuite, mais finalement trop pléthorique pour suivre attentivement et rester captivé par toutes les sorties proposées. L'ukrainien Alexander Gladun, ou Dunaewsky69, multi-instrumentiste et presque déjà vétéran d'une confidentielle scène grindcore, fait partie de ceux qu'il ne faut absolument pas rater. Véritable bourreau de travail, il voue une passion sans bornes au jazz et à la noise music dans son ensemble. On ne compte plus ses contributions obscures et ses tracks balancées un peu partout. Alors pourquoi en parler seulement maintenant ? Parce que son dernier EP en date, Termination Voice, est présenté par Kvitnu, jeune et sérieux label qui prend une ampleur depuis deux ans qui ne semble connaître aucune limite. Leur mélange d'IDM, de noise et de techno claustrophobique commence à récolter un grand nombre de succès. Avec le duo Plaster (nan mais Platforms quoi...), dont tout le monde parle depuis un an, mais surtout depuis que les portugais de Sturqen ont reçu le Qwartz Electronic Music Award à Paris l'année dernière. C'est donc la première, et sûrement pas la dernière fois qu'on vous parle de Dunaewsky69 et du label Kvitnu. 

 

Trois titres. Pas plus. Pour se situer déjà bien au delà des promesses et du simple potentiel.

L'ukrainien emprunte des trajectoires et des schémas improbables, bien loin de ses premières sources d'influence, ne donnant à ses superpositions rythmiques et à son approche claustro de la mélodie aucune véritable logique, si ce n'est la sienne. Même si le travail autour de la rythmique (plus particulièrement ses convulsions) est ce qui heurte et impressionne en premier, la toile de fond, est aussi vertigineuse qu'elle est insondable.

L'ukrainien pourrait nous dire qu'il a enfermé le beat pendant des années dans une boite noire qu'on voudrait bien le croire, tant les réactions de ce dernier semblent sauvages et imprévisibles. Comme sur l'ouverture Termination Voice, où au milieu des boucles de batteries naturelles et de l'amoncellement des textures industrielles surgit une infime masse, habitée par la colère de l'émancipation et par l'infection caractérisée, prête à tout parasiter pour annuler la notion de code et de réaction en chaîne. Comme quand à 7'30, un probable steel drum (ou un xylo chelou) vient poindre le nez pour se foutre de nos gueules armé d'un sourire sournois, face à nous qui ne sommes obsédés que par l'évolution vers la chute logique de ce morceau apocalyptique.

L'aspect massif et le sentiment de progression infectieuse sur Catapult résonnerait presque comme convenue et anecdotique après un tel choc. Ce n'est que bien plus tard, après un nombre important d'écoutes, qu'on comprendra réellement (ou pas d'ailleurs) que les violents blasts et les effusions synthétiques préparaient la véritable fuite de plutonium.

C'est probablement sur Spatium que ce fameux beat se montrera le plus véloce, grouillant et le plus varié dans sa texture. Un peu comme un virus carnassier prêt à fondre sur tout ce qui ose vivre dans un laboratoire souterrain. La bestiole est difficile à rassasier si on en croit les couinements et les cris "harsh" des résidus organiques. Y a des moments comme ça où les lasers sont quand même bienvenus pour déchirer la nuit de cristal. On n'entame pas de révolution à l'arme blanche. C'est définitivement sur ce titre que la maîtrise de l'humain derrière les synthés et les bécanes sera la plus impressionnante. Trois titres comme ça c'est presque frustrant il faut bien l'avouer. Mais voilà qui aura le don de susciter impatience et excitation face à l'envie d'en bouffer plus.

 

Avec ce format court, Dunaewsky69 et le label Kvitnu nous rappelle que leurs sons font partie des trucs à découvrir absolument quand on s'intéresse ne serait-ce qu'un petit peu à l'IDM en 2012. Ils rappellent aussi aux néophytes en la matière (et dans toutes les autres d'ailleurs) que si la musique ne doit définitivement pas être intellectualisée, elle est à prendre au sérieux. Car ceux qui veulent apprivoiser la jungle ne voient que trop peu souvent venir les coups des grands fauves.

 

http://2.bp.blogspot.com/-8HvrD_S_4Aw/T3hlSgutYrI/AAAAAAAABso/cZln5uZF3FI/dunaewsky69-termination-voice.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 31/05/2012 19:32

C'est clair que le bonhomme est particulièrement bon sur EP et chez Kvitnu, cf. Endless en 2010, un must. Comme pour Sturqen, quelques ralentissements en format long pour vraiment casser la baraque
jusqu'ici mais ça devrait finir par le faire.