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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 17:37

Sortie : Mars 2012

Label : Silent Season

Genre : Techno, ambient, field-recording

Note : 8/10

 

Il n’était presque pas utile pour Djorvin Clain de s’expliquer, sur son site, concernant Pattern Of Thought et la philosophie naturaliste qui en découle, tant on comprend, à l’écoute de son album, l’impact de la nature sur ces créations. La clé d’une telle œuvre se situe dans l’observation attentive d’un environnement vierge. Il faut se laisser pénétrer par son milieu, accepter la défaite pour enfin voir.

Djorvin Clain est belge et est issu du sérail techno. Pattern of Thought est son premier album sortant directement sous son nom puisque le mec est aussi derrière le projet drone-ambient Drone Orchestra. Djorvin Clain a enregistré son album en puisant uniquement dans la nature belge. A cette bonne grosse dose de field-recording, il y a ajouté l’enrobage électronique nécessaire pour transformer ces parenthèses botaniques en monstres technos et déambulations ambients.

Le fait de sortir cet album sur Silent Season n’est pas anodin puisque le label canadien est passé spécialiste dans le domaine des sons dits « naturels ». Il faut dire que quand on est basé du côté de la Colombie Britannique (Canada), on ne que rester humble face à une nature omnipotente. Fidèle à son habitude, le label ne sort Pattern of Thought qu’à 300 exemplaires, tout en maintenant un parti-pris écologique dans l’élaboration de l’objet physique.

Pattern of Thought ne se dévoile pas facilement. Un tel album demande une attention totale pour pouvoir être dûment apprécié. Djorvin Clain est un orfèvre, travaillant méticuleusement le moindre son, le moindre craquement, le moindre beat. Cataloguer uniquement son LP du côté de la techno serait injuste puisqu’en effet, les morceaux comprenant un beat répétitif ne sont pas majoritaires. Non, Pattern of Thought doit impérativement s’appréhender dans sa globalité. Les mélodies s’effacent pour mieux laisser parler la nature. Ainsi, l’atmosphérique Enigma doit davantage à son utilisation du field-recording (bourrasque de vent, crépitement d’un feu,…) qu’à son piano lointain. On pense alors à The Caretaker dans la façon de traiter le son pour un rendu fantomatique, laissant ainsi la musique vous filer entre les doigts. La démarche de Djorvin Clain s’avère même jusqu’au-boutiste sur un Deep Storm laissant la musique disparaitre pour faire place à 7 minutes d’orage, sans aucun artifice. Et Djorvin Clain de démontrer par l’exemple que la musique n’est pas qu’une question de notes.

D’ailleurs, aucune mélodie ne viendra vous surprendre ici. Il est plutôt question de ressenti, de tentative de vivre avec la nature. On pense alors au pionnier Alexander Von Humboldt, ce naturaliste-géographe qui voua sa vie aux explorations scientifiques. Bien qu’entièrement enregistré en Belgique, on ne peut s’empêcher de s’imaginer dans une jungle amazonienne infranchissable à l’écoute de la techno dubbée et suffocante The Untitled One ou bien du rampant et spongieux Somewhere.

Avec Pattern of Thought, Djorvin Clain signe un fascinant manuel d’exploration naturaliste. Bien qu’hermétique au premier abord, cet album se révèle être un puissant poison, sorte de curare musicale qui ne peut qu’aboutir à votre asphyxie.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2012-05/1336923280_500front.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

shadowbox 11/06/2012 23:26

finalement pas que uniquement axé sur mère nature, je ressens comme une ambiance de vieux hangar industriel désaffecté (et bien rouillé) par moment, à l'image de la sublime piste Kajimeara.
en tout cas, gros album, j'adore!

Poulain 31/05/2012 11:30

Un album très intéressant tout comme cette chronique !
Tout ces petits son dissimulé en profondeur ; des craquement savoureux sagement utilisé - Plus on écoute, plus on s'intègre, plus on aime..