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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 09:52

Sortie : 27 Août 2012

Label : Soma

Genre : Dub-techno

Note : 7/10

 

Rod Modell, l’homme derrière Deepchord, devrait savoir que la lenteur d’exécution est l’apanage des grands producteurs de dub-techno. Lui qui depuis plus de 10 ans travaille méthodiquement ses créations, a donc décidé de passer la vitesse supérieure. Lui qui avait sorti 3 albums durant les 00’s, signe, avec Sommer, son troisième album en 3 ans. Merde mec, tu fais une belle connerie là ! Déjà l’an dernier avec ton Hash-Bar Loops, tu avais commencé à nous saouler par trop de paresse (chronique ici).

Sommer est pourtant loin d’être un album raté. Fidèle à une approche très teutonne du dub (l’axe Basic Channel), Deepchord poursuit sa quête d’une dub-techno éthérée et blanche. Le principe est toujours le même et répond à un triple agencement systématique : une rythmique techno étouffé et renforcée par des échos, un arrière-plan se composant de douces rafales et un enrobage à base de field-recording. Alors oui, c’est joli comme tout et le rendu sonore est remarquable de précision, mais cela ne suffit pas pour autant.

Ecouter Sommer d’une traite revient à traverser une zone pavillonnaire d’une métropole occidentale quelconque. Au début, on trouve ça joli, mais au bout de 5 minutes on s’emmerde à force de répétitivité aseptisé et de trop plein sécuritaire. Avec Sommer, l’impression d’écouter inlassablement le même morceau se fait malheureusement ressentir. On touche là le fond du problème de la musique de Deepchord : la discrétion. Et c’est là que le paradoxe est entier. En effet, la dub-techno de notre serviteur n’a jamais eu pour but de nous réveiller mais plutôt de nous maintenir sous une certaine léthargie. Et c’est clair que le bougre y arrive, mais l’aspect trop monocorde de Sommer ne peut nous empêcher de trouver l’album chiant.

Dans ce cas, était-il nécessaire de sortir aussi rapidement un nouvel album ? N’aurait-il pas fallu attendre davantage pour réussir à créer un nouvel univers ? Car là aussi, la redondance est de mise. Sommer n’est qu’une pâle copie de Hash-Bar Loops, qui lui-même tentait de retrouver les néons fantasmés de Luimin (sorti sous le nom de Deepchord presents Echospace). On a l’impression que le père Modell a du mal à se renouveler où alors tente-t-il simplement de pousser son concept de manipulation de l’espace à outrance, en jouant sur les textures, les éléments rythmiques et les élucubrations électro-acoustiques. Dans ce cas, il risque bien de perdre ses auditeurs par trop d’opacité.

Cependant, une porte d’entrée acceptable existe. Pour cela, il faut écouter Sommer avec recul, le casque bien calé sur les oreilles et en déambulant négligemment dans la rue. C’est ici, et seulement ici, que la dub-techno de Deepchord arrive à nous stimuler avec douceur. Pris dans un mouvement circulaire infini, vous finissez vous aussi par disparaître de la circulation, prenant l’allure d’un spectre. L’expérience devient alors immersive.

Mais en dehors de cette parenthèse urbaine, il faut se rendre à l’évidence, Deepchord commence sérieusement à nous ennuyer et c’est bien dommage étant donné la qualité sonore indéniable de ses créations.

 

http://extramusicnew.files.wordpress.com/2012/06/deepchord-sommer.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Wallden 06/10/2012 14:59

L'écouter dans la rue, c'est bien mais l'écouter en bossant c'est encore mieux. Planant, reposant, en musique d'ambiance c'est assez efficace. C'est comme si on écoutait le berghain de loin.
L'écoute peut être à la fois inattentive ou alors plus consciente de chaque recoins des différents titres. Tout en se laissant bercer par le kick et la basse.
Je suis d'accord, c'est souvent répétitif,limité, le producteur se mord la queue à certains moments. Mais aborder la techno, non de manière frontale ou directe mais de façon plus contemplative,
comme un écho au loin, c'est assez intéressant.

Maria 29/08/2012 19:19

Rien à voir avec cette chronique, mais j'aime vraiment vraiment beaucoup votre blog et je cherche désespérément un équivalent dans le rock. Ca serait génial si vous pouviez m'en conseiller !

Chroniques électroniques 30/08/2012 09:59



Nous (enfin on espère que cela te conviendra), bientôt. On va clôre d'ici quelques semaines l'aventure Chroniques Electroniques pour lancer un nouveau site, plus ouvert musicalement, mais gardant
toujours le même ton.



Paranoiak 28/08/2012 02:31

Un petit interview sympathique : http://www.nowamuzyka.pl/2012/08/22/synths-are-boring/

shadowbox 27/08/2012 16:00

perte de qualité peut-être (sûrement) parce que le bougre se passe de son acolyte Steven Hitchell. parce que franchement les DeepChord Presents Echospace, c'est vraiment un level au-dessus, Luimin
est absolument transcendant et The Coldest Season planant à souhait. tu ne me donnes pas envie d'écouter cette galette, je sens le truc chiant d'avance, une écoute et on y retourne plus.

Chroniques électroniques 28/08/2012 10:03



Ah mais clairement, le Luimin est d'un haut niveau. Ecoute tout de même ce nouvel album, tu y trouveras peut être davantage ton compte que moi. Je me suis emmerdé mais c'est tout de même loin
d'être mauvais.



Flo 27/08/2012 11:00

Merci pour ces suggestions, mais j'ai déja écouté tout ça, je me demandais justement si tu avais connaissance d'autres labels produisant de la dub techno de qualité comparable

Chroniques électroniques 27/08/2012 11:27



De qualité comparable, je ne vois pas. Tu peux toujours aller voir du côté des sous divisions ou des micro labels créés par la plupart des artistes d'Echocord justement (type BLKRTZ de Deadbeat).
Sinon, on trouve parfois des choses intéressantes chez Modern Love et tu as aussi le dernier Claro Intelecto.