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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 11:24

Sortie : 28 juin 2010

Label : Modern Love

 

Rob Modell est Deepchord. Il régit le label éponyme, basé à Detroit et fréquemment comparé à Basic Channel et Chain Reaction. Steven Hitchell est Soultek, le boss de Souldubsounds. A eux deux ils forment Echospace, et c’est sous la dénomination nébuleuse Deepchord Présents Echospace qu’ils sortent leurs albums de dub techno, envoûtants et insondables. En 2007, The Coldest Season avait défrayé la critique, c’est au tour de Luimin, sorti également sur Modern Love, de caresser nos oreilles.

 

Si leur premier disque, aussi cotonneux que de la poudreuse, décrivait la froide pâleur de l’hiver, Liumin s’inscrit dans une veine bien plus urbaine. Les deux Américains ont placé Tokyo au cœur de leur inspiration, allant jusqu’à ajouter à leurs compositions des field-recordings capturés au sein de l’océan de néons qui pare la pochette. Outre les lointains bruits de rue, le caractère sablonneux et finement filtré des textures apparaît comme particulièrement présent, du fait de l’utilisation exclusive par Modell et Hitchell de matériel analogique vintage.

Apprécier pleinement Liumin requiert une écoute misanthrope. Marcher dans la rue au gré des remous voilés d’Echospace vous plonge dans un abysse des plus profonds. L’agitation extérieure, se heurtant à un écran mousseux, à une brume impénétrable, vous isole implacablement l’esprit. Mais même si l’on se sent soudain très proche de Bill Murray dans le film Lost In Translation, il faudra se contenter, en guise de Tokyo, d’un Paris bien moite. Toujours est-il que Luimin possède une réelle dimension solaire, l’enfiévré Summer Haze ou le dantesque BCN Dub (sur lequel on reviendra) apportent à la boucle linéaire que déroule le disque de chaudes pulsations estivales. A grand renfort de dub indolent et de minimalisme pur, l'album se présente comme une ode à la monotonie, 5 des 9 titres touchant les 10 minutes. Echospace tisse un fil d’Arianne à partir du roulis délicat des kicks, et l’orne à leur guise et avec beaucoup de progression de vagues venteuses, de pointes de binaire ou de percussions mattes. L’aspect monocorde peut s’avérer rebutant pour des oreilles impatientes, et dans tous les cas de nombreuses écoutes sont nécessaires pour apprécier la subtilité des plages dessinées par Echospace. On retiendra le majestueux Burnt Sage, dont la sublime mélodie, aux saveurs d’ambient, fait atteindre des sommets de deep techno. Le génial BCN Dub, également (de 12 min), a des goûts de fin de rave surréaliste en bord de plage. Avec un pied binaire plus appuyé, il déploie un chant de cuivres. Mais ces lointaines trompettes sont parasitées, cryptées, et rendus troubles, comme par l’hypothétique effet sur l’ouïe d’une drogue hallucinogène.

 

Luimin est un objet poisseux et profondément hypnotique, qui vous engourdit les synapses pour mieux les électrifier. De multiples écoutes dévoilent l’immense potentiel d’un disque qui s’appréciera idéalement lors d’afters comateux. Deepchord Presents Echospace. Enchanté.

 

                               Echospace1.jpg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

johnnyjohn 06/07/2010 10:57


J'ai eu l'occasion de l'écouter. Et effectivement cet album marque l'année 2010 pour les fondus de techno dub.
A noter cependant que je n'ai jamais été un grand fan de Deepchord avant cet album. Je trouvais les précédentes productions pas inspirées ou trop clone de Chain reaction (dont je suis un fondu
complet).
Cet album est une excellente surprise.
Achat obligatoire pour moi.


l'Astre 02/07/2010 01:31


Sinon y'a ca aussi en ce moment...


Robert Hood - Omega



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l'Astre:)