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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 20:55

Sortie : novembre 2011

Label : Sunday Best Recordings

Genre : On se l'demande...

Note : 4,5/10

 

Mais nom d’une cuillérée de Garmonbozilla, que ne sait donc pas faire David Lynch ? Entre deux films, le cinéaste touche un peu à tout : sculpture, peinture, installation, méditation transcendantale… et même à la musique ! Son premier essai, Bluebob, en 2001, accompagné par John Neff, avait retenu l’attention, par son mélange improbable de rock-indus, d’americana et de chanson populaire américaine. Dix ans plus tard, voici que débarque son deuxième disque, Crazy Clown Time, alors que sa production cinématographique semble à l’arrêt depuis ce qui reste pour moi son chef-d'oeuvre, Inland Empire (2006). Et autant dire que cela passe comme un mauvais café américain.

 

Bergson disait qu’un philosophe n’a finalement qu’une seule idée fondamentale qu’il déploie, ausculte, dissèque et trifouille toute sa vie durant. Il en va de même pour Lynch, cinéaste monomaniaque par excellence, qui ne cesse de tourner autour du même complexe fantasmatique, film après film, en en donnant une vision chaque fois décalée, renouvelée, mais profondément identique. « Différence et répétition », comme ils disent. A la sortie de Bluebob, l’étonnant était de considérer qu’y compris dans le domaine musical, le cinéaste tripotait la même matière symbolique, les mêmes ambiances fusionnant le clinquant hollywoodien et les délires névrotiques consubstantiels de la psyché humaine. En écoutant le Bluebob, étrange contraction nominale de Blue Velvet et du Bob de Twin Peaks (représentation schizophrénique, toxicomaniaque et refoulante du père incestueux), on retrouvait avec plaisir l’univers générique de Lynch, sans tenir non plus entre ses deux oreilles un disque inoubliable.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce Crazy Clown Time restera encore moins dans les mémoires. Le disque s’ouvre pourtant bien avec son titre éponyme : on se retrouve directement immergé dans un americana enlevé par le chant de Karen O qui ne va pas, pour l'occasion, sans rappeler celui de Siouxsie et le monde batcave en général. Mais dès le deuxième morceau Good Day Today, c’est une très mauvaise electro qui nous prend à la gorge, accompagnée de chants vocodés particulièrement dégueulasses, le tout sur une trame couplet pourri/refrain de merde, qui donne furieusement envie d’attraper sa télécommande pour zapper le massacre. On repense alors à Badalementi, aux B.O. audacieuses du cinéaste qui parvenaient par exemple à concilier Bowie, Lou Reed, NIN, Rammstein et This Mortal Coil, avec du bel ambiant et du freejazz réfléchi…  et on constate les dégâts. Toutes les névroses, toutes les maniaqueries, toute cette répétition différenciée de détails obsédants mais diffus, tout cela manque malheureusement à l’appel  sur ce disque. L’écouter pour soi n’a aucun intérêt ; l’écouter pour Lynch non plus. Parmi un océan de daubes, seuls les morceaux 10, 11, 12 (et même 13, soyons charitable) peuvent légitimement être sauvés. On y entend une sorte de batcave américaine, dépressive et vaguement industrialisée, un chant de sous-Bowie nasillard et enrhumé, sur des accents à la fois soul et dramatiques, qui rappellent enfin, discrètement, les ambiances cinématographiques de l’œuvre de Lynch.

 

Pourtant herméneute passionné de l’œuvre de Lynch, le Pingouin doit bien avouer son entière animosité à l’égard de ce disque sans (presque) aucun intérêt. Jusqu’ici, je croyais que seule la peinture de Lynch était ridicule, mais en fait non, sa musique l’est également. « Fire walk with me »… nan nan, pas ici !

 

http://cdn.pastemagazine.com/www/articles/david-lynch-crazy-clown-time.jpg?1320412664

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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