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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 09:50

Sortie : 26 mars 2012

Label : Ici d’ailleurs…

Genre : Electronica instrumentale

Note : 7,5/10

 

Il n’a pas fini de nous surprendre le Chapelier Fou ! Alors que l’on pensait le voir tenir sa carrière en se basant uniquement sur l’élaboration de comptines électronica enfantines, le voilà qui déboule avec Invisible, nouvel opus pour le moins déroutant mais ô combien réussi (à souligner qu’il existe 9 versions de la pochette, chaque visuel correspondant à un titre).

On suit de très près la carrière de Louis Warynski depuis ses débuts. On avait chroniqué son premier album, 613 (ici) et on l’avait même interviewé (ici) pour tenter de mieux cerner sa musique. A l’époque, les mélodies naïves étaient le cheval de bataille du Chapelier et le succès critique et commercial est arrivé très vite (et à raison, ce qui est suffisamment rare pour être souligné). De concerts en festivals, il est apparu sur à peu près toutes les scènes d’Europe. Et puis le mec s’est rapproché du torturé Matt Elliott et de l’entité fascinante de The Third Eye Foundation. Notre multi-instrumentiste a trouvé sa place au sein du groupe pour de nombreux concerts ombrageux. Il était donc clair qu’Invisible allait sans doute sonner le glas des escapades enfantines pour se concentrer sur la noirceur adulte.

L’album débute ainsi par un trompe l’œil. Les trois premiers morceaux installent un climat mutin. Mais derrière se cache une mélancolie de plus en plus visible qui s’accapare progressivement tout l’espace sonore. Les 9 minutes de Cyclope & Othello réaffirment la prédominance passée du violon, instrument de référence chez le Chapelier Fou. Mais derrière la simplicité de la mélodie, une guitare vient lentement assombrir l’ossature pour un rendu cinématographique des plus réussi.

Le cœur de l’album bien qu’intéressant demeure cependant moins prenant. On retiendra le dramatique Fritz Lang avec ses couches de violons se superposant et sa rythmique entraînante. Le morceau apparait comme une bande-son déviante de M Le Maudit. Il est, à ce titre, primordial de saluer le véritable sens de composition de Louis Warynski. Chaque titre est un monde clos, un univers ne se dévoilant que sur la longueur et dans son intégralité. Louis apporte un soin tout particulier aux rythmiques et aux textures (superbe travail sur les sonorités rampantes de L’eau qui dort) pour un rendu en tout point remarquable.

Mais alors que l’album déroule avec facilité ses comptines de plus en plus mélancoliques, arrive la dernière partie d’Invisible. Les trois ultimes morceaux font figure de manifeste concernant la potentielle orientation des travaux futurs du Chapelier Fou. La lumière est désormais éteinte. Protest déploie sa fascinante gravité en prenant un malin plaisir à déconstruire le moindre son, P Magister apparaît comme une escapade désabusée à la rythmique affranchie, Moth, Flame vient nous achever avec la violence contenue dans la voix spectrale de Matt Elliott. La messe est dite.

Sincèrement, on n’attendait pas le Chapelier Fou sur ce chemin. Invisible est un album pour les romantiques mélancoliques, ceux qui pensent que l’avenir n’est qu’une mascarade. L’électronica-instrumentale du Chapelier Fou vient de faire un bond en avant dans le monde adulte, il est temps de le suivre.

 

http://www.radiocampusangers.com/wp-content/uploads/2012/03/invisible-chapelier-fou.png

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Funky_Monk 23/04/2012 14:07

Review 100% approved.

L'an dernier, j'ai eu la chance de constater que l'entrée du Chapelier au sein de Third Eye Foundation n'était pas simplement le fait d'un ami de passage, mais qu'il y avait totalement sa
place.

J'ai découvert son album hier, et je suis ravi de cette évolution. Les petits sons électro du début m'ont fait un peu peur, j'ai cru débouler chez Ed Banger, mais dès Cyclope (etc..), ça m'a
rassuré.

Bisous

Funky