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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 00:51

Sortie : avril 2012

Label : Hymen

Genre : Indus, Dubstep, D&B, Breakbeat

Note : 7,5/10

 

Avant d'être pendant presque dix ans une des égéries du label Ad Noiseam, Cdatakill, ou Zak Roberts, fut un activiste reconnu de la scène hardcore. C'est sans doute là qu'il a appris à pulvériser ainsi le beat, à concocter ses mixtures harsh indus bien senties. Presque dix ans après son double Paradise, il rejoint la maison Hymen, crémerie qui accueille déjà régulièrement Ginormous, Nebulo, Hecq, Lusine et Architect, et à qui ont doit déjà cette année l'excellent Pressentism de Frank Riggio (ici). L'artwork est comme souvent signé de la main de Salt. Cet ange exterminateur apparent ne semble pas habité par de bonnes intentions. Boucherie, or not ?

 

A la fin de la première écoute, on regrettera peut-être (encore) que nul ne résiste aux enrobages dubstep pour déployer vélocité, puissance et efficacité. Jonathan Davis (le chanteur abusé de Korn) avait prévenu un certain auditoire, que lui et son pote Skrillex (oui oui, que du beau linge) avaient incarné le dubstep bien avant qu'il ne soit reconnu. Si le père Davis n'en est pas à son premier excès mégalo et infondé, la précédente tirade vaut beaucoup plus cher quand on pense au cas de Cdatakill. Car on retrouvait déjà certains de ces ornements sur ses premiers albums. Voilà pourquoi les fervents donneurs d'étiquettes devraient se réjouir en qualifiant cet album de doomstep.

Je ne ferais pas grande révélation en rappelant que je conchie le dubstep presque autant que le neo metal. Pourtant, quand certains mecs avec un background musical plus large et plus sérieux s'y essaient, ça peut quand même avoir une sacrée gueule (comme Hecq avec son Avenger (ici), déjà sorti chez Hymen l'an dernier). Dans le cas précis, on peut même dire que ça surbute des ombrelles, car enfermer Cdatakill dans cette vilaine case est plus que réducteur. Ses principales forces sur Battleworn ? Faire cohabiter des sphères et des genres dont l'union évoque l'improbable.

Comme sur l'annihilateur et diablement efficace Dirty Up Your Mind, dont la drum'n bass semble avoir appris autant de la double pédale du metal que des sentiers club. Ce sera encore plus audible sur le non moins puissant The World Is Coming To Another End en fin d'album, agrémenté de riffs gras et huileux comme la moustache d'un mécanicien alsacien.

Si il abuse aussi de l'excellence pour ce qui est du mix et de la production, il n'est pas manchot dans sa manière d'intégrer les samples. Commençons tout d'abord par saluer l'apport de la régulière et spectrale apparition de cette voix féminine chaude et voilée, sur Angel Carcass, Battleworn, Scarless et I Swear. Impossible de faire l'impasse sur l'hommage, et re-lecture encore plus menaçante du God Will Cut You Down de Johnny Cash, pièce maîtresse de l'opus avec Dirty Up Your Mind.

Il y a par contre certains moments où on retrouve tous les poncifs exécrables du genre, qui raviront les fans du "plus c'est gros, plus ça passe". Dans certains enchevêtrements rythmiques, et surtout dans l'intérêt plus que discutable des remixes ajoutés. Je ne mentionnerais même pas l'intégration du skank reggae lyophilisé, les accents vaguement dub qui pullulent sur le pourtant très bon I Swear, annonciateur d'un futur massacre en cathédrale luthérienne.

 

Mais malgré les légères remontrances qui jaillissent de ma carcasse d'aigri (hater, et fier avec ça), Battleworn est un album tout à fait réussi, qui ravira les fans de la première heure de Cdatakill et ceux qui aiment qu'on vérole la bass music d'une certaine virilité. Voilà qui devrait quand même réunir un bon paquet de gens.

 

http://www.adnoiseam.net/store/images/cdatakill-battleworn.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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