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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 13:35

Sortie : Avril 2012

Label : Mute

Genre : Transe industrielle

Note : 7,5/10

 

Plus qu’un album expérimental, Transverse est une expérience. Le corps malmené doit trouver sa voix pour espérer tenir sur la longueur. Car on n’appréhende pas un disque de Carter Tutti Void à jeun. Ce serait tout simplement une hérésie. En effet, la triplette n’est pas une simple référence dans la musique indus, c’est tout simplement LA référence, du moins pour les deux premiers.

Chris Carter et Cosey Fanni Tutti sont des monstres sacrés de la musique bruitiste, eux qui sont à l’origine de Throbbing Gristle, en compagnie du plus grand cinglé et génie vivant encore sur terre, Genesis P-Orridge. Je vais éviter de tomber dans la biographie sélective puisqu’il est impossible d’en établir une quelconque cohérence. Disons seulement que depuis 30 ans, du duo Chris and Cosey, en passant par la refondation en Carter Tutti, nos deux anglais ont sorti un nombre astronomique d’albums tout en maintenant en parallèle une multitude de projets personnels. Ces deux-là sont des sommités de la culture underground, si ce n’est de l’art en général. Et Void ? C’est la voix de Factory Floor, groupe post-industriel actuel pas déméritant.

 

Le début des travaux, entamé par V1, est un conditionnement nécessaire. Cette mise en place répond à une organisation anarchique. Ca perce, ça découpe, ça scie. Pour le moment, le beat est lointain, la pulsation cardiaque fréquentable. Cette structure aléatoire répondant à un principe de destruction/construction n’est là que pour ouvrir lentement votre cerveau aux errances noises et déflagrations industrielles à venir.

Dès V2, la machine est lancée, le beat se fait plus lourd. La transe peut alors débuter, pour ne s’achever qu’à la fin de l’album. Ce vortex vous cisaille l’esprit par la force d’onomatopées spectrales de Void, renforçant la sensation de malaise. Carter et Tutti malaxent tout ce qui peut bien tomber entre leurs mains. V3 et V4 deviennent alors de fascinantes expériences hypnotiques. Le beat se mue en un didgeridoo hostile pour une ambiance de plus en plus nocive.

Le fait d’avoir enregistré live ces 4 premiers morceaux rend l’expérience encore plus immersive. Et même si les deux derniers titres sont un poil moins attirant, ils n’en demeurent pas moins réussis. Malgré l’aspect résolument industriel de Transverse, on ne sent jamais agressé. On se contente plutôt de subir ces tâtonnements bien plus contrôlés qu’ils n’y paraissent. La seule contrainte que semble s’être imposée Carter Tutti Void est celle du temps puisque chaque morceau dure 10 minutes. Le résultat est à la hauteur du mythe tant Transverse n’en finit plus de fasciner.

 

Carter Tutti Void signe un album de transe industrielle magnétique et à danser au cœur d’un immeuble à l’abandon, le soleil venant se jouer des ouvertures, façonnant des ombres hostiles.  L’expérience totale se révèle autant transgressive que déridante.

 

http://static.nme.com/images/gallery/2012CarterTuttiVoidTransverse600Gb.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Oui-oui 25/05/2012 14:43

Gros gros album. Ce dimanche les deux amoureux au Trabendo, avec Ital entre autres...