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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 17:28

Sortie : novembre 2010

Label : Warp

Genre : Ambient

Note : 7,5/10

 

Faire un semblant de biographie en ce qui concerne Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno est plus que périlleux. Soyons fous, appelons le Brian, et disons que ce pape de l'ambient a traversé les révolutions technologiques et musicales, influençant aussi bien John Cale que Kraftwerk, en passant par la trilogie berlinoise de Sir David Bowie. En clair, l'empreinte de Brian Eno laisse une trace indélébile aussi bien dans le rock que dans les musiques électroniques. Souvenons nous de Music for Airports. Celui qui sculpte littéralement des bandes originales de films avant même de les avoir vus, s'acoquine cette fois-ci avec Warp et deux jeunes compositeurs dans le vent : Jon Hopkins et Leo Abrahams.

 

Soyons franc sans être méchant. Lorsque l'annonce de la parution d'un album de Brian Eno chez Warp est tombée, j'ai d'abord pouffé. Je me suis dit que ça sentait la compilation de faces B, une petite arnaque bien buzzée en somme. J'ai fait une autre tête en voyant les noms des collaborateurs. Le musicien producteur britannique est-il encore dans le coup ? Est-il capable de faire de la merde ? Surtout en pareille compagnie ? Assurément non. Small Craft On A Milk Sea est un très bel album, qui ne brusquera pas les inconditionnels du lascar certes, mais qui aura le don de témoigner à toute une jeunesse de ces exploits présents et surtout passés. C'est là que c'est très intelligent d'avoir choisi Warp pour sortir ce disque. Tout comme le choix du guitariste Leo Abrahams et de Jon Hopkins (vous savez, ce beau gosse qui fait aimer l'électronica aux gens que ça fait chier d'habitude).

Derrière les lumières et le brouhaha des villes industrielles, les éléments et la nature tiennent toujours leur place. C'est un peu ça que décrit le disque, enfonçant les touches du légendaire piano et en se lançant dans du soundscaping mi-improvisé pour dépeindre les morceaux extérieurs à la cité, et en domptant les guitares et devenant plus noisy pour accrocher la vibration citadine. Les trois premiers titres sont excellents mais n'ont rien de surprenants, faisant presque office de mise à jour pour ceux qui n'auraient pas encore compris à qui ils avaient à faire. Viennent alors les superbes et brumeux Flint March (court et martial), Horse (écorché et indomptable) et 2 Forms Anger (tout bonnement terrifiant). Bone Jump, titre pas mauvais mais dispensable, semble faire le lien entre les époques et les virages technologiques pris par l'auteur. Dust Shuffle est quand même beaucoup plus intéressant. L'album prend alors un tournant plus expérimental, plus aérien et plus atmosphérique. Plus Enoien quoi. Se détacheront les indispensables Paleosonic, Slow Ice Old Moon et Emerald And Stone. Sur cette deuxième partie, le style inimitable au piano de Jon Hopkins est reconnaissable immédiatement.

Toujours dotée d'un potentiel cinématographique exceptionnel, on s'aperçoit que la musique de Brian Eno peut également se montrer parfois "plus percussive", facette trop rarement entr'aperçue. Malgré la complicité qui semble entourer le trio, les deux jeunes gens ne sont là que pour souligner l'immense talent de composition et de production du maître. Car, Small Craft On A Milk Sea est avant tout, un album de Brian Eno pur sucre.

 

Tout sauf une arnaque donc, même si cet album est très long et que certains titres ne s'imposaient pas. Même si dans dix ans, il est peu probable que Small Craft On A Milk Sea fasse partie des travaux majeurs cités par les fans, peu importe, avec la discrétion et le mystère qui ont toujours entouré Sir Brian, il répondra à côté de la question, disant que la révolution numérique a faussé les cartes, que l'offre musicale n'a que beaucoup trop surpassé la demande. La bonne nouvelle est ailleurs. Si Warp a toujours dans son escarcelle certains rois de l'IDM, le légendaire label de Sheffield peut aussi nous surprendre autrement qu'en sortant de l'ornière des groupes pop anémiques et faussement hype, qui n'auront heureusement survécu que le temps d'un été.

 

http://www.medias-inrocks.com/uploads/tx_inrocksttnews/Brian-Eno604.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Dionys 05/12/2010 21:33


Autechre, Aphex twin, intouchables ?? J'ai sans doute commis un sacrilège ! Je les aime assez, surtout les premiers, mais ils se fourvoient quand même régulièrement dans de sales ornières, avec des
dentelles qui pèsent des tonnes...Tu as raison, on n'en viendra pas pour autant aux mains !! Vivent les musiques électroniques !


a 06/12/2010 19:18


On s'est mal compris, en aucun cas je ne dis que ces artistes sont intouchables, bien au contraire d'ailleurs. Pour moi c'est juste pas du tout le même genre de musique. Je suis néanmoins d'accord
avec ta conclusion.


Dionys 30/11/2010 10:11


L'album, à part la pochade de "Bone Jump", est une splendeur qui mérite plusieurs écoutes, et qui sonne chaque fois plus abouti, ce que j'essaye de mettre en évidence dans ma chronique sur mon blog
musical. Brian fait souvent mieux qu'Autechre ou qu'Aphex Twin, qui, aussi brillants soient-ils, ne travaillent pas les textures sonores avec la même incisive finesse. En ce qui concerne les
disques-phares du maestro, voici les miens, sélection radicale réduite à trois, peut-être dans le désordre, je n'ai pas recherché les dates :
- My Life in the Bush of Ghosts (avec David Byrne)
- Before and After science (son meilleur album pop)
- Nerve Net
Toujours à l'écoute des "Musiques Singulières".


Chroniques électroniques 01/12/2010 23:07



Franchement, dommage que tu dises des conneries en comparant Eno, Autechre et Aphex (qui ne jouent définitivement pas dans la même cour) parce que sinon je suis d'accord avec toi. Bisou quand
même.


Ed


 



Mat 21/11/2010 12:41


Merci Trip pour ces conseils.

Pour répondre à "L'astre" ma démarche est celle d'un mec curieux, qui entend dire que Brian Eno est "pape de l'ambiant" alors qu'il ne le connais pas et qui souhaite donc se faire une idée du
Monsieur.

Si son oeuvre se limité à 3/4 albums j'aurais fais l'effort de tous les écoutés.

Mais ce n'est ici pas le cas, et j'ai franchement pas envie (dans un premier temps du moins) de me farcir ses 45 derniers albums.

C'est pour ça que je comprend pas très bien ta réaction et celle des modo à m'envoyer boulé.

Le fait d'être sur ce blog, est je pense déjà une certaine preuve d'ouverture musicale et de curiosité.

Comme je le disais dans mon post précedent, tout le monde n'a pas forcement vôtre culture musicale.

Ce blog, est ici présent pour assurer un certain échange et faire découvrir aux novices (en plus des cd récents) des artistes phares de la musique électronique.

Après si c'est trop en faire que de demander des conseils, j'irais voir ailleurs la prochaine fois.
++


Chroniques électroniques 21/11/2010 13:05



N'hésite pas à demander à nouveau des conseils... et n'attache pas trop d'importances aux commentaires de L'Astre ! Par ailleurs, il n'y a pas de modos...


A plus


Raph



Trip 21/11/2010 09:47


La discographie est peut-être trop longue pour un non initié.
Pour un nouveau venu dans le monde de cet artiste je proposerais de se lancer d'abord dans la trilogie berlinoise de David Bowie produite par Eno (Low, Heroes, Lodger) et ensuite de continuer avec
les disques solos comme Before And After Science, Another Green World, Appollo,My Life In The Bush Of Ghosts, Another Day On Earth.

Sinon, j'aime beaucoup cet album. J'ai mis mes premières impressions chez Amazon. En gros, album divers, pas éloigné de l'univers Warp bien au contraire, explorateur, le retour à l'ambient comme je
l'ai toujours aimé : on ferme les yeux et on voyage. De quoi mettre l'industrie du clip video sur la paille.


l'Astre 20/11/2010 20:21


Si t'es vraiment sincère dans ta démarche, je te conseil de tout écouter dans l'ordre de sortie et, surtout, de n'écouter plus que ça pendant au moins 5 ans (sur les deux dernières années tu
pourras commencer a réintroduire d'autres styles) ; après si ta démarche est celle du gars qui ne veut pas faire d'effort et qui attend qu'on lui amène tout sur un plateau (dédicace a JB) pour
pouvoir faire le beau a la crémaillère de sa copine grande admiratrice de theatre devant l'éternel et de Brecht en particulier virginie, en brandissant fièrement de son fourreau le moment opportun
l'objet du scandale en question, assenant et dodelinant a qui mieux mieux tel un anachorète de la fin des temps vociférant son dégoût du monde, et, surtout, aussi, roulant des yeux comme un
personnage féminin Dostoievskien un puissant : "c'est le meilleur de cet artiste, crois moi", y'a wiki, mais t'es déjà au courant.
Après si tu veux juste savoir, "rien de plus, rien de moins", qu'elles , "comme ça juste pour se faire une idée de l'artiste", sont les releases à retenir de cet homme, "pour savoir", "juste par
curiosité enfantine et parce que je suis quelqu'un de foncièrement gentils, ouvert et tolérant malgré mon coté passif agressif", eh bien, bien que je le pourrais facilement il faut le confesser, je
ne répondrais à ta question ; et cela, note le bien, par pure méchanceté !


+

l'Astre