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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 19:00

Sortie : juillet 2010

Label : Ad Noiseam

 

Le légendaire Bong-Ra est de ceux qui mettent les pieds partout, sans se préoccuper des plates-bandes. Jason Köhnen, originaire de Hollande, opère dans l’électronique depuis 1996. Il touche à la jungle, la drum’n’bass, le métal, la rave, et devient l’un des fers de lance de la scène breakcore. Notre homme multiplie les collaborations, et sort des EPs avec Venetian Snares, Enduser ou Sickboy. Son dernier album, Full Metal Racket paru également chez Ad Noiseam, renouaient avec les guitares et les batteries chères à sa jeunesse de métalleux. Après deux ans de relative absence, il revient avec Monster, un EP qui sonne un nouveau bouleversement dans sa tumultueuse discographie.

 

Là où Bong-Ra surprend, c’est dans l’ambivalence profondément schizophrène qui hante Monster. Le producteur fait coexister des rythmiques hargneuses et violentes avec une instrumentation acoustique proche du modern classical. Les beats suivent des parcours des plus accidentés, chaque nid-de-poule étant susceptible de faire exploser la machine. Ces rythmes vengeurs répondent tantôt du dubtsep (le wobble rugueux de Behemoth), tantôt de la drum’n’bass (Yeti), ou du breakbeat (Kraken). Parallèlement, de très beaux arrangements, tissés par des instruments à cordes et par un piano troublant, se mêlent insidieusement aux tonnerres synthétiques. Inutile de dire que cette union relève de l’enchantement.

Sur Behemoth, lorsque les déflagrations syncopées se calment, c’est pour laisser entrevoir de légères notes inquiétantes, qui laissent présager la secousse à venir. Après une introduction en dents de scie, le magnifique Cyclops déploie comme un voile le souffle tragique des arpèges. Le piano pleure, les violons crient et le beat cogne. Nul n’en sortira indemne. Dans la même veine, Kraken joue sur l’angoisse que peut faire naître la course rapide de notes de pianos, ruse qui rappelle l’aube des premiers films d’horreur. La divine mélodie et le breakbeat haletant en font un titre indescriptible, une pièce bouleversante qui coupe le souffle et sert le cœur. Enfin Yeti clôt l’EP dans un dernier grondement, mais passe plus inaperçu, au regard de l’autorité imposée par les morceaux précédents.

 

Après les brillants EP de Matta (ici) et de Hecq (ici), Ad Noiseam poursuit sa mission de destruction par l’excellence. Monster marque un renouveau singulier chez ce vétéran de Bong-Ra, un ramage qui lui sied à ravir. C’est en piétinant que l’on espère un futur album. 

 

                                   ADN131.jpg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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