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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 01:16

Sortie : avril 2012

Label : PRSPCT RVLT

Genre : Breakcore, Drum'n bass, Hip-Hop

Note : 7/10

 

Bong-Ra, projet le plus populaire et le plus immédiat d'un homme qu'on ne présente plus à ceux qui suivent de près l'actualité des musiques électroniques viriles. Jason Köhnen, tel est son nom. Certains mélomanes avisés lui préfèrent ses interventions (pour ne pas dire son rôle de chef d'orchestre) au sein du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble ou du Mount Fuji Doomjazz Corporation. Ses goûts vont du metal sauvage au dubstep corsé, en passant par la musique improvisée. Il n'en est pas moins une des personnalités les plus charismatiques et atypiques de la scène breakcore et drum'n bass. Monolith sort sur l'obscur label néerlandais PRSPCT RVLT, petit frère du plus assis et plus D&B label PRSPCT (tout court). Le trailer évoquait la participation moins surprenante qu'il n'y paraît du rappeur prodige d'Anticon : Sole. Plongeons dans ce qui sera à court sûr, un recueil qui sent bon la violence et la collision.

 

L'album est d'ailleurs complètement scindé dans ses moitiés. Si la version vinyle soulignera forcément plus distinctement la ligne de démarcation, le contenu est lui aussi sans la moindre équivoque.

Parler de simple participation vis à vis de la présence de Sole est particulièrement inadéquat, puisque le dur à cuire de Portland intervient sur plus de la moitié des titres. On savait depuis bien longtemps qu'aucune prod ne pouvait lui faire peur, mais sa verve hachée, associée à sa technique unique et à son art du placement, trouvent dans les fractures du breakcore de Bong-Ra une nouveau terreau aussi fertile que apocalyptique. C'est sur les titres Monolith et Pandora's Box que la macabre alchimie se fera la plus prégnante. Avant tout parce que Bong-Ra ne s'est pas contenté d'effectuer des instrus pour laisser la place à son complice du jour, mais parce qu'il y a vraiment (même si c'est super bateau dit comme ça) sur ces titres là des parallèles dans leurs univers respectifs et donc à fortiori, une vraie complémentarité. C'est un peu moins vrai sur les deux autres tracks, où chacun peine un peu à se débrider et à trouver sa place pour ne pas piétiner le taf de l'autre. Dommage. Il y avait là des odeurs d'enfants bouillis offerts en sacrifice à un Antéchrist qui fait jaillir des boules de feu de son cul. Joli programme pourtant pas brouillon pour deux ronds, mais qui aurait mérité d'être un poil (long et charnu) plus abouti.

La deuxième moitié de l'album fait la part belle au goût prononcé du Jason pour le metal qui utilise la double pédale et des riffs de guerriers défoncés à la bière discount. Autant dire qu'on lorgne plus du côté de Motorhead que de Neurosis. Qui a dit dommage ? C'est extrêmement grossier et gratuit mais c'est tellement bien fait, surtout sur l'épileptique Dawn Of the Megalomaniacs (avec Dean Rodell) et Artificial Flesh et ses solos de guitar heroes chevelus et boudinés. C'est cette fois-ci le cuir, le Jagermeister et l'huile de vidange qui prennent l'ascendant dans les odeurs. Les loops et les snares illustrent bien les cris épidermiques du supplicier quand on lui malaxe les couilles avec un tisonnier. C'est par contre plus que "too much" (pour mes fragiles esgourdes) sur les deux derniers titres (Fallen Sons et Crawlers) même si c'est probablement voulu. Bong-Ra a toujours bien aimé déranger. L'impression qu'il s'éclate complètement efface aisément ses quelque fautes de goût. Lui qui manie si bien le grand écart entre underground et sous-culture. Voici qui en fera hurler certains mais franchement, le breakcore si c'est pas ludique et dégueu, ça a définitivement pas cette saveur huileuse et âpre qu'on aime adorer ou détester. Les esthètes sont rares dans ces contrées, fort heureusement.

 

Même si certains titres sont tout à fait jubilatoires, l'album est malgré tout réservé à ceux qui aiment le breakcore qui lorgne du côté du heavy et de ses semi-clichés (du genre Full Metal Racket), et aux éternels fans inconditionnels de Bong-Ra. Et ils sont nombreux. Je retourne me branler dans mon caca devant un poster de Venetian Snares, salut.

 

http://f0.bcbits.com/z/42/69/4269155899-1.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Kesson 01/06/2012 05:44

Amis de chez Tsugi bonsoir