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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 18:02

Sortie : mai 2010

Label : Brick

Genre : Rap Old-school, Hip-Hop

Note : 9/10

 

C'est de Hartford dans le Connecticut que déboule le méconnu Blacastan. Après avoir pondu un paquet de mixtapes sur des labels underground, son premier album est enfin sorti en mai dernier chez Brick.

 

Des magazines pointus et certains membres crédibles de la blogosphère s'étaient enflammés pour ce LP dès sa sortie en multipliant les éloges et les superlatifs. Il était donc plus que nécessaire que nous venions aussi y mettre notre truffe. Grand bien nous en a pris...

Nos lecteurs proches de la trentaine se souviennent probablement d'une époque où de jeunes MC qui n'avaient rien à perdre et tout à offrir avaient pris le micro comme un peuple spolié vient prendre les armes. Des privations subies depuis trop longtemps, une fine observation de leur environnement alliée à une spontanéité qui n'avait d'égale que leur immense et inaltérable foi en leur art avaient suffi. Je vous parle d'un temps où le hip-hop était encore un peu trempé dans la sueur, le sang et les larmes. Une époque où des mecs comme Nas, Pete Rock, le Wu-Tang, plus tard imités par Mos DefTalib Kweli, déposèrent leurs couilles sur la table et changèrent à jamais la face du hip-hop.

Blac Sabbath est un de ces albums là. Un de ceux qu'on attendait plus en cette période où le fric et la hype (intimement liés) ont gangrené la scène hip-hop internationale jusqu'à la garde.

La production, majoritairement exécutée par Colombeyond n'a pourtant rien de révolutionnaire. Esoteric, Celph Titled, Mark Fury et Bad Newz sont crédités du côté des featurings. Le producteur Colombeyond vient même parfois arracher le mic pour poser sa voix. Le flow  de Blacastan est quant à lui affûté, haché et rageur, pour mieux se montrer hardcore et conscient. Contrairement aux nababs du genre bien installés dans les charts et trop occupés à péter dans la soie, Blacastan est encore ancré dans un milieu social qui lui permet de s'élever en chroniqueur de la rue. On sent dans ses lyrics le temps passé à errer sur le bitume ou dans les barbershop, à écorcher ses poings dans une cellule trop petite et à pester contre les radios et l'industrie ne s'intéressant qu'aux délires East coast/West coast.

Certains diront que les forces de cet album reflètent mieux ses faiblesses, que la production de Colombeyond est trop linéaire... Blacastan s'éparpille effectivement lors de la première partie du disque d'où se dégagent les magistraux Blac Magic, 3010, le cuivré The Way It's Done et l'inattendu, étrange et bien trop court Returnin' To Nam. La deuxième partie ne souffre d'aucune faute et laisse le goût qu'un uppercut provoque au fond de la glotte. Une véritable déflagration. Tout d'abord avec l'effréné et fougueux Anything Less. Ensuite avec le terrible Crac House et ses scratchs endiablés, ses samples faisant figures d'hommages. On reconnaîtra plus particulièrement une courte saisie du Life Is A Bitch de Nas. Tout un symbole... Mais c'est Life Is A Tape qui donnera toute sa couleur et son ton à l'album, nous replongeant à une époque où les vulgaires K7 traînaient chez tous les crevards du quartier. C'est pas Biggie qui dira le contraire. Sur Life Is Not A Game, outro idéale, Colombeyond vient aider notre nouveau MC préféré à clore ce qui pourrait bien être le meilleur album de rap depuis dix ans et plus. Tout simplement.

 

A ceux qui se demandent si il y a une filiation avec le groupe légendaire de heavy Black Sabbath, la réponse est non mais la présence d'un riff reconnaissable devrait leur faire plaisir. A contre pied des sucreries molles de la bite qui pullulent actuellement, Blacastan éclabousse toute concurrence avec ce LP. En véritable hommage à toutes les petites frappes tombées au combat sur le champ de bataille et l'autel du hip-hop, c'est un peu l'anti Big Boi que nous vous présentons ici. Un prochain album avec des producteurs plus nombreux et différents pourraient bien lui apporter la clé du succès commercial. Mais est-ce vraiment souhaitable ? Le message est passé.

 

http://www.undergroundhiphop.com/store/covers_large/BRK099CD.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

SysTooL 20/11/2010 11:43


A l'image du dernier APOLLO BROWN, un album plus old school qui fait vraiment plaisir, mais qui ne révolutionne rien, en effet!!


YyrkoOn 12/08/2010 05:48


La question n'est pas d'etre "hype" ou pas, le probleme c'est que quand un artiste est trop "mono-référencé", comme sur ce disque, c'est dur de lui trouver une ame, une originalitée ... une
personnalitée quoi !
Si le but est de refaire "Enter the 36 chambers" sur pro-tools avec la pochette encapuchonnée d'un side-project du Wu, des boucles de piano désaccordé made in RZA et même des titres de chanson qui
évoquent son groupe avec Prince Paul (cratediggaz/gravediggaz) alors oui ce disque est peut etre le meilleur depuis 10 ans (même pas en fait...) mais effectivement on va pouvoir dire que c'etait
quand même mieux avant. Au contraire, je pense que le meilleur est a venir car plus on invente des trucs plus un artiste a d'ingredients a piocher pour concocter sa mixture et il y aura toujours
des mecs capable de transfigurer leurs influences pour trouver leur propre voie. Pour moi, Blacastan est encore beaucoup trop dans l'ombre de son illustre modele pour rentrer dans l'histoire. Je ne
comprends d'ailleurs pas trop non plus ton parallele entre ce qui se vend et le patrimoine car l'un ne va pas sans l'autre, c'est cynique, mais c'est comme ca, l'histoire retient ce qui touche le
plus grand nombre. Même "The Velvet Underground & Nico" qui ne c'est pas vendu a sa sorti a fini par s'écouler et sans le plan com' de warhol et la carriere posthume de Lou Reed, il n'aurait
pas eu sa place au musée (ca marche aussi pour Joy Division ou les Stooges). Snoop lui, y a deja sa place, qu'importe qu'il evolue vers de la sucrerie, ma remarque etait purement objective et sans
jugement de valeurs. De toute facon, qu'il nous reserve son gangsta pimp habituel ou qu'il se mue en dandy crooner electro sur "Sexual Eruption" il en vendra autant. Je sais, t'en a rien a foutre
des ventes et de l'industrie, mais ceux qui bossent pour que tu ecoutes de la musique ont besoin de manger et ils ne sont pas tous millionnaire comme Lil'Wayne dont je ne vois pas trop le rapport
avec le crunk (peut etre confonds tu avec Lil'Jon ?). Le Crunk est peut etre effectivement une micro-tendance voué a disparaitre, mais c'est toi qui en parle et de toute facon ca reste du Hip Hop.
Je citais le Punk, le Rock, le Jazz ... je ne pense pas que cela disparaitra l'année prochaine, mais peut etre aurais je dut parler de musique de danse modale sur un rythme ternaire ? La danse
(breakdance) est d'ailleurs l'un des trois piliers fondateur de la culture Hip-Hop avec le graff et le rap, et ce depuis les toutes premieres block-party. L'ignorer serait en galvauder l'essence
car elle a été (et ce même bien avant le rap) un facteur majeur dans l'émancipation des afro-américains. Lache le zinc ca embrouille l'esprit et torpille le foie, Free your mind ... and your ass
will follow !


J'emprunte a l'Astre sa methode "Bonus" pour une petite selection de films qui éclaireront a coup sur mon propos :

- "Wild Style" pour l'essence, on peut remonter aux Last Poets ou a Gil-Scott Heron, mais tous les ingredients n'etaient pas encore present, la on a tout, sauf peut etre ce que tu cherches ...
juste pour dire qu'a la base le hip hop n'a rien d'un truc triste, plaintif, serieux et miserabiliste comme on veux nous le faire croire.

- "Wattstax" pour lutter en dansant plutot que de moisir au bar en regardant les gens bizarrement.(perso j'aime bien danser avec un verre a la main)

- "Pimp" le bouquin d'Iceberg Slim, le film "superfly" ou même toute la filmo Blaxplotation, histoire de comprendre que le pimp "bling bling" et "hype" est une figure majeure de la contestation
noire-americaine car il symbolise une alternative face a un etat oppresseur (un peu comme Al Capone durant la prohibition) et si il est hype c'est qu'il arrive a gratter le fric des blancs
corrompus. Alors c'est sur, vu de notre culture francaise on peut trouver cela outrancié et on s'identifiera plus facilement au poete syndicaliste, mais c'est domage de s'arreter au premier niveau
de lecture.


@+


Chroniques électroniques 12/08/2010 10:51



On a compris que tu connaissais quand même un peu l'histoire du hip-hop. On te l'accorde mais on ne sera quand même pas d'accord. Pas grave. La bise à Sydney...


 


Ed.



Easy Da Khat 30/07/2010 14:32


Je suis d'accord ac vs deux mais comme vs le dites, c'est plat et pas tres original, a part le blaz et les lunettes...
Et Outkast c'etait mieux avant.


YyrkoOn 26/07/2010 01:43


Alors, si moi aussi j'ais adoré ce disque, j'ais vraiment du mal avec ta chronique. Je te le confirme, on peut aimer Big Boi ET Blacastan, et oui un plus gros succes lui serait souhaitable.

Tu sites Nas, le Wu Tang ou Talib Kweli, mais eux aussi n'ont pas hesité a sortir des sucreries, a adoucir leur son ou a caler des refrains R'n'B pour vendre plus, et alors ? En te lisant, j'ais
l'impression qu'un artiste Hip-Hip doit rester dans sa misere pour faire de la bonne musique, mais non, le but est quand même d'en sortir. La frime et la hype ont toujours fait parti du jeu (pour
ne pas dire Game)et c'est pas une nouveautée. Moi aussi je suis trentenaire, et mes premiers emois hip-hop, je les dois surtout a Snoop et son "Doggystyle" qui sont finalement la suite de NWA ou
officiait deja Dr DRE et qui etait aussi hardcore que "What's my name" etait funky. Il n'y a pas une forme de rap pur et defendable et une corrompu et puante. Ca fait 15 ans que l'underground
stagne et ressasse les même nevrose et ces dernieres années musicalement parlant le mainstream a été infiniment plus creatif et passionnant. Ce disque est un bon disque a l'ancienne mais alors dire
que c'est le meilleur depuis dix ans, c'est zapper tout ce qui a été fait entre temps, car il manque quand même cruellement d'originalité (même si la qualitée est la). C'est tres bien mais il est
tres tres loin du talent d'un Lil'Wayne qui arrive entre un "lollipop" autotuné et un "A Milli" completement possédé a synthetiser tout le paradoxe que je tentais maladroitement d'exprimer plus
haut, et avec un flow a mille lieux de toute la concurence. En plus, si avoir une vie hardcore doit etre un gage de crédibilité comme tu le laisses entendre (se que je ne pense pas), je crois qu'il
se pose la aussi ...

Quand tu nous parle de east coast/west coast tu me ramenes a mon adolescence, mais cela fait bien longtemp que comme moi le Hip Hop a grandit, d'ailleurs les nouveau barons ne viennent pas de la
cote, mais du sud (un peu comme Big Boi et Lil'Wayne d'ailleurs) et si il reste un underground se n'est pas dans la nostalgie du rap New-Yorkais des 90's qu'il faut le chercher mais chez tout les
franc tireurs qui essaient d'avoir leur propre personnalité (de APC a busdriver si il faut en citer). Le Hip-Hop conscient ou indépandant ou même underground, appelé ca comme vous voulez, se
retrouve dans une impasse et souffre pour moi aujourd'hui du même probleme que le punk ou la techno hardcore, a savoir comment perpétuer un mouvement qui se voulais anticonformiste en reprenant les
recettes et les codes de l'époque ? Forcement la copie sera toujours moins fraiche et n'aura jamais l'impact de l'originale et au final la demarche se retrouve a l'opposé du message de base car on
passe de la spontannéitée d'un cri primal a un truc calculé pour sonner comme ses references (donc finalement plus mainstream qu'un Snoop qui lui essaie encore d'avancer et de se réinventer).
Voulons nous vraiment figer les choses et les mettre dans un musée comme nos ainés tentent de le faire avec le jazz ou le rock (ils sont d'ailleurs malheureusement pas loin d'y etre parvenu) ?


Chroniques électroniques 26/07/2010 02:19



J'ai toujours préféré les musées aux supermarchés. Je considère que Lil'Wayne et le crunk sont les pires inventions de la décennie. Je pense aussi que beaucoup de gens se cachent derrière une
facile théorie de l'évolution musicale parce qu'ils savent que le meilleur est derrière eux. C'est surtout une bonne manière de vouloir tuer le père alors qu'il est déjà dans le trou. L'héritage
et le patrimoine demeure. Je préfère ceux que retiendra l'histoire plutôt que ceux qui affolent les tendances et les charts. Que ceux qui veulent galvauder l'essence se mettent à danser. Je
regarderais ça de loin au bar, avec le sourire narquois et péremptoire qui me caractérise. Je me fous royalement qu'un genre stagne ou s'enlise dans sa misère. Je ne travaille pas pour
l'industrie. Snoop avance et se ré-invente ? Fais gaffe mon vieux, les sucreries ça donne des caries. Après t'as le droit de penser ce que tu veux, tout comme moi. Y a pas mal de "genres"
musicaux qui se perdent dans l'évolution. C'est pour ça que j'en parle si peu souvent. La bise.


Ed Loxapac.