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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 15:09

Sortie : novembre 2011

Label : Bedroom Community

Genre : Ambient, neo-classical

Note : 7/10

 

Malgré une discrétion certaine, l'australien Ben Frost a frappé deux grands coups, avec ses LP Theory of Machines et By the Throat sur le label Bedroom Community. Mais qui ne connait que le versant obscur, expérimental et oppressant de sa musique pourra bien être surpris de mettre ici la main sur un disque d'ambient, conçu comme une BO de Solaris, le film de science-fiction de Tarkovski sorti en 1972. Ben Frost n'en est pas en réalité à son coup d'essai, puisqu'on peut entendre son travail d'accompagnement dans le récent film Sleeping Beauty (relecture de la célèbre nouvelle de Kawabata), ainsi que des productions ambient sur son premier album oublié Steel Wound. C'est ici accompagné de l'islandais Daniel Bjarnason, déjà auteur du très beau Processions, que Ben Frost replonge aujourd'hui dans l'ambient avec ce nouveau Solaris, toujours sur Bedroom.

 

Tout commence donc sur une ligne de violon tendue et mélancolique, enveloppée de nappes synthétiques au diapason. Frost et Bjarnason se sont d’ailleurs octroyés les services de l’orchestre symphonique de Cracovie afin d’obtenir le meilleur rendu sonore et instrumental possible, et d’éviter l’écueil de l’orchestration seulement synthétique. Tour à tour apaisante, chaleureuse, lumineuse, sépulcrale, atmosphérique, voire silencieuse, tous les compartiments de l’ambient sont représentés sur ce disque. Un piano préparé apporte une touche de mélodie glacée et erratique aux nappes qui se font de plus en plus bouleversantes au fur et à mesure de la progression musicale, parfois proche de la démarche d’un Erik Satie sur Simulacra II par exemple.

A de rares instants, la musique de Solaris se durcit, devenant menaçante, dissonante, étouffante, comme sur le très beau Reyjia. Des tambours lents et sourds rythment avec profondeur certaines compos (Cruel Miracles), tandis que les violons se lancent à l’occasion dans de magnifiques cavalcades qui ne vont pas sans rappeler l’emploi minimaliste des violons par Steve Reich par exemple (notamment sur Unbreakable Silence). Le disque s’achève sur une atmosphère contemplative, laissant l’auditeur là, sur une froide tristesse, un sentiment de fin du monde, une apocalypse silencieuse.

 

Ben Frost et Daniel Bjarnason nous offrent là une très belle pièce d’ambient, dont chacun jugera s’il convient ou non à l’illustration rétrospective de Solaris (le film). Il se dégage de ce disque une ambiance effectivement cinématographique, narrative quoique musicale, qui va droit au cœur sans pourtant innover en rien du point de vue de leur style musical. Sans prise de risque mais sans faux pas, ce Solaris convaincra sans mal les amateurs de douceurs fragiles.

 

http://s.dsimg.com/image/R-3209044-1320696181.jpeg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 13/11/2011 08:11


Oui pour le Soderbergh c'était prévisible par contre (au passage celle de The Limey - L'Anglais en VF est toujours aussi sublime...).


Benk2000 12/11/2011 15:28


Il vient aussi de signer la BO de Contagion de soderberg.


Chroniques électroniques 12/11/2011 18:14



Et elle est pas mal d'ailleurs (le film étant passable par contre), certains passages faisant fortement penser à du Aes Dana.



Rabbit 11/11/2011 23:05


Excellente idée. Et comme j'étais à deux doigts d'aller voir Drive sans savoir que c'était Martinez à la BO, je sens que demain ce sera ciné.


Rabbit 11/11/2011 00:05


En même temps Martinez c'est quand-même un demi-dieu, d'ailleurs je suis toujours surpris de le voir à ce point méconnu des amateurs d'ambient, c'est un compositeur de BO certes mais la musique de
ce type est pour moi le croisement idéal entre celles de Murcof et de Brian Eno... enfin pas le Brian Eno du dernier album sorti chez Warp, ni le Murcof du décevant La Sangre Iluminada, évidemment.


Chroniques électroniques 11/11/2011 10:35



Je plussoie. Je trouve le boulot de Martinez toujours captivant. D'ailleurs, j'étais à deux doigts de chroniquer la BO de Drive.


 


B2B.



Benk2000 10/11/2011 16:41


Bon je vais peut être me faire pourrir mais je me lance...
Après écoute de l'album entier , et bien je préfère 100 fois la BO de Cliff Martinez pour le remake de Soderberg.
Bon les gouts et les couleurs hein, on sait ce que c'est .. mais j'ai pas réussi du tout a décoller ... Alors que la BO de Martinez m'avais embarqué instantanément loin de notre bonne vieille
planète ...
Et puis il faut bien le dire, c'est quand même particulièrement mou du genou ( le premier qui me dit normal c'est de l'ambiant sera maudit jusqu’à demain matin ...)
Agréable oui ... mais 7/10 franchement c'est un peu sur-noté quand même ...