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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:16

Sortie : septembre 2011

Label : Kaometry Records

Genre : Breakcore orchestral

Note : 8/10

 

Peter Van Drunen, Néerlandais, prend le blaze d'Autonon lorsqu'il compose des sons qu'il décrit comme résidant « quelque part entre l'indietronic, l'IDM et le breakcore ». L'homme a sorti un album et un Ep en 2009, sur le label anglais Bitcrusher. A la rentrée, c'est Kaometry Records qui lui a fait une place avec cet Ep de six titres, Song From Room 1. On avait eu l'occasion d'évoquer ce label géré par deux Français, à l'occasion du Little Ratle Stilt de PierrotheMoon (chroniqué ici). Autonon va dans le sens des expectatives.

 

Même si on frôle l'oxymore, il faut l'admettre, Song From Room 1 s'apparente bel et bien à du breakcore orchestral. Moins ludique et régressif qu'Igorrr mais bourré de ses influences, ce mini-album fait cohabiter des assemblages instrumentaux et une sève breakcore flirtant parfois avec l'ultra-violence. Les ambiances sont travaillées comme celles d'un film d'angoisse. L'intrigue noueuse se joue il y 50 ans dans les couloirs macabres d'un hôpital potentiellement psychiatrique. Les trames harmoniques décrivent des pics d'anxiété, amorcent manoeuvres et déliements et semblent globalement dresser les contours de contes glauques et sadiques. Un coup d'oeil à l'artwork suffit se représenter pleinement le manège. L'Ep s'ouvre sur les gongs et les cuivres frissonnants de Room 6. Il ne faut pas longtemps pour que des breakbeats torrentiels viennent saccager de leurs sinusoïdes les volutes dramatiques des cordes. L'ascension, aux sonorités de course poursuite digne d'un Pierre et le Loup tous deux sous psychotropes, se prolonge jusqu'à faire de la soupe de vos neurones. Cisplatin – du nom d'un agent anticancéreux – opte pour un passage à tabac sans fioritures autres que le goute-à-goutte d'un liquide qui s'égrène, tandis que des souffles habités hululent entre les saccades obscures et semées de crevasses de Losing Identity. Autonon parvient à créer un matériau à la fois dark, frénétique et presque cartoonesque, dont les orchestrations finement arrangées sont le fait même de la dimension captivante. L'apogée de Song From Room 1 se produit sur Faith And Suspicion, sorte d'hallucinante comptine dont la mélodie s'enclenche avec douceur. Telle une boîte à musique torpillée, cette petite beauté combine sauvagerie et innocence dans un dosage idéal, disséquant à la machette des vestiges mélancoliques. Deux relectures concluent l'Ep. Le remix de Losing Identity par Stazma fait passer le rythme furieux à une vitesse encore supérieure. Quant à Najmal, sa re-visite de Room 6 offre un résultat foncièrement épuré, proche d'une drum'n'bass ciselé et intense, tout en exacerbant l'attrait mélodique. Joli.

 

A la fois théâtral et morcelé, Song From Room 1 est un sacré bout d'Ep. Bien qu'excellentes, les salaceries d'Autonon ne sont point à mettre entre les oreilles les plus tendres. Entre leurs sorties de dub hybride, d'IDM et de breakcore, Kaometry pourraient bien être s'installer parmi les rejetons d'Ad Noiseam.

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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