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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 01:46

Sortie : février 2011

Label : Africantape

Genre : Pop mutante

Note : 6,5/10

 

Avec son premier et brillant album éponyme, le trio de Brescia Aucan s'était attiré les éloges de ceux qui pensaient naïvement que le math-rock était bien plus qu'un sous genre mort né après l'avènement de Battles. Les comparaisons avec le quartet pas encore séparé du chevelu friendly Tyondai Braxton avaient donc fusé de toutes parts. Si les voix s'étaient montrées aussi absentes que les synthés discrets, le format court DNA allait frustrer ceux qui avaient promis un avenir radieux au trio italien, mais allait leur amener un nouveau public, admirateur de sonorités plus digitales. Dès l'annonce de la sortie de Black Rainbow, les sphères indés se sont exaltées comme de juvéniles pucelles face au fruit défendu. En pourfendeurs de la hype et en chantres du bon goût, il était grand temps que nous nous positionnions.

 

On a tout lu à propos de ce nouvel album. Retour du vilain big beat ? Ersatz dubstep ? Il faut toujours étiqueter quelque part un groupe qui a délaissé les guitares pour l'électronique. Et si du fin fond de son Italie natale, le trio n'avait pas simplement voulu se jouer des paradoxes et faire danser les gens sur une musique finalement assez sombre. Ne cherchons pas à intellectualiser cette musique définitivement aussi spontanée que bien produite. Alors oui, les fautes de goût sont là et bien là. Surtout au niveau des titres chantés, même si braillés est encore un terme plus adapté. Comme sur l'odysée synthétique Sound Pressure Level, où le phrasé rapé criard ne s'imposait absolument pas. Quand on est Italien et qu'on tente de chanter en anglais, une certaine discipline en matière de prononciation et d'accentuation s'impose. Sur le déjà très indigeste Away!, où on croirait entendre Vitalic converti au dubstep, on comprend à peine ce qu'ils scandent. Au rayon de l'indigestion, Underwater Music s'avale comme un boulgour trop sec coupé au patchouli. Donc oui, les récentes interventions d'un membre unique du trio en DJ set, tendent à confirmer l'idée qu'ils ont tenté de faire du dubstep. C'est raté. Comme j'écrivais l'autre jour en commentaire à propos de je ne sais plus quel disque sur je ne sais plus quel webzine : si je pète dans un hautbois et que j'assois Jean Michel Jarre devant un clavecin baroque, ça fera pas du Haendl. Trêve de critiques plus ou moins faciles, Black Rainbow contient bien des petites perles qui justifient ce semblant de retour de hype. Tout d'abord avec ce Blurred d'ouverture, où les infra-basses interviennent en filtre à ce qui pourrait ressembler à une tentative trip-hop 2.0. Et dis comme ça, je sais que ça ne donne pas envie, mais c'est carrément réussi. Vient ensuite le sympathique et débridé Heartless, se révélant comme une réussite pop ascensionnelle (bien que toujours porteuse d'une prononciation anglaise discutable). Red Minoga poursuit les schémas de dubstep taillé dans le laser acidulé mais s'avère bien plus réussie. Tout comme Storm, qui fait parfois penser aux contours explorés par Nosaj Thing ou autres Free The Robots au sein de cette scène liquide et synthétique hip-hop désormais plus qu'émergente à Los Angeles. Citons enfin ce Black Rainbow de clôture, véritable célébration sombre et païenne qui tout comme l'ensemble de l'album invite à la danse même aux heures les plus chaotiques.

 

Coutumiers de la division, les Aucan vont encore susciter la question inquisitrice de l'évolution inattendue de certains groupes. Leur tentative d'ouverture au tout synthétique n'est pas exemptée de certains accrocs, bien au contraire. Le chant n'est peut-être pas à retenir pour l'avenir. Leur potentiel live évident devrait être mieux utilisé, et pourrait ainsi donner un rendu sur album plus puissant et forcément moins anecdotique. Il y a malgré tout ici certains morceaux qui redonnent à cette satané hype un semblant de lettres de noblesse. Voilà, je l'ai dit.

 

http://cdn2.greatsong.net/album/extra/aucan-black-rainbow-110473114.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Laurent - Clap Yo Handz 18/03/2011 15:31


Intéressant d'avoir ton avis, personnellement je ne comprends pas ce disque, il m'échappe totalement...