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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 16:54

Sortie : avril 2012

Label : raster-noton

Genre : Glitch, Experimental, Manipulation sonore moderne

Note : 8,5/10

 

Combien sont ceux qui attendaient une suite digne de ce nom au magnifique Liedgut de 2009, déjà paru chez les esthètes du glitch allemand : raster-noton. Uwe Schmidt est un personnage aussi génial que burlesque. Intéressé presque autant par l'analyse spectrale que par l'acid reggaeton, l'allemand aujourd'hui installé au Chili a quand même baptisé un ce ses disques Music Is Better Than Pussy. Pourtant, Atom™ est tout sauf le nerd boutonneux qu'on voudrait nous faire croire. Il suffit d'avoir écouter Liedgut pour se convertir à la présente conclusion. Winterreise était déjà sorti en toute confidentialité (auto-produit) l'année dernière et dans un format surprenant, avec un cahier de photos plus qu'adaptées. Raster-noton n'a pas voulu laisser passer l'occasion de lui donner la visibilité qu'il mérite. Précisons d'ores et déjà que toute référence à Schubert dans le choix du titre de l'album (et dans la musique en elle-même) est tout sauf fortuite.

 

Non content d'être un virtuose du glitch et un manipulateur hors-pair de la texture sonore brute, Uwe Schmidt confirme un peu plus avec ce Winterreise qu'il est un maître de la synthèse de plus de 30 ans d'expérimentations électroniques germaniques. Et comme il est un mordu absolu de Schubert et Satie, il parvient à donner à sa musique aussi minimaliste que nébuleuse, des apparats classiques et romantiques. Alors n'usons pas d'adjectifs tous trop vains pour décrire Winterreise et Voralpenthema, les deux titres qui introduisent le développement de l'oeuvre en quatre actes (ou thèmes). La diffusion (par deux fois), les valses des neiges et la sinuosité de la fonction gaussienne (dans la musique). Tout un programme, que je vais essayer de ne pas décrire avec un arsenal de termes aussi chiants que techniques, même si ça écourte sévèrement la chronique.

Alors non, les trois premières parties de Streuung ne sont pas là pour refléter une séance de torture chez l'ORL, ayant pour but de déceler le niveau de votre probable traumatisme auditif. Elles plairont forcément plus aux férus d'ingénierie sonore qu'aux fans de pop anglaise, mais le génie technique et musical de l'allemand ne peut souffrir d'aucune contestation. Si raster-noton a toujours surpris par son habileté à donner un grain si particulier aux glitchs qui parsèment presque chacune de leurs réalisations (Pleq est pas mauvais non plus dans son style), ceux de Schmidt sont à dresser au Panthéon pas encore construit du genre. Même si la technologie a évolué, Atom™ peut aujourd'hui faire passer ses idoles de Kraftwerk pour des éternels padawans en la matière.

La fusion des expérimentations et des influences romantico-classiques trouvera son point d'orgue lors de Ein Winterabend in Der Bowman Suite et Voralpenthema II. Que les plus courageux tentent d'y poser un lied dans la rugueuse langue de Goethe. D'autres cadavres exquis ambient mériteraient également d'être cités mais les mots manquent cruellement de sens pour dépeindre l'indescriptible de la démonstration technique ici révélée. Si ses complexes Gauß'sche Landaufnahme valent plus que le détour, la troisième pièce trouvera un écho tout particulier chez les nostalgiques de Kraftwerk et livrera un substrat liant magistral à l'épilogue en valse hivernale.

 

Winterreise se révèle finalement beaucoup plus feutrée qu'austère. Moins immédiate et beaucoup plus technique que Liedgut, l'oeuvre n'en demeure pas moins indispensable pour tout fan assidu des productions de raster-noton. Pour les autres, prions pour que la géniale opacité ambiante les amène enfin à comprendre que ce genre de son s'entend plus qu'il ne s'écoute.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/21xmN259suL._SL500_AA300_.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Greg 05/04/2012 00:15

j'ai d'abord cru que j'allais devoir me faire livrer un disque depuis le perou... puis je me suis marré. Et j'ai compris. Du coup merci pour le renseignement haha. Un peu de patience !

Chroniques électroniques 05/04/2012 00:31



Que nenni, c'est de ma faute, j'ai été induit en erreur par une fausse date de sortie. C'est presque malheureux de recevoir les disques deux mois avant leurs sorties, ça nous fait écrire des
conneries (ironie inside).



Greg 04/04/2012 23:58

une chronique où tu cites Schubert, Satie et Pleq, ça ne peut être que du bon ! Les deux titres en écoute sur the drone valent le détour... par contre le disque n'est pas sur le site de
Raster-Noton, tu sais où on peut le trouver ?

Chroniques électroniques 05/04/2012 00:05



Ahahaah, je viens de m'apercevoir qu'un site de vente par correspondance (grand fleuve d'amérique du sud) annonçait la sortie officielle pour le 16 avril 2012. Ceci expliquerait que rien n'est
visible sur le site de RN. Sinon, je tiens à préciser que la mention de Pleq dans cet article tient plus de l'anecdote que de la comparaison (oui, je trouve que les glitchs de ce mec butent). En
espérant t'avoir renseigné.



F5 04/04/2012 21:14

l'extrait dans le player donne très envie.Experimentale mais très "écoutable" pop tu dis,avec
un côté nostalgique KRAFTWERK(toujours).
Je trouve très surprenant comme je trouve ça chaud, du miel pour les oreilles en plus sortit sur raster noton.
Faut commencer avec quoi liedgut ou winterreise/est ce chère.....

Chroniques électroniques 04/04/2012 21:26



Je pense qu'il vaut mieux commencer avec Liedgut. Mais attention, même si la filiation entre les deux albums est évidente, ils sont très différents. Et attention encore, le titre dans le player
n'est représentatif que d'un ecertaine partie de l'album. Et sur la question est-ce cher, les disques de Raster-Noton sont un poil plus chers que d'autres, mais c'est surtout (comme partout) les
frais de port qui côutent. Y a ptet moyen de trouver Liedgut d'occas, ou sur Amazon (les deux).