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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 16:42

Sortie : mai 2011

Label : Ninja Tune

Genre : Breakbat, Abstract, Electronica, Acousmatique

Note : 5,5/10

 

Est-il encore utile de présenter Amon Tobin ? Il est depuis le milieu des années 1990 un des papes béatifiés de l'electronica. Celui qui se faisait appeler Cujo au tout début de sa carrière a depuis fait du chemin, en devenant ni plus ni moins que le super crack de l'écurie britannique en perpétuel déclin : Ninja Tune. Ces albums Bricolage, Supermodified ou Permutation siègent en bonne place dans la discothèque de tout amateur de musiques hybrides qui se respecte. En effet, non content d'avoir révolutionné l'usage du sampler, le Brésilien exilé en Angleterre a donné au breakbeat des lettres de noblesse inattendues, en y injectant de sévères doses de hip-hop et de jazz supportées par un arsenal technologique impressionnant. Si son chef d'oeuvre absolu Foley Room de 2007 venait clore un cycle qualitativement indiscutable, des langues pas complètement mauvaises se sont logiquement déliées pour réclamer l'émergence d'un nouvel élan artistique venu du cortex de Tobin. Ces réalisations de bandes originales de jeux vidéos m'ont tout autant laissé de marbre que son projet Two Fingers, en compagnie du rappeur Double Click. Inutile de dire donc qu'en ce glorieux mois de mai, je place bien plus que de nourris espoirs en Isam, annoncé comme un album tout aussi abouti qu'ambitieux.

 

Comment rester objectif face à une telle déception infligée par un artiste qu'on adule depuis tant d'années ? Faut-il sombrer dans l'aigritude la plus hermétique et céder à la sempiternelle conclusion "C'était mieux avant" ? Faut-il enfin déclarer la fin de la trop lente agonie de Ninja Tune ? Parce que Seigneur, que cet album est chiant ! Certes, Amon Tobin est un génie incontestable et incontesté. Il n'a pas son pareil pour affiner, sublimer les textures et customiser les sources naturelles sonores. Les seuls titres qui vont d'ailleurs retenir mon attention sont sans doute les plus techniques : Journeyman, Goto 10 et Bedtime Stories, où il est plus question de démonstration que de musique proprement dite. Alors oui, la maîtrise technique et technologique est là. Mais sans visuel associé et dépourvu de toute dimension live, Isam ressemble plus à une crise d'onanisme compulsive finalement assez classique pour un bidouilleur (même génial) de laptop et de platines se rêvant en musicien véritable. Jouer à l'apprenti sorcier comporte des risques, pas vraiment mesurés ici. Injecter à tout cela un semblant de dubstep convenu et pas véritablement assumé ajoute forcément à la déception. Si encore, car il en est plus que capable, il était allé au bout du processus en ponçant le dubstep jusqu'à en pisser sur son cadavre pétrifié, la démarche aurait été noble, salutaire et subversive. Mais non. Définitivement non. Même si le son en lui-même et la production révèle à l'oreille avertie un travail de titan, Amon Tobin a oublié qu'un disque est avant tout un objet d'écoute, aussi conceptuel soit-il. Que l'on ne vienne pas m'accuser de ne pas avoir compris une pseudo-démarche expérimentale. Je suis né en enfer, ce disque est juste chiant et je rentre à ma maison. La sortie officielle de l'album était au départ prévue pour la semaine prochaine mais le leakgae et la mesure de la déception potentielle ont probablement convaincu Ninja Tune d'avancer la sortie digitale.

 

Isam est un album raté, destiné à un public de hipster qui voit de l'art contemporain dans les monochromes de Whiteman. Pour être plus sérieux et moins animé par la colère, il faut reconnaître que ce qui laisse plus que circonspect sur disque pourrait bien décoller les pupilles et les anévrismes en live. Encore faut-il que tout cela ne vire pas à la branlette collégiale au Palais de Tokyo. Bien en vous.

 

http://www.adnsound.com/wp-content/uploads/AmonTobin-Isam.jpg

par Ed Loxapac 

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

richard 12/05/2012 00:17

Avez-vous vu le superbe concert Isam et ce show visuel incroyable ? Je viens de le voir à Rennes, l'ambiance musicale colle totalement à la mise en scène. Une expérience totale. Du coup, je vais
quand même écouter l'album

Antoine 10/05/2012 10:32

Cela fait un an que tu as rédigé cet article et qu'est ce que je me suis marré en lisant tous les commentaires!!

Oui cet album d'Amon Tobin est quasiment inécoutable d'une seule traite tout simplement parce qu'il est inséparable de son visuel!!

Je suis allé voir son concert hier soir au Liberté à Rennes, enfin peut-on encore parler de concert...
Mon scepticisme suite à l'écoute de l'album n'a fait qu'accentuer la surprise!! L'expérience est autant captivante que stupéfiante, Amon Tobin est donc tout excusé pour cet opus!!

A tous les gens qui ont maudit cet album si vous avez 30 euros à dépenser courez voir Isam Live!!

ReturntoForever 03/05/2012 14:55

Mauvaise foi*

ReturntoForever 03/05/2012 14:47

A l'évidence , l'auteur de ces lignes est passé à côté de l'album. Isam ne s'écoute pas avec les mêmes oreilles que pour Foley Room. Sur ce disque , Amon n'a pas cherché l'harmonie , l'équilibre ,
entre les mélodies et les textures sonores. Ici , on ne parle plus de musique. On parle de voyage sonore , d'un véritable trip auditif , où Amon nous guide au travers de ses expérimentations.Cet
album n'est pas destiné à nous faire taper du pied ou a être comblé devant la pureté d'une composition comme " At the end of the day" .Le génie du brésilien n'a jamais été aussi présent, il nous
montre ici le pouvoir du son, sa victoire presque sur la musicalité. Isam n'est pas un album qui s'écoute d'une oreille tout en surfant sur le net ou que sais-je encore . Isam se vît pleinement ,
du début à la fin , et exige de l'auditeur une attention complète , un oubli de soi au profit de la musique. Jamais Tobin ne nous aura offert un album si abouti, si exigeant , si cohérent. J'ai
presque envie de comparer son écoute à un trip sous hallucinogène . Lancez l'album , et cassez vos barrières d'êtres humains "normaux". Vivez le pleinement , dans son intégralité , ou détestez le .
Les comparaisons avec ses précédents travaux sont vaines , je ne parle même pas de ceux qui critiquent le côté " dubstep" de Goto 10 ( il s'intègre parfaitement au disque et apporte réellement
quelque chose à la palette d'ambiances dans laquelle nous plonge Tobin, entre technologique et organique) . Comme un voyage champiesque , Isam est un trip unique . Une expérience. Et le live qui
accompagne l'album en tournée ne fait que magnifier le tout , bien qu'il nous oblige à suivre sa vision de l'album , au détriment de notre propre ressenti .
Je suis navré que l'auteur de cette chronique soit passé à côté de tout cela , et nous inflige une vision erronée de l'album , à grand renfort de propos déplacés ( album raté , public de hipster
qui voit des expérimentations chez Metronomy) qui ne montrent au final qu'un pseudo dédain ridicule à l'égard de l'art " Mainstream" , bien que cela le dépasse largement en terme de compréhension .
Je ne comprends pas = c'est de la merde pour hipster prétentieux. Bonne continuation dans le monde de la masturbation underground , la seule qui dépasse celle de ces mêmes hipster en terme de
prétention et de mauvaise fois.

Paranoiak 16/03/2012 04:05

J'ai pas aimé cet album... Putain de Dubstep ! (IMHO)