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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:07

Sortie : Février 2011

Label : Karlrecords

Genre : Modern Classical, Electronica, IDM, Dub

Note : 8/10

 

Karlrecords est un label allemand, basé sur Hamburg, se cantonnant à une sphère néo-classical et électroacoustique. Bonne pioche, l'espagnol Stefano Ruggeri et son projet afarOne révèlent une maîtrise incroyable du sujet, érigeant un univers profond et dépressif, pour un film imaginaire d'épouvante psychologique.

La richesse sonore de l'album se puise dans la finesse des reverbs électroniques contrastant les timbres acoustiques ressentis, palpables par nos oreilles. C'est un univers tridimensionnel, dont chaque particule de l'espace est captée par les yeux humains. Les mouvements sonores se croisent et se décroisent. Lucen est une noyade, un album d'un souffle tendre qui place l'auditeur dans un abri, à contempler un monde extérieur grisé par le vide.

La lumière s'installe au fur et à mesure de l'album. Le film Wavelenght (1967) de Michael Snow est une illustration similaire de ce zoom progressif sur le rêve. En l’occurrence, chez l'américain l'échappatoire de ce quotidien new-yorkais est la mer et son calme naturel. Chez l'européen, il est question d'un zoom en contre plongée sur cette lumière vacillante, cet espoir lunatique impossible à capter qui plane au dessus ne nos têtes éternellement. C'est une histoire d'amour propre qui n'arrive pas à se stabiliser. Mais la problématique est peut-être ailleurs. Ce cocon, bercé par les mouvements incessants, refuserait-il sa mutation ? Rejeter la violence du monde est-il un acte de lâcheté ? Le musicien se fait psychologue de l'homme qui dort et le console par les arguments musicaux. Le quotidien est une prison à ciel ouvert où l'on est bien nourri. L'amour n'est pas suffisant, la liberté est la seconde partie manquante du diptyque.

Pour continuer dans les comparaisons, Remembranza (2005) de Murcof se calque sur le même modèle et, d'ailleurs, il n'est pas extraordinaire de trouver une multitude de points communs entre les deux œuvres. Cependant, afarOne expérimente moins dans la dissonance et dans le nihilisme. Le genre hispanophone est toujours d'une incroyable efficacité sur les sensations physiques, à la croisée des rythmiques Techno/IDM incolores, des cordes suintantes de larmes et des pianos maladifs. Lucen manque peut-être de détachements supplémentaires face à ses influences pour être qualifié de chef-d’œuvre par les cinglants qui lisent ces lignes. Mais cela serait entretenir un éternel débat intellectuel quand il suffit juste de laisser la musique se glisser sous la peau. Les neurones ne sont pas les plus aptes à qualifier la valeur d'un orfèvre.

Il suffit d'une heure après le réveil, blotti sous la couette, pour ressentir son corps dématérialisé et tenu en haleine par l'intrigue attentive au moindre fragment de l'espace. Il n'est pas étonnant d'apprendre que l'homme compose souvent pour de la vidéo. L'aspect cinématographique de la musique est toujours jouissif. Nous somme libre de composer notre propre univers sur la musique d'afarOne, et d'en tirer une connaissance plus profonde sur nous-même. Lucen ? Quel beau prénom.

 

http://f0.bcbits.com/z/36/35/3635098147-1.jpg


par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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Rabbit 16/02/2012 09:00

Effectivement quelque chose de Murcof sur des rythmiques plus IDM, bonne pioche. Le dernier titre m'a un peu rappelé certaines compos et atmosphères du Foley Room d'Amon Tobin, aussi.