Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 19:37

Sortie : février 2011

Label : Ultimae

Genre : Psytrance, Electronica, Ambient

Note : 8/10

 

Les inconditionnels de bon goût du label Ultimae savent forcément qui est Aes Dana. Pour les autres, précisons qu'il fut tout d'abord chanteur au sein de groupes indus ou cold-wave. Ce sage renégat de l'underground crée ensuite à Lyon le divin label Ultimae. Mêlant avec génie l'ambient, l'électronica et la psy-trance, cette maison sort régulièrement des oeuvres de références telles Asura, Carbon Based Lifeforms, Circular ou Solar Fields. Mais parce que Vincent Villuis (de son vrai nom) est aussi un artiste hors du commun (également membre du duo H.U.V.A Network en compagnie de Solar Fields), penchons nous sur son magnifique troisième album qui sort ces jours-ci : Perimeters.

 

Que ceux qui avaient eu la bonne idée de s'immerger dans Leylines (album précédent chroniqué ici) soient béatifiés sur le champ ! Même si Perimeters est foncièrement différent de son illustre prédécesseur, il n'en est pas dénué du même caractère exceptionnel. Aes Dana est pratiquement le seul membre officiant au sein du label à retranscrire aussi bien les ambivalences entre clair et obscur. Il a aussi une capacité à brumiser le beat qui laisserait n'importe quel ingénieur du son pantois, aigri et jaloux. Que l'album s'ouvre sur une collaboration avec Field Rotation me remplie forcément d'allégresse. Je suis un fan absolu de ses travaux drone ou ambient, mais c'est avant tout sa participation sur la compilation Imaginary Friends (ici) qui m'avait laissé à terre. Par la suite, son splendide album électro-acoustique, classique et moderne Licht Und Schatten (ici) n'avait fait que confirmer son immense talent et la non moins importante admiration que je ne manque jamais de lui témoigner. Parenthèse close. Sur le voluptueux Anthrazit en question, des crins plaintifs mais pourtant plein d'espoir semblent valser avec les cieux. Cette nouvelle collaboration nous ferait presque espérer un format long complet réalisé par les deux compères. Si l'ensemble de l'album est absolument majestueux, quatre piliers intouchables se distinguent néanmoins de la masse brute. En plus de Anthrazit donc, citons plus particulièrement Perimeters, Resin et The Missing Words. A l'orée de la troisième minute du titre qui donne son nom à l'oeuvre, l'auditeur est submergé par des visions chimériques. C'est comme si les nuages et une vapeur acide opaque s'écartaient pour enfin révéler le visage de Dieu. Dans ce titre, les basses, les graves et les kicks résonnent comme une invitation à une célébration physique et mentale. On se surprend à danser seul, les yeux grand ouverts et le sourire crispé, écartant les bras et implorant le ciel pour que la pluie nous lave de toute la crasse de ce monde. En introduction à Resin, soulignons aussi le trop court mais subtilement expérimental et noisy Xylem. Nous voilà donc ensuite transportés vers Resin, où certains crissements mélodiques évoquent des failles temporelles dans les fluctuations de l'environnement. Bouleversements climatiques, érosion terrestre, consumérisme érigé en modèle de société... toutes ces visions entrent en collision et occasionnent des déflagrations visuelles et mentales comparables à des "flash forward". Ai-je déjà vécu cela ? Nous sommes nous déjà rencontrés ? Le mystère demeure entier. C'est à ce moment là de la chronique qu'il faut que je précise que j'ai arrêté la consommation massive de drogues il y a quelques années. Traumatisme résiduel ? The Missing Words est un titre qui prend son temps pour livrer ses secrets. Ceux où certaines philosophies mystiques révèlent que les faces opposées sont souvent intimement liées. Il est donc probablement et à mon sens, le titre qui témoigne des plus grandes ambivalences. Si In Between, Antimatter-Post et Currents sont tout aussi appréciables, je me permets juste une petite critique pas du tout objective vis à vis de Heaven Report. Même si ces débuts étaient plus que prometteurs, il y a là une pulsation peut-être trop binaire pour moi. L'associer à des voix vocodées n'a pas contribué aux chances de me convaincre.

 

Mais ne vous y trompez pas. Perimeters fait déjà partie des "must have" absolus de 2011. Ce probable voyageur insatiable est parvenu à transformer en musique ses visions et ses propres révélations. En y intégrant poésie et philosophie, le nouvel album d'Aes Dana redéfinie la notion mathématique des périmètres. Le pré carré dans lequel sont installées les musiques électroniques n'est jamais apparu aussi restreint. Ceux qui adoreront légitimement ce disque et les autres productions du label sont vivement invités à se rendre non loin de Mulhouse le 12 mars. Un plateau exceptionnel d'artistes de la maison donneront à La Filature un show musical et visuel qui s'annonce déjà comme onirique et dantesque. Bien à vous.

 

http://classementdesblogueurs.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2011/04/Aes_Dana-Perimeters-2011.jpg

 

 

par Ed Loxapac

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

madfab 26/05/2012 22:32

c'est joli, velouté, reposant...ms y'a un ptit côté "Nature et découverte" avec lequel j'ai du mal ...(et ces voix-choeurs sur une des compos qui confine au ringard...mince)...le ptit frère de
Leftfield? ^^

ivan 13/03/2011 19:32


j'etait a mulhouse hier, ce fut un pur régale! introspectif, spacial et fluide! pour la musique j'ai eu une légère préférence pour solar field et aes dana quand au show visuel, j'ai été moins
convaincu malgrès quelques trop courts bon passages...


js13 07/03/2011 11:42


Après cette critique j'ai pas pu m'empêcher d'acheter le pack des trois albums d'Aes Dana! Merci pour la découverte.

js13


Chroniques électroniques 07/03/2011 23:15



De rien, tu ne regretteras pas ton achat.



Max 16/02/2011 20:21


Tout bon....tu oublies d'évoquer le dernier cell qui pour moi a été une vraie révélation....


shift. 14/02/2011 22:12


C'était cool !


Chroniques électroniques 14/02/2011 22:53



Tu m'en vois ravi. :-)