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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 12:32

Sortie : Avril 2012

Label : Honest Jon’s Records

Genre : Electronica magnétique

Note : 3,5/10

 

Actress est l’artiste hip par excellence. Dissipons immédiatement tout malentendu, je n’ai rien contre la hype, il en émerge sporadiquement d’excellentes révélations au pouvoir d’attraction mérité. Mais parfois, l’inverse s’impose et justement, avec Actress c’est le cas.

Petite mise au point : Actress est anglais et se prénomme Darren J. Cunningham. Il est l’auteur de Hazyville, premier album relativement méconnu sorti en 2008. C’est la sortie de Splazsh en 2010 qui l’a véritablement propulsé sur le devant de la scène. L’album n’avait pas été chroniqué sur nos lignes car il m’avait paru pour le moins anecdotique. En effet, la musique d’Actress est un étrange mélange de UK Bass et d’électronica, pour un résultat tantôt énigmatique, tantôt insipide. Malgré sa relative faiblesse, ce deuxième album n’était pas indigent et possédait un charme certain.

R.I.P. est la nouvelle création du bonhomme et là, par contre, on frôle l’escroquerie totale. Exit la bass music, place à une électronica-magnétique cheap. Le travail sur le rendu sonore demeure cependant intéressant dans la mesure où Actress applique quantité de filtres au point de rendre sa musique fantasmagorique. Mais cela ne suffit pas pour autant à rendre R.I.P. intéressant, loin de là. Les motifs répétitifs et le peu de variations de l’ensemble ne suffisent pas à donner du relief à toutes ces sonorités aspirées. L’impression d’écouter continuellement des ébauches de morceaux est rédhibitoire. On pourra toujours me targuer que, justement, toute la magie d’Actress est là, il n’en demeure pas moins, que pour moi, ce n’est, ni plus, ni moins, que du foutage du gueule.

Deux artistes, eux aussi clairement buzzés, me viennent à l’esprit. Premièrement, Oneohtrix Point Never pour l’esprit « vignettes ». Mais là où le new-yorkais arrive à  offrir une singulière balade psyché, Actress se contente de proposer un zapping sans queue ni tête. Deuxièmement, Hype Williams pour le côté branleur. A ce petit jeu, les deux font armes égales à ceci près que Hype Williams se morfond désormais dans les abysses de la musique électronique.

Mais revenons à Actress. Prétendre que tout l’album est honteux serait tout de même non-recevable. Je sauve deux morceaux de cet ersatz : Shadow From Tartarus pour sa dualité intéressante entre un magma impénétrable et une mélodie spatiale et N.E.W. pour sa comptine bouffant progressivement tout le spectre sonore pour étaler le temps avec paresse. Le reste est risible. Le fait de donner un rendu magnétique à tous les morceaux ne fait que les noyer dans l’ennui. De la techno de chambre figée et étouffée de Marble Plexus, au faussement rampant mais vraiment endormant Tree Of Knowledge, je me suis rarement autant fait chier à l’écoute d’un album tant on reste éternellement bloqué sur la ligne de départ.

Et dire que certains osent parler de musique cérébrale. C’est prendre les gens pour des cons et revient à faire croire que Jeff Koons fait de l’art et Christophe Honoré du cinéma. Non, nous sommes dans le domaine des imposteurs, glorifiés par des médias hypocrites et suiveurs. Faire croire que la création musicale est là, relève d’une ignorance crasse. R.I.P. ne provoque qu’ennuie et indifférence et Actress est le symbole même du poseur insignifiant.

 

http://27.media.tumblr.com/tumblr_m2sa82V8EC1qzoqu9o1_500.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

tibselector 25/07/2012 22:45

un grand merci M'sieu , c'est rassurent de voir qu'il y a encore des chroniqueurs qui on la tête sur les épaules . tous se style actuel façon Actress est une pure arnaque ...surtout si on ose la
comparaison avec se que fut l'éléctronica des années 90's et se que sont encore Autechre aujourd'hui . mais voila la nouvelle génération n'a pas la culture de leurs aîné et
n'a aucun mal a écouter de la daube mélanger avec des perles , aujourd'hui tout se vos et le résulta se fait sentir , il suffi de faire une bonne hype et Actress devient un phénomène ( de Mode ).
tout ceci prouve bien que l'underground c'est laisser bouffer par l'esprit " Bobos " , Actress comme 95% du Dubstep s'adresse au lecteur des inrocks et au fan de Warp depuis que se label a perdu
son âme dans la pop électronique superficiel .mais tellement " tendance " , " la vie est devenu un défiler de Mode , pour jeunes consommateurs sans culture a qui il faut crée des envies légères est
éphémères " .
mais tout ceci n'est que l'avis d'un Vieux qui n'aurais pas aimer avoir 20 ans aujourd'hui ! ( putain j'ai eu du pot ! ). une spéciale dédicace a la musique électronique des années 70's/80's/90's
et au Rave Party des années 1988/92 .

Salutations , Tibselector

freeze frame reality 09/05/2012 18:28

HS: Pour Damien, L'album de "Kangding Ray" est un magnifique album, je suis un "ancien" de la musique electronique et j'en ai rien à foutre de la hype ou du microcosme parisien... Mais lorsque j'ai
entendu "OR" j'ai compris que le boulot sur cet album et sa construction est enorme ! Contrairement à masse de merdes qui sortent ces derniers temps !
Des bisous...

Acousophrène 08/05/2012 19:47

Mouais un peu surpris (quoique) par la sévérité de cet article. Mais bon je prends quand même, tant le côté scripté de la presse soi-disant "spécialisée" concernant tel ou tel artiste mis en avant
peut taper sur les nerfs (d'ailleurs à ce propos, j'ai plus qu'apprécié votre critique de cette daube absolue qu'est Salem...parmi d'autres bien sûr). Je fais partie des auditeurs (heureusement
encore nombreux) qui pour se forger une opinion préfèrent se fier au plaisir suscité par l'écoute que par une quelconque "hype" (spécialité anglo-saxonne, s'il en est). Et force est de constater
que cet album m'a plus que heureusement surpris. Déjà parce que les deux précédents m'avaient laissé complètement indifférent (alors qu'eux aussi complètement over-hypés) mais aussi et surtout,
parce que j'ai vraiment ressenti une cohérence durant toute l'écoute. Chose que je ressent trop rarement avec des albums électroniques (ou autres d'ailleurs) où j'ai le plus souvent l'impression de
me retrouver devant une compilation de morceaux épars sans véritable fil conducteur. Concernant l'usage des filtres, contrairement à la critique, je les trouve plutôt bien employés, notamment par
la spatialisation qu'ils apportent. En d'autres termes, j'aime bien cet album qui a trouvé sa place sur mon étagère de disques à écouter et ré-écouter et ne change rien au plaisir que j'ai de lire
vos chroniques qui, même si parfois m'étonnent, sont toujours suffisamment étayées pour être intéressantes.
Bonne continuation !

Chroniques électroniques 09/05/2012 14:49



Merci pour le point de vue. Tu as donc aimé pour les mêmes raisons que j'ai détesté. Des fois, la frontière est mince.


 


B2B.



damien 06/05/2012 03:44

L'album peine a commencer puisqu'effectivement ca debute a Shadow from Tartatus, qui est un tres bon morceau, avec Raven (mon prefere), Caves of Paradise, N.E.W. et un peu The Lord's Graffiti.
S'il y avait pas les deux tout moches Jardin et Serpent (la Bible ca lui reussit pas a Actress), et le truc de conclusion qui ressemble a presque tout ce qui se trouvait sur la compilation sortie
l'annee derniere d'Anthony Shakir et qui me fait arreter l'album avant de reellement m'enerver telllement on s'en sort pas, ca serait une vraie reussite. C'est finalement le cas avec une tonne de
disques, il y a toujours les deux ou trois grosses merdes qui viennent plomber l'affaire et arrondir les minutes pour justifier l'appellation d'album. Un mini-album avec tous ces bons morceaux,
entrecoupes de ceux plus courts qui ouvrent et ponctuent RI.P., mais en plus court encore, ca aurait ete tres bien.

Rabbit 05/05/2012 23:15

Hello Everything c'est même un putain de chef-d'oeuvre. Et le Kangding Ray aussi, rien à faire de la hype.