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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 03:14
Sortie : 4 novembre 2009
Label : ATP Recordings

Voici enfin le retour tant attendu de Benjamin John Power et d'Andrew Chung.
Fuck Buttons avait créé bien plus qu'un buzz avec Street Horrrsing, paru l'an dernier. Beaucoup de rédactions crédibles avaient élevé cet opus au rang de "meilleur album de l'année".
Pour ce premier long format, les deux Britanniques s'étaient adjoints les services du producteur John Cummings, guitariste du groupe Mogwaï et avant-gardiste à son époque en matière d'effets de pédales.
Pour Tarot Sport, c'est Andrew Weatherall qui vient s'asseoir sur le fauteuil de producteur. Même si une de ses productions les plus récentes est associée à une campagne de pub pour Volkswagen, cet Anglais fut membre de deux formations légendaires : The Sabres of Paradise et Two Lone Swordsmen. Autant dire que le duo noisy Fuck Buttons est plus qu'attendu au tournant pour ce deuxième album...
Difficilement classifiable, leur musique expérimentale oscille entre noise, drone, électronica et psychédélisme. Un joyeux bordel en somme. Mais trêve de rappels.

Même si cet opus est dans la digne continuité de Street Horrrsing, on peut noter néanmoins des différences assez évidentes.
Tarot Sport apparaît dès la première écoute comme beaucoup plus épique que son illustre prédécesseur. Les synthétiseurs y sont aussi beaucoup plus affirmés.
Mixés sans interruptions, les morceaux de l'album sont complémentaires. Chaque fin de titre introduit divinement le suivant.
Une version rallongée et plus évolutive de Surf Solar ouvre les hostilités. Claque immédiate. Toujours fidèles à ce son unique, les Britanniques démontrent une nouvelle fois leur capacité de synchronisation et de superposition des différentes couches. Outre les nappes envoûtantes, la sonorité principale pourrait se dupliquer à l'infini. On croirait entendre un cacatoès se faire égorger.
Cette considération personnelle sur leur éventuel intérêt pour la torture des oiseaux tropicaux n'altère en rien la dimension d'hymne pop futuriste et intemporelle que prend ce morceau.
Rough Steez poursuit cette délicieuse marche en avant. Très brouillé mais jamais brouillon, ce titre est celui qui illustre le mieux les subtilités analogiques qu'amènent Weatherall.
Progressif et faussement répétitif, The Lisbon Maru est la rampe de lancement idéale pour Olympians. L'auditeur ne peut que se délecter de cet alliage entre ces orgues de cathédrale et le caractère martial et foisonnant du beat. On pourrait croire à une ascension vers des cimes léchant les nuages. On y respire un air étrangement euphorisant.
Phantom Limb reprend le brouillage, les rythmiques complexes et les beats élastiques là où Rough Teez les avaient entamés. Ben Power se reprend pour un batteur à bord d'un Space Mountain où les loopings laissent des stigmates béats sur le visage. Le tempo s'accélère, on souhaiterait ne jamais pouvoir revenir de cette odyssée aérienne.
La batterie se développe encore un peu plus sur Flight Of The Feathered Serpent mais l'orgue réapparaît cette fois-ci pour entamer un lent et progressif atterrissage vers des contrées sauvages moins hostiles que celle que l'on connaît ici bas.

Une fois de plus, on a l'impression de se prendre un réacteur d'avion en pleine gueule à l'écoute de cet album magistral. Même si des filiations sont possibles avec des formations comme Sunn O))), Battles ou encore Holy Fuck, le son de Fuck Buttons n'en est pas moins unique.
On regrettera peu-être des atmosphères un peu moins psychédéliques que par le passé ainsi que de ne pas avoir entendu Andreaw Chung beugler dans son microphone customisé. Peu importe, cet album est à l'image de cette chronique : un lourd pavé. Celui-ci contribue déjà aux fondations d'une musique expérimentale nouvelle. Lorsque Fuck Buttons franchit le mur du son, le reste n'est plus que cendres et poussière.
                                      
par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

MrMeuble 15/09/2009 16:49

Quelle rapidité pour rédiger une chronique !!! Elle reste néanmoins très juste.
Cet album est incroyable.