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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 23:30
Date : 12 septembre 2009
Lieu : Cité de la musique (Festival Jazz à la Villette - Paris)

Festival confirmé, Jazz à la Villette a cette année ouvert ses portes a des artistes peu reconnus pour leurs travaux jazz. Le hip-hop de De La Soul, le rock mélodique d'Elysian Fields, la house esthète de Carl Craig et le pop-rock sous tranquilisants de Daniel Darc ont été présentés avec des succès relatifs.

La Suissesse Sophie Hunger et son folk jazzy avaient le privilège d'ouvrir les débats ce soir.
Dotée d'un incontestable organe, Sophie Hunger est accompagnée d'un quartet enjoué. Lorsqu'elle ne se place pas derrière le piano, la belle fait preuve d'un joli sens de l'humour entre deux précisions dialectiques autour de sa langue suisse-allemande. Lorsqu'elle chante en français, la voix de la Suissesse se revêt d'un joli voile. Elle est accompagnée d'un joueur de trombone et de glockenspiel de grand talent.
Tout celà est très joli, ça a l'air de plaire à un public à la tendance beaucoup plus "Télérama" que "TSF", mais je ne suis pas venu pour ça.

Nils Petter Molvaer fait son entrée en compagnie du guitariste de génie Eivind Aarset et d'un jeune batteur aguerri dont j'ai oublié le nom.
Le jazz, bien qu'étant la musique majeure la plus ancienne, est celle où on retrouve le plus de talibans puristes. Beaucoup souhaiteraient brûler l'hérétique Norvégien et son jazz fusion introspectif.
Le concert s'ouvre sur un morceau très progressif, faisant la part belle au drone et à l'ambient.
A l'instar de Christian Fennesz, Nils Petter Molvaer est enfermé dans une case jazz bien trop petite pour lui, et se rapproche progressivement des musiques concrètes.
C'est à celà qu'assistent bien des spectateurs interloqués.
Le trompettiste norvégien et sa sourdine se sert beaucoup de son Mac et des machines, ce qui a le don de déconcerter un peu plus les membres du public les plus âgés.
Pendant un Friction d'anthologie, Molvaer braille dans le pavillon de sa trompette et joue des pédales pour parvenir à des textures sonores assez inouïes.
Plusieurs morceaux de son dernier album, Hamada (chroniqué ici), seront joués ce soir.
En plus de Friction, il m'a semblé reconnaître l'irrésistible et très rock progressif Cruel Altitude.
Une bonne douzaine de spectateurs fuient les lieux, Molvaer les regarde un peu hagard mais ne perd pas son sens de l'humour.
"Bon bah, on va jouer quelque chose d'un peu plus soft..."
Adossé à mon mur, je m'aperçois que je suis un des seuls à me tordre de rire.
Molvaer et Aarset diffusent toujours ce son si spécifique, où l'on pourrait croire en l'apparition d'un drakkar noir fendant les eaux glacées.
Après une jam session où le batteur prendra une cymbale comme une derboukha, le trio électrisera un auditoire plus transcendé que dégoûté.
Cela ne m'empêchera pas de jubiler un peu plus à la vue de cette trentaine d'ignorants qui quitteront la salle juste avant un rappel très glitché et improvisé.
Du grand art, bien aidé par un ingénieur du son au diapason et un visuel des plus hypnotiques.

Dépassant tous les codes et les conventions du genre, Nils Petter Molvaer fait partie de ses artistes uniques qui n'ont de cesse de faire évoluer la musique, et celà même, si ça fait mal au slip des puristes. L'amphithéatre de la Cité de la musique est doté d'une qualité sonore hors du commun. Ceux qui ont assisté aux 20 ans du label Warp peuvent en attester. Tout celà ne fera que renforcer le caractère unique de cette prestation. Merci l'artiste.
                 
par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

marc 18/09/2009 23:48

Merci pour la découverte de Nils Petter Molvaer! Ce blog est vraiment une référence pour découvrir des artistes de qualité... Devant tant de bon goût, ca décourage même d'ouvrir son propre blog musical ;)