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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:11

Sortie : 25 novembre 2010

Label : 3six Recordings

Genre : Ambient

Note : 8,5/10

 

36 (prononcez three-six) est le pseudonyme derrière lequel Dennis Huddleston produit ses travaux d'ambient. Après Hypersona en 2009, l'Anglais a sorti Hollow en juin dernier. Alors qu'un lecteur avisé nous le conseillait pourtant, ce second volet nous a inexplicablement échappé. La présence de diverses réalisations de 36 dans d'estimables best-of 2010 fut le déclic, d'emblée suivit par un coup de massue. Hollow, comme Hypersona d'ailleurs, sont de purs chefs-d'oeuvre, dont le potentiel introspectif et la beauté fantomatique terrassent implacablement l'auditeur. Memories In Widescreen constitue le troisième volet de ce triptyque d'albums, qui sort, comme le reste, sur le label personnel et exclusif de Huddleston, 3six Recordings.

 

Ces trois actes évoluent de façon toujours plus dense, brouillée et opaque. Le chemin qu'a tracé 36 va de la lumière vers l'ombre, s'enfonçant progressivement au creux de ravines ténébreuses. Parsemé de notes graciles et tendres, Hypersona dépeignait une ingénue et poignante mélancolie. Hollow était l'union parfaite de courants de nappes à la limite du drone, et d'une substance mélodique renversante. L'univers s'était assombri, mais des rayons translucides palpitaient encore au travers de la brume. Memories In Widescreen fait l'effet d'un voile sombre et crépitant qui aurait recouvert la musique de 36, et éteint, comme on souffle une bougie, ses restes d'innocence. Plus avant-gardiste peut-être que ses prédécesseurs, cet opus est sans doute le moins accessible. Les drones mouvants et la distorsion synthétique des nappes absorbent les mélodies, et vous pénètrent par tous les pores. On est face à des déserts de dunes, en proie à une tempête sablonneuse qu'une mystérieuse déformation du temps ferait se déplacer avec lenteur. Le résultat pourrait s'avérer chiant ou excessivement bruitiste, si l'extraordinaire maîtrise de 36 ne sublimait pas ces montées craquelées et ces bourrasques de fin du monde. Ses compositions ne cachent pas des inspirations de Fennesz ou de Tim Hecker. Si Hollow dévoilait déjà des influences de Burial, de la période de son album éponyme, et notamment sur le somptueux Equassa, le présence ici de lointaines résonances de voix ou d'arpèges carillonants et flous (After Time, Drowning) scelle le lien entre les deux compatriotes.

Le brouillard magnifique que constitue Memories.. agit comme un écran à la fois ténu et infranchissable, qui vous sape de la réalité. Une sérénité inexplicable, presque mystique monte à la gorge, tandis que les volutes ouatés et les ombres spectrales vous grillent méticuleusement les connexions neuronales. S'il est très dur d'isoler des morceaux, l'enchainement de Drowning, Disappear et The Mirror coupe littéralement le souffle. Alors que le triste et aérien Disappear s'achève sur un brusque chaos de son distordus, The Mirror, hélàs si court, illustre toute la grâce tragique, prégnante à ses travaux, une fois dépassés les murs de vapeur sonore.

 

Crépuscule de la trilogie entamée par 36, Memories In Widescreen pose la dernière pierre de cet édifice profondément évolutif. Oeuvre dense, sombre et admirable, un nombre conséquent d'écoute, ainsi qu'un matériel de qualité, sont nécessaires à la perception de ces riches nuances. L'aspect prolifique et énigmatique de Dennis Huddleston a quelque chose de fascinant. L'Anglais a sorti en 2010, en plus de ses deux albums, deux séries de cassettes, les Tapes Series : Blue et Red, et l'artwork de Memories est sa propre réalisation. Préférant personnellement Hollow, je ne saurais que vous conseiller de vous penchez sur l'intégralité de son oeuvre. Immense révélation.

 

388566857-1.jpg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Valentin 17/01/2011 22:02


Je viens de découvrir votre blog, il est est vraiment super complet !
J'ai moi aussi un blog de musique électronique, sa vous tenterais un échange de liens ??

Musicalement,
Valentin


Chroniques électroniques 18/01/2011 21:52



Salut, on ne fait pas beaucoup d'échanges de liens, seulement pour les gens proches...


Mais merci !



Pierre 15/01/2011 05:34


C'est plus ramassé que dense : c'est pourquoi ce n'est pas gênant qu'il enchaine a un rythme élevé : de tout ce qu il pourrait dire, il n'en dis que très peu, et c pour ca que c difficile d'isoler
parce que ca n'évolue (n'avance) que très peu et très doucement. Manifestement, tout cela est réfléchi et prêt depuis longtemps : c agréable d'entendre quelqu'un qui sait ce qu'il va dire avant de
l'ouvrir (il aurait pu en faire 10, y'en aura que trois).
Je ne pense pas qu'il continuera parce qu'il a l'air d'avoir suffisamment de recul et de contrôle sur ce qu'il fait pour ne pas avoir besoin de le faire et le mauvais gout de le vouloir. Je pense
(lol)

J'suis crevé donc j'arrête la même si c pas très clair ni très pertinent mais fallait bien que je dise quelque chose!

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