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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:04

Sortie : mars 2012

Label : 3six Recordings

Genre : Ambient, Experimental

Note : 8,5/10

 

Les amateurs d'ambient auront depuis un moment rangé 36 (three-six) du côté des références contemporaines. L'anglais Dennis Huddleston est une sorte de phénomène de productivité créative et solitaire. Depuis 2009, l'homme a sorti quatre albums, trois cassettes et deux maxis en vinyles -  aux artwork sublimes - sur une série à venir de sept. Le tout est publié sur son propre label 3six Recording, dédié uniquement à ses productions. Son dernier Lp en date, Memories In Widescreen (chronique ici) ne représentait pas comme nous l'avions cru l'opus final qui scellait le triptyque d'albums entamé avec Hypersona et Hollow, ses inaltérables chef-d'oeuvres. Après s'être dédié en 2012 à une collaboration avec Black Swan et une réédition de remixes de Bass Communion, c'est avec Lithea que 36 met un terme à sa belle et brumeuse trilogie.

 

Avec 1h12 pour 18 titres, l'oeuvre est dense. Même si comme à son habitude, Huddleston fait place à de courts interludes, qui modulent les teintes et les impulsions. Attiré semble-t-il par les couleurs primaires, 36 se plait à assortir ses séries d'albums ou de cassettes d'identités visuelles vertes, bleues et rouges. Cet écarlate et dernier volume ne déroge pas à la règle : provoquer l'immersion, totale et introspective. Il y a dans la démarche d'abandonner l'auditeur au coeur d'une mer de nuage à la fois un postulat romantique et une intention de le laisser seul face au néant. 36 a toujours eu le pouvoir de faire vaciller les certitudes rien qu'en intensifiant un drone, de vous submerger de sensations dont la puissance effraie. La mélancolie, c'est la tristesse qui danse bien – a dit quelqu'un. Lithea n'est ainsi que volutes changeants et ondes fugitives. Où Hypersona vibrait d'une sorte d'espiègle tendresse et Hollow semblait délicatement fantomatique, cet album apparaît comme le volet le plus sérieux et le plus grave. Les tintements limpides et l'opalescence des mélodies se sont doucement estompés. Le minimalisme trouble qui habite l'oeuvre de l'Anglais prend ici tout sont sens. Il ne réitère pas l'expérience dépouillée et dronatique de Memories In Widescreen pourtant sa musique a rarement usé de si peu d'éléments pour faire de tel ravages. Rien ne semble jamais dilué et en aucun cas il ne tombe dans la linéarité. Ceci grâce aux rebonds permanent que permettent l'abondance des titres et à l'infiltration de séquences radiophoniques, de bruissements divers et de choeurs spectraux. Les choeurs en question et la mélancolie qu'ils charrient perpétuent cette connexion que je ne peux m'empêcher de faire entre 36 et Burial.  

Les morceaux issus de ses récents maxis, Cocoon, Saphron, Deluge et Reunion, figurent parmi les plus captivants. Tandis que One élève des ponts vers un certain Ourson, le brillant Seance use de la monotonie comme d'un substrat hypnotique, sublimant ce qui demeure l'un des seuls titres cadencé de l'album. Dans son prolongement, Dreamscape et son air diaphane échappé d'une antique boîte à musique illustre tout le sublime des intermèdes 3sixiens. Et Lithea de se refermer sur les 11 minutes d'un drone évoluant crescendo. Another World, ou le bruissement infini aux variations inconscientes mais dont les effets sont viscéraux. 

 

36 est un artiste qui jamais ne s'éparpille et dont la direction ne saurait être improvisée. Il est impressionnant de constater la maîtrise du bonhomme, tant au plan de la production et des lignes artistiques qu'au niveau du traitement de la matière sonore. Avec son délestage de fioritures et sa force émotionnelle non atténuée, Lithea se range sans les singer aux côtés des illustres albums qui l'on précédé. Perdition préconisée. 

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Torti 13/04/2012 16:43

Très belle chronique. Merci pour la découverte, je n'avais jusque là écouté qu'Hypersona, c'est l'occasion de rattraper mon retard.