Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 10:59

Après l'avoir vu à La Maroquinerie et avant de l'apprécier à nouveau aux Eurockéennes, nous avons contacté Chapelier Fou pour en savoir plus sur son parcours, l'origine de cette douce musique qu'il produit et les secrets de son live. Le Metzin, qui tourne actuellement pour présenter son LP Darling, Darling, Darling... sorti chez Ici D'Ailleurs en mai, vous dit tout (ou presque) sur son futur album, suer au violon et son organisation en concert. 



Peux-tu tout d'abord résumer ton parcours musical, comment tu t'es mis à la musique, quels artistes t'y ont poussé ?

J’ai eu au départ une formation classique, en commençant par le violon, au conservatoire de Metz, puis quelques années de clavecin, plus tard. J’ai arrêté vers 16 ans, mais j’y suis vite revenu pour terminer mes études en formation musicale, analyse, et je suis aussi passé par un peu d’écriture et de composition.

J’ai également fait quelques années de fac de musicologie, qui m’auront ouvert à d’autres musiques, contemporaine notamment, et qui m’ont laissé pas mal de temps à moi.

Enfin, j’ai passé mon diplôme d’état de prof de formation musicale.

Pour ce qui est de la musique électronique, j’y suis venu vers l’âge de 15 ans, par le sampling. Je décortiquai alors toute le discothèque de mon père (classique, jazz, musiques du monde, etc.) pour en extraire des tous petits bouts que j’organisais dans fruityloops, une sorte de sampler/boite a rythme logiciel. A l’époque, j’étais assez influencé par ce qui se faisait chez Ninja Tune - Amon Tobin, The Herbaliser, Bonobo, Kid Koala, etc. - et Warp - AFX, Plaid.



Tu viens de sortir un nouveau EP, quel est sa couleur, son esprit ?

Cet EP est en fait un fragment d’un album que j’ai réalisé il y a quelques temps et qui n’a jamais été commercialisé. A vrai dire, je l’ai vendu moi-même par correspondance grâce aux concerts et à internet. Mais c’est resté limité, peut-être 200 exemplaires ?

Les morceaux de cet EP sont très représentatifs de ma musique en général. Même sur six titres, ça part un peu dans toutes les directions. Il y a du violon, de la mandoline, des petits objets samplés et rejoués, des claviers, etc. Enfin bref, c’est le bordel et j’aime ça. J’aime bien concevoir un morceau comme une petite "étude" au sens musical du terme. Darling… explore l’utilisation du violon comme une espèce de machine à riffs, et travaille aussi sur la voix humaine, sa décontextualisation et son harmonisation. Trèfle est une étude sur les microboucles, car tous les accords du début sont réalisés à partir d’un sample d’un instrument à cordes africain dont l’attaque est mise en boucle. GmbH a été conçu avec un jouet musical à lamelles métalliques. Superstitions est une sorte de dance extraterrestre truffée de samples et de synthés et de sons de Nintendo, alors que je l’ai composé dans le Jura, en plein dans la montagne. Bizarre…



Comment as-tu travaillé sur ce disque ?

Tout est fait dans ma chambre, de l’enregistrement au mastering. Tout sauf la pochette, qui vient de mon colloc’, la chambre d’en face.

J’ai enregistré pas mal de trucs quand il faisait super chaud. J’aime me foutre en caleçon quand il fait 40°, et suer sur ma 20e prise de violon.


A la Maroquinerie, tu dégageais une grande maîtrise de tes instruments et de tes machines, comment abordes-tu le live ?

La problématique du live est essentielle pour moi. J’essaye de créer une manière de fonctionner qui me soit propre et qui soit évidente, affichée, mise à nue, avec pour ligne de conduite la volonté d’en faire le maximum, de prendre des risques, de laisser une part à l’imprévu.

Ceci a débouché sur plusieurs principes, voire dogmes : jouer un maximum d’instruments live : claviers, violon, guitares, mandolines ; boucler live tous ces instruments pour construire des orchestrations plus ou moins fournies ; pour les parties programmées, tout déclencher à la main. Je me refuse à utiliser une structure préprogrammée, une timeline définie, qui enferme le morceau dans un carcan rigide. A cet effet, j’utilise un monome qui me sert à déclencher et stopper des séquences et boucles, et qui me donne aussi des infos sur ce qui se passe ; Utiliser l’aléatoire pour créer des variations autonomes.

Sinon, je ne dirais pas que j’ai une grande maîtrise de mes instruments. Je suis même assez médiocre dans tout ce que je joue. La performance réside surtout dans le fait de tout faire en même temps, ce qui nécessite un travail monstre de répétitions ainsi qu’une concentration extrême sur scène. Je suis constamment en train de penser à ce que je vais faire dans les secondes qui suivent.


Comment se sont passés les dernières dates et à quoi t'attends-tu pour les quelques festivals à ton programme ?

Bien. Mais je ne suis pas fan des festivals et des gros machins. Pour moi c’est un peu la foire à la musique, c’est super fatigant. Je ne comprends pas vraiment pourquoi le public aime ça.



Quels sont tes projets acuels ?

Actuellement, et comme toujours, j’ai plein de trucs sur le feu. Le gros morceau, c’est mon album, qui est à peu près terminé. En ce moment, je mixe, j’agence, et j’enregistre encore quelques trucs.

Sinon, je bosse sur des remixs du prochain album de Tiersen, et je viens de finir un titre pour le disque This Immortal Coil qui sort en octobre.

Il est aussi question que je bosse avec Matt Elliott pour les lives de Third Eye Foundation, j’espère que ça se fera, car Matt a une idée du live qui me branche bien.

On vient aussi de me proposer de faire la BO d’un premier film.

Enfin, j’ai pas mal de concerts de prévus pour la rentrée, donc ça représente beaucoup de boulot et d’organisation.


par Tahiti Raph

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans Interview
commenter cet article

commentaires