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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 17:57
Date : du 3 au 5 juillet 2009
Lieu : Presqu'île du Malsaucy (France)

Vendredi 3 Juillet

La veille au soir, Vitalic avait tenté de soulever les foules avec un DJ set pas mauvais, mais sans surprise. Il eut surtout le don d'enflammer un auditoire sévèrement alcoolisé.

Chapelier Fou (photo ci-dessous) ouvre les festivités sur la plage. Cet arrangeur violoniste a un univers réellement intéressant, fait de collages hip-hop glitchés et d'électronica.
Peu à peu, les curieux viennent se masser pour écouter cette rafraîchissante curiosité.
Un franc succès, bien aidé par le sublime cadre de la plage et par de clémentes conditions météo.

Je passe furtivement devant la scène envahie des Wampas qui entonnent alors Les Wampas sont la preuve que Dieu existe... une raison de plus pour rester païen.
Sous le chapiteau, le verbe d'Oxmo Puccino est toujours aussi ciselé même si le set est un peu lourd. Il démontre néanmoins une aisance croissante aux côtés d'un live band de qualité.
La curiosité électro-pop Dananananakroyd a oublié sa batterie et est contrainte d'annuler. C'est balot.
Ghinzu investit la grande scène pour un début de concert anémique et profondément chiant.
Do you read me sort le public de sa torpeur et nourrit l'espoir d'une fin de concert un peu plus énergique. Au milieu de la chanson, une panne d'électricité vient remettre les pieds de tous sur terre. Le concert du groupe belge ne reprendra pas, ce qui n'altère en rien l'outrageuse mégalomanie du chanteur, qui continue de gesticuler sur scène.
Je passe un petit quart d'heure devant les Yeah Yeah Yeahs. La foule est en délire et je ne comprends pas bien pourquoi. La chanteuse a le charisme d'une huitre et leur musique brouillonne frise l'inaudible.
Sefyu déboule sur la grande scène avec deux de ses comparses. La majeure partie du public ne comprend rien de ce qu'il dit et soupçonne difficilement la réalité qu'il décrit. Peu importe, chacun tente de réveiller le wesh-wesh potentiel qui sommeille en lui. Des lyrics qui frôlent la littérature
"Dans le noir, des noirs travaillent au noir" ou "Wesh la famille, oubliez pas le merchandising"
Tous ces bruits de gachettes et de beats, dont la pauvreté n'ont d'égal que la répartie des deux MC qui l'accompagnent, ont bien failli m'achever.

Heureusement, le meilleur reste à venir avec les mythiques Cypress Hill, qui ont remplacé au pied levé NTM. Une lente transumance s'effectue alors en direction de la grande scène. Les deux MC apparaîssent enfin, backés par un percussionniste et un DJ.
Le set commence avec des morceaux récents d'une grande qualité mais la populace attend.
L'explosion prend tout son sens à l'écho des Insane in the Brain et Hits from the Bong.
La machine est lancée et ne souffrira d'aucun écart si ce n'est une jam session pas obligatoire et la voix de B-Real est un peu sous amplifiée. La foule exulte et je me crois au coeur du barrio à Tijuana. Enormissime.
Pendant ce temps là, Alela Diane (photo ci-dessous) investie la plage avec ses jolies ballades folks et ses guitares graciles. Très joli mais un peu soporifique.

Sous le chapiteau, les Israéliens de Monotonix semblent avoir fait parler la poudre si j'en juge par les nombreux commentaires attestant de la folie de ce truc.
The Kills offrent toujours sous le chapiteau un concert superbe. Ce rock abrasif transpire le sexe, les larmes et les opiacés. L'attractive Alison Mosshart et le guitariste Jamie Hince ont une complicité évidente. Même l'absence de la batterie (remplacée par une boite à rythme) n'enlève rien à ce set génial.

The Prodigy est programmé pour minuit. Sous la tente presse, j'entends dire qu'ils vont battre le record de charge électrique en plus de 20 ans d'Eurockéennes.
Lorsque ils déboulent, je suis effaré par la jeunesse apparente du trio. L'ecstasy serait-il semblable à la DHEA ?
Soyons sérieux. Devant ce déferlement de lumières et de sons à tuer n'importe quel épileptique, je reste hagard. Leur big beat, teinté de démarche punk et d'euro dance me laisse dubitatif. je prends plaisir à ré-entendre les mythiques Breathe et Smake my Bitch Up mais les titres du nouvel album Invaders Must Die sont tout bonnement affligeants.
Le big beat, ou un genre musical de la durée de vie d'un moustique, qu'il n'était pas nécessaire de sortir de son cercueil.
Je décide d'aller ma pieuter, repu et comblé par les prestations du Chapelier Fou, Cypress Hill et The Kills. Je laisse Diplo et Crookers à leurs boucles anémiques et à leurs pauvres mélodies.
Demain est un autre jour...

Samedi 4 Jullet
Un peu fatigué par la journée d'hier, je me décide tardivement à bouger sur le site.
La conséquence est que je rate le show de groupe issu du tremplin Allemagne : l'électro de Schwefelgelb dont les rares qui l'ont vu ont dit le plus grand bien.
The Asteroids Galaxy Tour souffrent d'une qualité de son horrible et leurs ritournelles gentiment hype ne parviennent pas à soulever la plage.
L'heure est venue pour le prince Tricky (photo ci-dessous) d'entrer en scène sous le chapiteau.
Apparement très content d'être là, il fait le maximum pour satisfaire un public de festival pourtant pas venu pour lui. Littéralement déchaîné, il enflamme la scène avec des versions rallongées de Council Estate, Lyrics of Fury ou Sex Drive. Il s'offre un long slam dans la foule, pète tous les micros et se marre devant le membre de l'organisation lui indiquant qu'il est en train de faire une demi heure de rallonge. Seul bémol, le prince noir efface complètement la présence de la jolie chanteuse, qui n'a pas le quart du charisme de Martina Topley Bird.
Peu importe, ce formidable show s'annonce déjà comme uns des meilleurs moments du festival.

La Roux fait feu de tous bois pour arracher un dodelinement ou un sourire au public de la plage. Malheureusement sa prestation est à l'image de son premier album : désertique.
Pas particulièrement féru de metal, je décide pourtant de rejoindre la loggia pour assister à la prestation de Torche, groupe de metal un peu trop binaire et plat.
Arrivent alors les Israéliens de Monotonix. Les trois types qui semblent sortis tout droit du film Las Vegas Parano n'utilisent pas la scène et commencent leur concert à même le sol. Ou devrais-je dire à même les airs... Le chanteur, en slip fluo, officie pendant tout le concert en slammant dans la foule. Ses chutes violentes et répétées n'entament en rien sa folle détermination. La batterie est, elle, maintenue en l'air par le public. Seul l'excellent guitariste évite toute gymnastique.
Résultat, un son garage rock psychédélique surprenant, véritable spectacle qui donne à la scène de la Loggia des allures Dantesques. Enormissime.
Kylesa (photo ci-dessous) offrira ensuite une prestation de haute volée avec un metal psychédélique, aidée par une double batterie et une guitariste exceptionnelle. Moi qui n'aime pas particulièrement le metal, je reconnais qu'un groupe comme ça pourrait bien me faire changer d'avis.

Kanye West, le rapeur américain plus actif dans les soirées people qu'en studio, fera une prestation d'une médiocrité telle, que même les gens venus seulement pour lui auront du mal à masquer leur immense déception. Son rap du futur, mouillé au vocoder et à des synthés vaguement Daft Punkiens, ne décollera jamais. Si on ajoute à ça le fait que les choristes chantent faux...
Les Passion Pit arrivent précédés de l'étiquette hype de l'année. Leur pop criarde n'y changera rien. L'ensemble du public est lui aussi, plus que sceptique.

Yuksek squatte un chapiteau plus bondé qu'un metro aux heures de pointe. Ses remixs et ses tubes putassiers comme Tonight font chavirer un public qui n'en demandait pas tant. De mon côté, je suis nostalgique de sa prestation au Club Deville en 2007, beaucoup plus fièvreuse et beaucoup moins commerciale.
Les Parisiens Birdy Nam Nam (photo ci-dessous) achèveront de conquérir un public un peu fatigué par les émotions de la journée. Leur show aux lumières exceptionnelles sonne plus électro que leurs premières productions. Les mauvaises langues diront que ce qu'ils font à quatre, DJ Shadow le fait seul pour chauffer ses platines. Le spectacle et la créativité sont néanmoins là.

La foule bigarrée rejoint la sortie du festival en traînant les pieds. Le dimanche s'annonce difficile...

Dimanche 5 Jullet
Je suis curieux de voir et d'entendre ce que peut faire le duo Rodrigo y Gabriela (photo ci-dessous) sur la grande scène. Je ne me doute alors pas encore de l'énorme claque que je vais prendre en pleine gueule.
Une technique hors pair pour le monsieur, une maîtrise rythmique rare pour la dame.
Monsieur pourrait jouer de tout. Lorsque madame se sert de sa guitare comme une percu, les sons font penser à des résultances de laptop. Hallucinant.
Leur flamenco folk manouche et Sud-Américain a littéralement électrisé la grande scène.

Gojira fera du metal à double pédale qui me filera un bon mal de crâne.
La regrettable absence de Mos Def sous le chapiteau sera palliée par un Kool Shen bien seul malgré l'aide de membres de IV my People. Malgré tout, Bruno Lopez fait le boulot sous les applaudissements du public du Malsaucy.
Pendant ce temps, ceux qui cuvaient leur bière sur la plage ont la désagréable surprise d'être réveillés par Sliimy (photo ci-dessous). Tout le monde se marre devant cette bête de foire, véritable clone français du démon Mika.
sliimy2.jpg
Le groupe français Zone Libre (photo ci-dessous), emmené par Serge Teyssot-Gay (illustre membre de Noir Désir) va mettre une grosse claque au public de la Loggia. En l'absence d'Hamé, un rapeur au flow un peu similaire remplace le membre de La Rumeur. Mais la véritable fusée Casey, jeune femme dotée d'une rage qui n'a d'égale que sa déconcertante timidité, subjugue un auditoir médusé.
Dans la foule, certains les comparent à Rage Against The Machine.
En tous cas les morceaux tels que L'angle Mort ou encore La chanson du Mort Vivant m'ont transporté loin, très loin.

Difficile de passer à autre chose après une telle claque.
L'extrême mollesse de Phoenix accompagnée de la voix horripilante du pédant chanteur Thomas Mars me fait rebrousser chemin.
Le surprenant blues du désert des Tinariwen du Mali a le don de me maintenir en éveil.
Sleepy Sun, groupe de Californiens un brin hippies, fera étal de son rock tout en variation avec des voix plus qu'intéressantes.
Laurent Garnier cloturera la scène du chapiteau avec set très classieux, accompagné d'un saxo et d'une guitare par moment. Le vétéran de la scène techno française est un véritable génie. Dommage que la majeure partie du public ne soit venue que pour écouter Crispy Bacon.
Pendant ce temps, The Pains of Being Pure At Heart ne parviendra pas à égaler la grande qualité de leur récent album. Grogui, le public s'aperçoit lentement que le festival est fini.

La 21e édition des Eurockéennes de Belfort a tenu ses promesses. Malgré un éclectisme croissant, le festival franc-comtois demeure une référence en France, véritable viviers de découvertes.
Malgré les décevantes prestations de Kanye West et de Prodigy, beaucoup sont prêts à refranchir les rivages du Malsaucy l'année prochaine.


(Un grand Merci à Marion pour les photos)

par Ed Loxapac
  

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

Philippe 27/07/2009 12:36

Salut,

chronique sympa à lire quoi qu'un peu trop ronchonne à mon goût. Quoi qu'il en soit le franc-parler est appréciable.

Pour ma part j'essaye de faire un peu la même chose sur concertandco depuis quelques années (un poil plus détaillé quand même). voici donc une version alternative de ces Eurocks 2009, à lire ici...
Ca part du vendredi (copier-coller le lien SVP)
http://www.concertandco.com/critique-concert.php?s=mes)%20E&id=29047&p=1

Ne vous gênez pas pour commenter surtout (euuh, chez nous je veux dire !) et/ou m'insulter/féliciter par mail.

Musicalement, Philippe

Virgile 08/07/2009 13:28

Voilà un bon compte rendu, critique, avec un franc parler finalement bien trop rare ailleurs... un peu casseur de hype en plus, ce qui remet qqs pendules à l'heure.
merci.
Excellent blog, continuez comme ça les gars !!

Chroniques électroniques 10/07/2009 12:19


Merci Virgile !
Tu sais que tu es le bienvenu parmi nous si tu le souhaites...


Brain Damage 07/07/2009 20:34

Merci pour cette excellente chronique ! Tu viens de m'apprendre que ce n'était pas Hamé sur scène. Je trouvais bizarre qu'il eût un peu pigmenté en quelques mois ...

Aurais-tu, par hasard, la set-list de Tricky ?