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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 11:56
Sortie : 30 Juin 2009
Label : KOCH

RZA, Ol' Dirty Bastard et GZA se rencontrent au début des années 1990. Le "scientifique" RZA, originaire de Staten Island à New-York, souhaite donner un souffle nouveau au hip-hop. Le son West-Coast subit déjà les prémices de l'avènement du bling-bling, la scène de la côte est se cherche encore de dignes représentants.
Féru de soul américaine des années 1970, RZA souhaite utiliser des samples soul et des captures de films de kung-fu. Ce sera la future marque de fabrique du son du Wu.
Ses deux acolytes sont eux originaires de Brooklyn, bercés au son d'un hip-hop underground qui sent la sueur, la frustration et le crack.
Le Wu Tang Clan s'élargit avec les arrivées de Ghostface Killah, Method Man, Raekwon, Inspektah Deck, U-God et Masta Killa. RZA reste néanmoins le véritable cerveau de la formation. Admirateur de la discipline des moines Shaolin, il insufflera cette culture aux membres du Wu, rebatissant même leur quartier général de Staten Island en Shaolin.

Ils sortiront Enter the Wu-Tang (36 Chambers) en 1993. Cet album fera l'effet d'un séisme dans le monde du hip-hop. Encore aujourd'hui, il est cité comme une des pierres angulaires du mouvement.
Doté d'un univers unique, les lyrics "conscious" et humoristiques du Wu-Tang contrastent avec les pussy lyrics que les Américains ont l'habitude d'entendre à l'époque.
Le phrasé et la culture de chaque MC est un plus évident.
Le succès commercial atteindra son apogée en 1997 avec la sortie du double album Wu-Tang Forever. L'album est plus léché et moins brut en matière de production mais l'utilisation d'instruments acoustiques (violons, harpe, etc.) redonnera à la formation des lettres de noblesse supplémentaires. C'est à cette époque que le groupe s'enrichit d'un membre dupplémentaire : Cappadonna.
Le Wu Tang devient peu après une véritable nébuleuse, pour ne pas dire une industrie mercantile. Ses membres comprennent bien avant d'autres que le merchandising peut les aider à prendre une dimension plus importante. Streetwear et production massive sont alors les maîtres mots.
Ils produisent et s'entourent d'artistes tels que Killarmy, Killa Bees, Shyheim, Sunz of Man ou encore Mathematics.
Les albums suivants souffriront d'un réel manque de créativité même si la production est toujours aussi soignée. La qualité et l'inspiration empirera en crescendo de The W à l'insipide 8 Diagrams.
La mort d'Ol' Dirty Bastard en 2004 traumatise le groupe désormais atteints par de nombreuses querelles internes. Certains tentent comme ils peuvent de faire perdurer l'âme du Wu.

Chamber Music est donc une des dernières chances pour le groupe de revenir à son âge d'or.
Dès le début de l'opus, on remarque avec joie le retour des samples de films de kung-fu et le côté un peu mystique qui avait fait la gloire du groupe.
L'absence criante de Method Man est quant à elle beaucoup moins réjouissante.
Les collaborations sont nombreuses avec les apparitions de Havoc (Mobb Deep), Cormega, Sean Price ou encore le soul man Tre Williams.
Il y a de très bons morceaux tels que Radiant Jewels, Evil Deeds, Sound the Horns ou encore NYC Crack qui confirme qu'en plus d'être un producteur de génie, RZA est également un MC de grand talent.
I Wish You Were Here (feat. Tre Williams) aurait pu être excellent si il n'y avait pas eu ces immondes choeurs dégoulinants. Dommage.
La démarche expérimentale, chère à RZA, qui avait pu être observée lors des premiers albums réapparait également, lors de nombreux interludes (Enlightened Statues, Free Like ODB, The Abbott ou Supreme Architecture).
Le nombre important d'interludes renvoie à une période plus old-school et raccourcie nettement l'album.
Malgré un retour aux sources relatif, cet album ne convainc pas complètement car on sent un manque d'unité assez criant. Un peu comme si les différents acteurs ne s'étaient même pas croisés, en enregistrant chacun leur partie à des milliers de kilomètres les uns des autres.
On se consolera en se disant que Chamber Music est de bien meilleure qualité que les deux précédents. Pas vraiment transcendés, pas vraiment déçus, il laisse un goût d'inachévé.

Ceux qui chantaient Reunited il y a maintenant plus de dix ans se sont embourgeoisés en essayant de pénétrer un système qu'ils souhaitaient à la base détruire.
Le Wu n'est pas mort, mais commence à calculer ses points retraite.

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

GeeMoney36 25/08/2009 16:18

RZA expérimente un nouveau style et s'est pas mal réussi, un volume 2 est en projet d'aprés les dires de RZA... j'attend ca avec impatience...
Je t'invite à rejoindre la communauté Wu-Tang Clan & Co, pour suivre de prés l'actualité Wu-Tangienne ;) : http://www.over-blog.com/com-1109814775/WuTang_Clan_Co.html

al 11/08/2009 00:43

8 diagrams ? insipide ? ya crazy man !