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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 13:29
Sortie : Juin 2009
Label : Downtown

Dante Smith, ou Mos Def, avait éclaboussé de toute sa classe toute une génération de fans de hip-hop, en rafraîchissant le paysage au milieu des années 1990. Tout d'abord en compagnie de Talib Kweli, il forme le somptueux et underground projet Black Star avec également Hi-Tek au son. En 1999, il sort son très personnel chef d'oeuvre Black on Both Sides. Le succès est immédiat, rarement dans le rap, un artiste avait fait étal d'autant de charisme et de richesse artistique. Nul n'a oublié Umi Says, véritable perle nu soul, ou les exceptionnels Fear not of Man ou May December. La fusion rap/rock de New Danger, paru en 2004, ne parvint jamais à égaler les productions enflammées de The Roots. On ne parle pas d'échec mais des voix se hissent pour émettre certaines réserves sur l'avenir de Mos Def. Celles-ci se confirmeront avec le naufrage critique et commercial que fut Tru3 Magic en 2006. Les fans de la première heure sont abasourdis par les errements de cet artiste qui, non satisfait d'être rappeur, s'imagine également chanteur et acteur.
On parle désormais beaucoup plus de ses prestations au cinéma que de son futur retour dans les charts, lassés par l'éternelle promesse de reformation de Black Star. Comme un symbole, la participation de Talib Kweli est annoncée sur The Ecstatic. L'espoir est permis...

Autant le dire tout de suite, The Ecstatic est un album littéralement affligeant. Visiblement en panne d'inspiration, Mos Def fait appel au légendaire Madlib et à son frère Oh No ! pour lui refiler des instrumentaux avariés pour qu'il puisse poser son flow pincé.
Celui qui se montrait si fougueux et bouillonnant il y a dix ans n'est plus que l'ombre de lui même. Il ne résiste pas à l'écueil très convenu de poser un titre entièrement en espagnol, l'insipide No Hay Dada Mas. Il se prend même pour Ali Shaheed Muhammad sur Wahid et son lot de litanies arabisantes mystiques, ça sent la flotte. Mos Def fait pâle figure face à Talib Kweli sur le plus que dispensable History. Le pas mauvais Auditorium en compagnie de l'illuste Slick Rick n'y changera rien, cet album très long et profondément ennuyeux est difficile à écouter jusqu'au bout.
Avec des instrus qui n'étaient même pas prévues pour lui au départ, cet opus prend des allures de mixtape brouillonne, digne de n'importe quel b-boy des bas quartiers. On ne peut que s'indigner face à tant de médiocrité. Le syndrome Nas se rappelle à notre mauvais souvenir...

Face à cette blague pas drôle qu'est The Ecstatic, on souhaite succès et réussite à Mos Def dans le cinéma. C'est désormais le seul art dans lequel il semble désormais s'épanouir. Libre à qui veut d'espèrer, qu'il retrouve la motivation de recomposer de la musique digne de ce nom.
                                  
par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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Benjamin F 14/06/2009 18:34

Super critique, ça change du truc consensuel qu'ils ont écrit sur Pitchfork : http://pitchfork.com/reviews/albums/13161-the-ecstatic/

Un peu de mauvais esprit, ça transcende tout de suite une chronique ;)

Escobar56 14/06/2009 15:22

Pas du tout d'accord avec toi !
Déjà, The Ecstatic est du Mos Def à 100%. Spécial, souvent bizarre, obscure, psychédélique, parfois soul, parfois rock etc
Puis ensuite, la plupart des beats, qu'ils soient de Madlib, de Oh No ou de Preservation sont très soignés. Après, j'avoue qu'ils sont difficiles d'accès, mais c'est propre à l'univers de Mos Def, tout simplement.
Donc, sincèrement, je ne vois pas ce que tu espérais de plus de sa part, vu que, pour moi, The Ecstatic est pile poil dans la lignée de ses trois premiers opus.
Instrus soignés, thèmes opportuns, flow au top, non vraiment cet album est une réussite selon moi. Je n'en attendais pas moins de la part de Mos Def.