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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 16:31
Année : 2009
Label : Ultimae


Vincent Villuis est un compositeur et un sound designer lyonnais de 35 ans. Il est l'un des deux fondateurs du label Ultimae. Il a fait partie de la formation Asura et a également officié en tant que chanteur dans des formations cold wave et industrielle. Activiste underground dans le milieu électronique depuis plus de dix ans, il a déjà réalisé trois albums sous son pseudonyme Aes Dana. Il a également participé à de nombreuses compilations sur Ultimae mais également sur Electrik Dream ou Celestial Dragon. Attention à ne pas confondre Aes Dana avec une formation chevelue portant le même nom et pratiquant un metal celtique.

Aes Dana diffuse une ambient downtempo d'une qualité rarement atteinte. Il y a même presque une dimension trance dans certains morceaux. Villuis arrive à retranscrire des ambiances évocatrices. Même si la plupart du temps l'ensemble peut paraître assez lugubre, on ne peut s'empêcher d'avoir des sentiments ambivalents. Comme si toute cette obscurité étincelante cachait des ombres blanches capables de transcender l'auditeur. L'échantillonage est ici utilisé d'une main de maître. Il retaille certaines sonorités acoustiques à l'aide de logiciels pointus. Un véritable travail de fourmi. Par conséquent, le grain du son est assez unique et dégage une pureté admirable.
Autant dire tout de suite que cet album est un véritable chef d'oeuvre. Une énorme claque dans la gueule de ceux qui ne jurent que par les sorties des labels mastodontes du genre. Tous les titres dépassent allégrement les 6 minutes et sont dotés d'une évolution progressive exceptionnelle. Alignments donne le ton immédiatement mais on attend de voir. C'est alors que déboule Bam et son environnement riche et inquiétant. On nage en eaux troubles et les émotions pleuvent. On s'agenouille devant un tel travail de programmation et face à l'approche des séquences.
Que dire du rampant Oxyd ? Et de l'élasticité d'Adonaï ? On ne sait pas si on a envie de pleurer, de tout casser ou de se taper la tête dans les murs à l'écoute de ces perles absolues. Un truc à devenir bipolaire... On sombre souvent dans une transe compulsive malgré l'aspect downtempo. L'opus tout entier est un véritable venin sonore procurant une addiction presque instantanée. Leylines et Lysistata sont de la même trempe, on se délecte d'être maintenu captif dans un tel univers. Le rythme est varié, oscillant entre traitement pneumatique et électrique. Signs (au début très ambient) semble dépeindre l'invasion d'un lieu saint par des spectres aux noirs desseins. Saisissant. Blossom clôt le disque et tente de nous faire ressortir la tête de l'eau. Impossible. Une autre écoute s'impose et rien ne pourra l'empêcher.
On en ressort habité, illuminé même.

Le terme onirique, souvent utilisé par mon humble plume, ne résonnera jamais de la même façon après l'écoute de Leylines. Il y a des moments où l'underground éclabousse de toute sa classe les ignorants que nous sommes. Cet album est un de ceux-là. Chapeau bas l'artiste.
Une ultime recommandation tout de même : cet album peut provoquer des stigmates indélébiles dans le cerveau de celui qui l'écoute. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous a pas prévenu.
                               
par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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